Grève en Grèce contre les licenciements dans le public

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GRÈVE EN GRÈCE DANS LE SECTEUR PUBLIC
GRÈVE EN GRÈCE DANS LE SECTEUR PUBLIC

par Renee Maltezou

ATHENES (Reuters) - Des dizaines de milliers de salariés grecs ont cessé le travail mardi et se sont rassemblés dans le centre d'Athènes pour protester contre les projets du gouvernement de supprimer des milliers d'emplois dans la fonction publique comme le demandent les créanciers internationaux de la Grèce.

Cette grève générale de 24 heures s'est tenue à la veille du vote au Parlement sur une série de réformes qui doivent être adoptées en préalable au déblocage d'une nouvelle tranche d'aide financière de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), d'un montant de 6,8 milliards d'euros.

Plus de 30.000 manifestants, dont des enseignants et des policiers municipaux, visés par le plan de licenciements, se sont rassemblés devant le Parlement, place Syntagma, en battant des tambours et en sifflant.

"Il semble que la Grèce soit morte et que maintenant, les vautours se disputent sa dépouille", déclarait une enseignante de 58 ans, Eleni Fotopoulou, mère de deux enfants. "Je ne suis plus en colère, je suis écoeurée. Nous devons riposter".

Le gouvernement s'est engagé à réformer le secteur public et à réduire le nombre de fonctionnaires en échange d'une aide supplémentaire de ses créanciers internationaux.

VISITE DE SCHÄUBLE JEUDI

Quelque 12.000 salariés du secteur public doivent être placés à partir de septembre dans un "pool de mobilité". Ils auront alors huit mois pour trouver un travail ailleurs ou être licenciés. Ce nombre sera porté à 25.000 à la fin de l'année.

Ces nouveaux sacrifices demandés sont mal acceptés dans un pays où le taux de chômage frôle 27% de la population active.

L'opinion publique apparaît partagée sur la question de savoir si les fonctionnaires - dont les emplois sont protégés par la Constitution - doivent eux aussi subir les licenciements qui ont déjà miné le secteur privé.

Les Grecs sont en revanche presque unanimes à penser que la société grecque ne peut plus supporter de nouvelles réductions des dépenses et hausse d'impôts, message que le gouvernement compte faire passer lors de la visite du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, jeudi à Athènes.

Devant le Parlement, les manifestants scandaient mardi "Plus de sacrifices!" et brandissaient des banderoles avec ce slogan : "Licenciez la troïka!" - allusion au trio formé par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le FMI qui supervise l'application du plan d'aide à la Grèce et de ses contreparties.

Les vols intérieurs ont été perturbés en raison d'un arrêt de travail de quatre heures et la principale attraction touristique d'Athènes, l'Acropole, a fermé plus tôt que d'habitude. Les transports urbains étaient également touchés.

Les trains ont cessé de circuler et les centres des impôts et les services municipaux sont restés fermés. Les éboueurs, les chauffeurs de bus, les employés de banques et les journalistes ont rejoint eux aussi le mouvement.

Représentant 2,5 millions de salariés, les deux syndicats du privé et du public ADEDY et GSEE qui avaient appelé à manifester ont déjà organisé de nombreuses manifestations depuis le début de la crise de la dette en Grèce à la fin 2009. Cette année, la plupart de ces appels n'ont guère mobilisé, en raison du sentiment de résignation qui s'est installé dans la population.

Danielle Rouquié et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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