Grève reconduite à la SNCM, les dessertes de la Corse à l'arrêt

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LA GRÈVE CONTINUE À LA SNCM
LA GRÈVE CONTINUE À LA SNCM

MARSEILLE (Reuters) - Les salariés de la SNCM ont voté vendredi la reconduite pour 24 heures de leur mouvement de grève pour obtenir du gouvernement des assurances sur l'avenir de la compagnie maritime en difficulté.

La poursuite du mouvement qui paralyse depuis mercredi le trafic de la compagnie entre la Corse et le continent a été votée lors d'une assemblée générale des personnels à bord du cargo-mixte Paglia Orba, bloqué à quai dans les bassins du port de Marseille.

"L'Etat ne peut pas dire aux élus marseillais que le plan de sauvetage de la compagnie n'est pas abandonné et se contenter de renvoyer toutes les charges de sa mise en oeuvre sur une entreprise qui n'en a pas les moyens", a déclaré à Reuters le délégué CFE-CGC, Maurice Perrin.

Les syndicats réclament une "position claire" des pouvoirs publics et dénoncent le "double langage" du ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, qui a déclaré vendredi sur RMC "attendre de la direction de la compagnie que toutes les mesures soient prises rapidement".

"Il y a quelques jours, la SNCM était au bord de la liquidation. Elle ne doit pas disparaître et ne disparaîtra pas si chacun fait preuve de responsabilité", a dit le ministre.

Un discours qui n'a pas davantage convaincu les syndicats que l'annonce d'une aide de 30 millions d'euros de l'Etat à la compagnie maritime rendue publique mardi par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

"C'est très loin d'être suffisant pour rassurer les personnels", a dit Maurice Perrin.

PLAINTE EN VUE CONTRE CORSICA FERRIES

Les syndicats réclament un engagement clair du gouvernement à appliquer le projet industriel signé en juillet avec la direction et les actionnaires, qui ont notamment validé la commande de quatre navires et la suppression de 500 postes sans licenciements secs.

"Ce n'est pas d'argent dont a le plus besoin la SNCM, mais d'une stabilité dans ses investissements et chez ses actionnaires", a ajouté une source proche du dossier. "Il faut un actionnariat qui aille dans le même sens", a reconnu Frédéric Cuvillier.

La Société nationale maritime Corse Méditerranée est détenue à 66% par Transdev, coentreprise de Veolia Environnement et de la Caisse des dépôts, à 25% par l'Etat et à 9% par ses salariés.

La direction de la SNCM a pour sa part annoncé jeudi la préparation d'une procédure de plainte à l'encontre de Corsica Ferries, l'autre compagnie maritime qui dessert la Corse, pour des faits présumés de concurrence illégale.

Le dépôt d'une telle plainte est l'une des principales revendications des syndicats grévistes, qui demandent à l'Etat de s'engager dans une procédure identique vis-à-vis de cette compagnie battant pavillon italien, accusée de se livrer à un "dumping social".

"Il y a eu des aides qualifiées de sociales qui ont fait l'objet de critiques très fortes", a indiqué le ministre des Transports. "J'ai demandé à mon administration de regarder quels sont les recours s'il devait être avéré qu'il y a eu des détournements ou une absence de base légale pour les sommes versées à la Corsica Ferries".

Jean-François Rosnoblet, édité par Yann Le Guernigou

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