Grillo repousse Bersani, les écologistes disent non à la droite

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INCERTITUDE POLITIQUE EN ITALIE
INCERTITUDE POLITIQUE EN ITALIE

par Barry Moody et Steve Scherer

ROME (Reuters) - Les parlementaires du Mouvement 5 Etoiles (M5S), arrivé en troisième position aux élections en Italie, n'accorderont leur confiance à aucun gouvernement formé par les partis politiques traditionnels.

Beppe Grillo, chef de file du M5S, a cependant pris soin de souligner mercredi que les élus de son mouvement pourraient soutenir au cas par cas des mesures conformes à leur programme électoral.

Le chef de file du Parti démocrate, Pier Luigi Bersani, dont l'alliance de centre gauche a obtenu le plus grand nombre de sièges sans parvenir à remporter la majorité dans aucune des deux chambres du Parlement, a fait des avances mesurées en direction du M5S, dont la percée spectaculaire relève surtout du vote de protestation.

Le mouvement de Beppe Grillo, qui dénonce la politique d'austérité d'inspiration européenne et la classe politique, est devenu le premier parti d'Italie à la faveur des scrutins de dimanche et lundi.

Il est toutefois arrivé de peu derrière les coalitions de centre gauche et de centre droit, qui ne disposent ni l'une ni l'autre d'une majorité au Parlement.

Sur son blog, l'ancien humoriste, dont les troupes tiennent la clé de l'équilibre au Parlement, a claqué la porte au nez de Pier Luigi Bersani et l'a abreuvé d'injures, tout comme d'autres dirigeants du centre gauche.

Il a notamment accusé le chef de file du PD de faire des propositions "indécentes" à son mouvement anti-système.

Beppe Grillo traite ainsi le dirigeant du centre gauche de "mort vivant doué de la parole" et de "harceleur politique" et lui reproche de ne pas avoir démissionné au lendemain du scrutin pour, affirme-t-il, sa piètre performance électorale.

L'"ARROGANCE" DE BERSANI

Aucune formation n'a obtenu suffisamment de sièges pour gouverner à l'issue d'une consultation qui a plongé le pays dans l'incertitude politique et fait dévisser un moment les marchés financiers inquiets de la menace d'une nouvelle crise dans la zone euro.

"Le M5S n'accordera aucun vote de confiance au PD (Parti démocrate) ni à personne d'autre. Il votera en faveur des lois qui reflètent son programme", écrit Beppe Grillo.

Ce dernier rappelle une série de remarques hostiles au M5S faites par le dirigeant du PD pendant la campagne électorale et observe sur son blog : "Et il a l'arrogance de quémander notre soutien".

Lors de ses avances faites mardi, Pier Luigi Bersani avait énuméré une série de mesures conformes pour la plupart au programme de la formation de Beppe Grillo.

Il avait toutefois ajouté que toute formation soutenant un gouvernement de centre gauche devrait voter la confiance au Parlement, une mesure nécessaire pour l'investiture de tout nouveau gouvernement en Italie.

Le dirigeant du PD s'est pour sa part contenté de répondre aux injures de Beppe Grillo en invitant ce dernier à se rendre dans la nouvelle assemblée pour "assumer ses responsabilités".

Par ailleurs, Nichi Vendola, chef de file du SEL (Gauche, Ecologie, Liberté, allié au PD), a exclu toute alliance de gouvernement avec le centre droit de Silvio Berlusconi.

"Non à une grande coalition", a-t-il dit à l'issue d'une rencontre avec Pier Luigi Bersani.

Dans un communiqué, le chef de file de la petite formation écologiste dit espérer que Beppe Grillo ne veut pas lui non plus d'un "governissimo" (gouvernement de grande coalition).

Nichi Vendola appelle en revanche à un gouvernement susceptible de "créer un électrochoc" dans le pays.

Bertrand Boucey et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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