Grosjean chez Haas... mais que va-t-il faire dans cette galère ?

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Grosjean chez Haas... mais que va-t-il faire dans cette galère ?
Grosjean chez Haas... mais que va-t-il faire dans cette galère ?

Romain Grosjean a décidé de donner une nouvelle impulsion à sa carrière en rejoignant la nouvelle écurie Haas F1 Team pour 2016. Une nouvelle structure, un partenariat inédit avec Ferrari, un défi de construire une écurie. Tout indique que le pilote français tente un pari fou, mais ce n'est pas forcément le cas.

C’est officiel depuis mardi, Romain Grosjean (29 ans) a décidé de quitter son écurie de toujours, Lotus, pour rejoindre la nouvelle écurie Haas, qui fera ses débuts en Grand Prix en 2016. Alors qu’un retour de Renault est en vue, le Tricolore a décidé de donner un nouvel élan à sa carrière avec la première écurie 100% américaine depuis trente ans. Cette décision a tous les atours d’un pari fou, mais ce n’est pas forcément le cas.

Une nouvelle structure où tout est à construire

Gene Haas l’a clairement dit, Romain Grosjean arrive dans l’inconnu, dans une écurie où tout est à faire, tout est à construire, tout est à apprendre. Si le milliardaire américain sait ce que gérer une écurie en NASCAR signifie, il n’a quasiment aucune connaissance du milieu de la F1. C’est pour cela qu’il a décidé de s’appuyer sur Günther Steiner, ancien patron de Jaguar et Red Bull, et de faire venir un pilote d’expérience tel Romain Grosjean. Le défi est d’ampleur pour ce dernier, qui sort de deux saisons difficiles avec Lotus malgré le podium obtenu à Spa. Mais le natif de Genève reste un pilote de qualité, un metteur au point reconnu qui permettra à Haas d’évoluer très rapidement pour atteindre l’objectif affirmé par Gene Haas : marquer des points le plus rapidement possible. Le pilote franco-suisse apportera aussi sa connaissance de la gestion quotidienne d’une écurie de F1, et c’est sans doute ce que l’écurie attend le plus de lui. Romain Grosjean devra également apprendre à travailler au sein d’une écurie qui sera « découpée » en plusieurs morceaux avec le quartier général à Kannapolis (USA), une base européenne à Banbury (Grande-Bretagne) et les usines de Dallara et de Ferrari en Italie.

Un partenariat technologique jamais vu avec Ferrari

Cette séparation est la grande spécificité de l’écurie Haas. Le projet de Gene Haas utilise toutes les failles possibles du règlement de la F1 concernant la construction des monoplaces. Une écurie est tenue de construire certaines parties de ses monoplaces, mais pas l’intégralité. C’est pour cela que Haas a signé un accord avec Dallara et Ferrari pour lui fournir la large majorité des éléments de ses monoplaces. Spécialiste de la conception de châssis, fournissant l’IndyCar depuis de nombreuses années, Dallara signe son retour en F1 après avoir fabriqué le châssis de l’éphémère écurie HRT (2010-2012). Mais, cette fois, Haas a suivi de près la mise au point de son châssis pour que la société italienne respecte à la lettre ses attentes. Mis à part les éléments aérodynamiques, tout le reste de la monoplace Haas sera issu de Ferrari. L’écurie italienne fournira son moteur, sa boite de vitesses, ses trains roulants, ses suspensions… Bref, tout ce que le règlement autorise sera fourni par Ferrari. Jamais les liens entre une écurie privée et un grand constructeur présent en F1 depuis longtemps ne sont allés aussi loin.

Une porte d’entrée pour Maranello à moyen terme

Ce partenariat fait de Haas l’écurie B de Ferrari, avec Esteban Gutierrez sans doute placé par la Scuderia au côté de Romain Grosjean pour 2016. Il ne l’a pas caché, si le pilote tricolore a décidé de rejoindre Haas, c’est en partie pour entrer dans la galaxie Ferrari. Tout porte à croire qu’un baquet se libèrera chez Ferrari pour la saison 2017 au côté de Sebastian Vettel, Kimi Räikkönen étant en fin de contrat fin 2016 et ne semblant pas enclin à poursuivre sa deuxième carrière en F1 au-delà de cette date. Il y a déjà eu des discussions entre les dirigeants de Ferrari et l’entourage de Romain Grosjean il y a quelques mois mais le maintien en place du Finlandais par Maurizio Arrivabene jusqu’au terme de son contrat a mis fin aux éventuelles tractations. Il semble clair que le profil de Romain Grosjean intéresse Maranello qui pourrait voir en lui un nouveau Rubens Barrichello ou Felipe Massa : un pilote suffisamment performant pour permettre à la Scuderia de lutter pour le Championnat constructeurs sans mettre en péril la position du numéro 1 qu’est Sebastian Vettel. Ce que des pilotes comme Valtteri Bottas ou Nico Hulkenberg, des pilotes de pointe en devenir, ne seraient pas forcément.

Rester chez Renault était un pari peut-être plus risqué

Beaucoup arguent du fait que Romain Grosjean se lance dans un projet fou, que rester chez Lotus avec le rachat à venir par Renault aurait été une meilleure idée, qu’il aurait une monoplace plus performante avec le constructeur français. Mais Romain Grosjean a balayé tout cela d’un revers de main, et sans doute à raison. « Je vais avoir 30 ans l’an prochain. Si je cours encore six ou sept saisons, il faudra trois ans à Renault pour revenir au top. C’est la moitié de ce qui me reste à courir », a déclaré le pilote français au quotidien L’Equipe. Le projet Renault est intéressant pour tout pilote français mais la marque au Losange va partir de très loin, peut-être même de trop loin, pour un pilote comme Romain Grosjean. Alors que la mise au point des monoplaces 2016 est déjà avancée au sein de pas mal d’écuries, Renault prend toujours plus de retard en raison de la lenteur des négociations. Et si ce rachat échoue, Lotus ne sera sans doute pas sur la grille de départ en 2016 avec un passage par la liquidation judiciaire qui ralentirait le retour en F1 de Renault… si Carlos Ghosn ne change pas d’avis entre temps.

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