Grogne sociale en France, les taxis ne désarment pas

le , mis à jour à 20:46
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    * Manuel Valls propose un médiateur pour les taxis 
    * Les manifestants déçus des propositions du Premier 
ministre 
    * 24 personnes interpellées 
    * Plusieurs milliers de fonctionnaires dans les rues de 
Paris 
    * Grève dans les collèges contre la réforme 
 
 (Actualisé avec réunion Matignon, manifestations, taxis, 
interpellations) 
    PARIS, 26 janvier (Reuters) - Fonctionnaires, enseignants, 
contrôleurs aériens et chauffeurs de taxi ont manifesté et fait 
grève mardi en France pour réclamer respectivement une hausse du 
pouvoir d'achat, protester contre la réforme du collège, les 
suppressions d'effectifs et dénoncer la concurrence des VTC. 
    Des incidents ont émaillé le nouveau mouvement de 
protestation des chauffeurs de taxi qui ont perturbé la 
circulation aux abords des aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle 
et d'Orly, sur le périphérique parisien et porte Maillot, à la 
limite des 16e et 17e arrondissements de Paris. 
    Au total, 24 personnes ont été interpellées, dont 18 ont été 
placées en garde à vue, a-t-on appris auprès de la préfecture. 
Un manifestant a été blessé à l'aéroport d'Orly. 
    Dans la Fonction publique, la CGT a revendiqué la plus forte 
mobilisation depuis l'élection de François Hollande en 2012 avec 
"130.000 à 150.000 manifestants" dans le pays. 
    A Paris, 6.000 personnes ont participé à la manifestation de 
la fonction publique, selon la préfecture de police, qui n'a pas 
comptabilisé les professeurs. 
    La ministère de l'Education nationale a recensé 22,32% de 
grévistes au collège, soit un peu plus de 41.000 enseignants. Le 
Snes, principal syndicat des enseignants du secondaire, a fait 
état de 50% de grévistes. 
    "La page n'est pas tournée et les enseignants ne veulent 
toujours pas de la réforme collège 2016", déclare le syndicat 
dans un communiqué. 
    A l'issue d'une réunion à Matignon avec une délégation de 
syndicats de chauffeurs de taxis, le Premier ministre Manuel 
Valls, qui a condamné les violences, a promis un renforcement 
des contrôles contre les chauffeurs ne respectant pas la loi et 
la nomination d'un médiateur chargé d'assurer une concurrence 
saine entre taxis et voitures de tourisme avec chauffeur. 
    Le médiateur devait être nommé dans les 48 heures et aura 
trois mois pour faire des propositions qui permettent de 
"restaurer l'équilibre économique du secteur", a dit à la presse 
Ahmed Senbel, président de la Fédération nationale des taxis 
indépendants. 
     
    LES CHAUFFEURS DE TAXIS MAINTIENNENT DES BLOCAGES 
    Les manifestants, déçus par les propositions du Premier 
ministre, ont annoncé leur intention, via un tweet du syndicat 
de taxis CTP-SF, de maintenir les blocages à Roissy, Orly, porte 
Maillot et devant le ministère de l'Economie. 
    Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, a appelé les 
chauffeurs de taxis à "se disperser afin de permettre aux 
Franciliens de regagner sans encombre leur domicile à l'issue de 
leur journée de travail". 
    "On demande la démission de (Emmanuel) Macron. On ne 
comprend pas pourquoi on paie des charges très fortes alors que 
les VTC ont le feu vert sur tout", a dit l'un des manifestants 
de la porte Maillot sur iTELE. 
    Des pneus ont été brûlés mardi matin sur le périphérique par 
des manifestants qui ont été dispersés par les forces de l'ordre 
avec du gaz lacrymogène, a constaté un journaliste de Reuters.  
    Le mouvement a gagné aussi Lille, Bordeaux, Marseille ou 
encore Toulouse où ils étaient entre 600 à 800 chauffeurs 
mobilisés pour bloquer l'aéroport et la gare. 
    Les quelque 5,6 millions de fonctionnaires qui étaient 
appelés à faire grève réclament eux une hausse du point d'indice 
qui sert de base au calcul de leurs salaires et qui est gelé 
depuis 2010.  
    Trois syndicats majoritaires (CGT, FO et Solidaires) ont 
refusé de signer l'accord sur la rémunération et la carrière des 
fonctionnaires annoncé en septembre par le gouvernement.  
    Une négociation salariale doit s'ouvrir fin février sur la 
question du point d'indice.  
    "Il n'y aura pas une grosse augmentation du point d'indice 
parce que nous sommes encore en situation difficile", a prévenu 
la ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu sur 
France 2.  
    Le gel du point d'indice depuis 2010 a permis à l'Etat de 
récupérer sept milliards d'euros, c'est "beaucoup", a reconnu la 
ministre qui a souhaité une "augmentation symbolique". 
    Chez les contrôleurs aériens, trois syndicats (SNCTA, FO et 
CGT) ont appelé à la grève dans le cadre du mouvement de 
mobilisation des fonctionnaires. Leur préavis a conduit la 
Direction générale de l'aviation civile (DGAC) à demander aux 
compagnies l'annulation préventive de 20% des vols.  
 
 (Sophie Louet avec Service France) 
 
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