Grève générale en Belgique pour le sommet européen à Bruxelles

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GRÈVE GÉNÉRALE EN BELGIQUE
GRÈVE GÉNÉRALE EN BELGIQUE

par Philip Blenkinsop

BRUXELLES (Reuters) - La Belgique a connu lundi sa première grève générale depuis 1993, qui a paralysé une partie de l'activité le jour même où se tenait, à Bruxelles, le 17e sommet européen en deux ans.

Les syndicats ont appelé à contester les mesures d'austérité du gouvernement lors de ce mouvement social, qui a entraîné la fermeture de la totalité du réseau ferroviaire, mais aussi l'arrêt des services d'autobus et de tramways.

De nombreux magasins et écoles ont fermé leurs portes et la production a cessé dans les usines des constructeurs automobiles Audi et Volvo ainsi que de Coca Cola et du groupe Agfa-Gevaert.

L'aéroport de Charleroi, plate-forme de plusieurs compagnies low cost dont Ryanair, a dû annuler l'ensemble des vols, en raison du blocage annoncé des routes menant aux terminaux.

A l'aéroport de Bruxelles, en revanche, la majeure partie des vols étaient assurés. Mais la compagnie indienne Jet Airways, qui utilise l'aéroport de Bruxelles comme plate-forme européenne, a dérouté ses vols vers Amsterdam. United Continental a annulé ses liaisons entre les Etats-Unis et Bruxelles.

Quant aux trains européens à grande vitesse - Thalys vers Paris ou Cologne et Eurostar vers Londres - ils ne roulent plus depuis dimanche soir.

Dans le port d'Anvers, le deuxième plus important d'Europe, les terminaux de conteneurs étaient fermés et le trafic maritime subissait des retards en raison de l'arrêt des services portuaires.

RÉDUIRE LE DÉFICIT PUBLIC

Les syndicats ont organisé cette grève générale pour protester contre le projet du gouvernement de relever l'âge de départ à la retraite et d'autres mesures d'austérité destinées à réaliser 11,3 milliards d'euros d'économies, dans le but de ramener le déficit public sous les 3% du PIB, ainsi que l'exige l'Union européenne.

"Nous sommes en colère, car ils veulent s'attaquer à nos retraites", a expliqué Philippe Dubois, adhérent d'un syndicat des chemins de fer, devant la gare de Bruxelles-Midi.

Les dirigeants syndicaux de Belgique, venus manifester près de l'endroit où se tenait le sommet européen, ont exhorté l'UE à émettre des euro-obligations afin d'atténuer le service de la dette des pays les plus défavorisés de l'UE, les pays riches devant, selon eux, supporter davantage le fardeau de l'austérité.

"L'Europe doit émettre des eurobonds. Elle doit aider les grévistes qui ont renfloué les banques et doit prendre des mesures pour favoriser une croissance à long terme", a estimé Rudy De Leeuw, président de la centrale syndicale ABVV.

Le gouvernement belge n'ignore pas que la croissance 2012 sera inférieure au niveau de 0,8% sur lequel a été bâti le budget en décembre. Une stagnation, voire une contraction, forceront les pouvoirs publics à chercher d'autres sources d'économies lors de la révision du budget en février.

Selon les estimations des économistes, ce sont ainsi 1,5 à 2 milliards d'euros qui pourraient devenir nécessaires.

Le Parti socialiste du Premier ministre Elio Di Rupo souhaite augmenter l'imposition du capital, mais les libéraux et les chrétiens-démocrates, qui font partie du gouvernement de coalition, estiment qu'un relèvement de la fiscalité poussera le pays dans la récession. Ces deux formations appellent à réduire davantage les dépenses.

Les syndicats redoutent que le gouvernement ne suspende le système par lequel les salaires sont indexés sur l'inflation. Ce dispositif a été critiqué par la Commission européenne et les organisations économiques internationales, qui estiment qu'il contribue à augmenter les prix et nuit à la compétitivité belge.

Gregory Schwartz et Eric Faye pour le service français

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