Grève générale en Italie contre la réforme de l'emploi de Renzi

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par Francesca Piscioneri et Isla Binnie ROME, 12 décembre (Reuters) - Des incidents ont éclaté vendredi à Milan et à Turin en marge de la grève générale à l'appel des syndicats CGIL et UIL contre la réforme du marché du travail initiée par le président du Conseil italien Matteo Renzi. La police a dit avoir procédé à plusieurs interpellations lors d'accrochages avec des manifestants qui lançaient des fusées éclairantes et d'autres projectiles sur les forces de l'ordre. La Confédération générale italienne du travail (CGIL), principal syndicat italien qui revendique six millions d'adhérents, et l'Union italienne du Travail (UIL), qui en compte 2,2 millions, ont appelé à cette grève générale, la première en trois ans, pour dénoncer le contenu et la méthode de la réforme. Matteo Renzi espère de son côté que les modifications du code du travail permettront de faire baisser le taux de chômage proche de 13%, 40% parmi les jeunes. Surveillé de près par l'Union européenne et l'Allemagne, il estime que sa réforme est indispensable à la modernisation de l'économie italienne, qui en est à treize trimestres consécutifs de contraction. L'une des dispositions les plus controversées de ce projet de loi, que les Italiens ont baptisé "Jobs Act", supprimerait l'article 18 du code du travail qui contraint un employeur à réembaucher un salarié dont le licenciement a été jugé abusif. La réforme vise également à faciliter les licenciements dans les entreprises confrontées à des difficultés économiques et prévoit la création d'un nouveau contrat de travail où le niveau de protection des salariés augmenterait progressivement en fonction de leur ancienneté. LE GOUVERNEMENT NIE TOUTE HOSTILITÉ ENVERS LES SYNDICATS Les syndicats estiment que le projet du président du Conseil fait peser l'essentiel du fardeau des réformes sur les épaules des salariés et qu'il n'aura pas d'incidence sur le retour de la croissance. "Le gouvernement doit changer sa politique en matière d'emploi", a déclaré Susanna Camusso, chef de file de la CGIL. "Le 'Jobs Act' et le budget ne contribueront pas à la relance de l'économie et à la création d'emplois." La grève de vendredi a perturbé les transports publics ainsi que les hôpitaux, les écoles et les administrations dans l'ensemble de la péninsule transalpine. Selon les données de la CGIL et de l'UIL, la participation a été d'environ 50% dans les transports ferroviaire et aérien et de 70% pour les bus et le métro. Des manifestations étaient prévues à Rome et dans une cinquantaine d'autres villes italiennes. Dans la capitale, les organisateurs ont annoncé 40.000 manifestants; toujours selon les syndicats, ils étaient 50.000 à Milan. "Je pense que c'est une grève juste, il est temps, nous avons besoin de faire bouger les choses. Nous devons commencer à jouer notre rôle de citoyens et de salariés", a déclaré Loriana Blasi, une habitante de la banlieue de Rome qui travaille dans la capitale. Un autre syndicat italien, la CISL (Confédération internationale des syndicats libres), a décidé de ne pas participer au mouvement de vendredi en dépit de son opposition aux réformes de Matteo Renzi. En visite en Turquie jeudi soir, Renzi a dit respecter le droit de grève, tout en prévenant que les syndicats ne parviendraient à faire échouer la réforme. Sa secrétaire d'Etat Teresa Bellanova, attachée au ministère du Travail et de l'Emploi, a démenti pour sa part l'absence de concertation que dénoncent aussi les syndicats. "Il n'existe aucune hostilité contre des rencontres avec les syndicats (...) Le temps des réunions enfumées est révolu, mais il n'existe ni hostilité, ni fermeture préconçues à leur endroit", a-t-elle dit. (avec Antonio Denti; Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français)

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  • M3182284 le vendredi 12 déc 2014 à 16:10

    On préfère emprunter et faire payer les générations suivantes, ou créer de la monnaie, mais pas baisser nos aides ou travailler plus

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