Grève à Lufthansa : où en est-on ? Un tiers des vols toujours annulés

le , mis à jour à 16:54
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Pour le troisième jour consécutif, la compagnie aérienne Lufthansa va encore annuler plus de 800 vols ce vendredi 25 novembre, en raison de la grève des pilotes, un mouvement appelé à s'étendre encore samedi, alors que syndicat et direction campent sur leurs positions.

Un passager de Lufthansa se tient devant un écran affichant les vols au départ de Francfort, le 25 novembre 2016. ( dpa/AFP / ARNE DEDERT )
Un passager de Lufthansa se tient devant un écran affichant les vols au départ de Francfort, le 25 novembre 2016. ( dpa/AFP / ARNE DEDERT )

Après l'annulation de 876 vols mercredi, ce sont encore 912 vols, dont 82 vols long-courriers qui n'ont pas volé jeudi au départ ou à l'arrivée de l'Allemagne. Vendredi, Lufthansa qui avait programmé quelque 3.000 vols en annule 830 en Allemagne et en Europe, portant à 2.618 au total les annulations depuis le début du mouvement. Au total, sur mercredi et jeudi, ce sont déjà 215.000 passagers qui ont été affectés, auxquels viendront s'ajouter encore 100.000 passagers vendredi.

Le syndicat des pilotes Cockpit a par ailleurs annoncé jeudi soir que la grève se poursuivrait samedi et toucherait tous les vols long-courriers au départ d'Allemagne prévus ce jour-là.

Il s'agit du quatorzième mouvement de grève des pilotes de Lufthansa depuis le printemps 2014. Au coeur du bras de fer entre le syndicat et la direction, des négociations salariales complètement bloquées.

LE COEUR DU PROBLÈME : UNE REVALORISATION RÉTROACTIVE

Mettant en avant l'absence d'augmentations salariales depuis plus de cinq ans, alors même que l'entreprise faisait des bénéfices, Cockpit réclame rétroactivement une revalorisation moyenne de 3,66% par an, bien loin des 2,5% sur six ans proposés par la direction pour environ 5.400 pilotes des compagnies Lufthansa, Lufthansa Cargo et Germanwings.

"Nous payons nos pilotes nettement mieux que la concurrence. Nous sommes responsables de plus de 120.000 employés en tout et voulons que Lufthansa ait un avenir", a répondu Harry Hohmeister, du directoire de Lufthansa, jugeant "impossible" la revendication d'augmentation salariale de Cockpit. Selon la direction, un co-pilote en début de carrière gagne 6.550 euros bruts par mois, un capitaine en fin de carrière plus de 22.000 euros.

Le groupe a échoué à faire bloquer la grève devant le tribunal, comme elle avait réussi à le faire il y a un an, et voudrait que Cockpit accepte une médiation. Une demande pour l'heure rejetée par le syndicat, pour qui la direction ne fait "pas d'offre à même d'être négociée".

PAS D'INCIDENCE SUR LES AUTRES COMPAGNIES DU GROUPE

Les autres compagnies du groupe Lufthansa, à savoir Eurowings, Swiss, Austrian Airlines, Air Dolomiti et Brussels Airlines ne sont, elles, pas concernées par ce mouvement de grève. De même que la lowcost Germanwings, et ce même si ses pilotes sont aussi concernés par ce conflit salarial.

La situation dans les aéroports allemands, notamment les principaux hubs de Lufthansa à Francfort et Munich, restait calme jeudi.

Comme lors des précédentes grèves, Lufthansa essaie de limiter l'impact du mouvement social en prévenant en amont ses clients pour qu'ils ne viennent pas à l'aéroport, en réservant des milliers de chambres d'hôtel aux alentours des aéroports et en proposant aux passagers d'échanger leurs billets d'avion, éventuellement pour des billets de train de la Deutsche Bahn, ou de se faire rembourser. Austrian Airlines et Swiss ont également augmenté leurs capacités de vols en direction de l'Allemagne, afin de compenser en partie les vols annulés.

UNE GRÈVE À 10 MILLIONS D'EUROS PAR JOUR

Chaque jour de grève coûte environ 10 millions d'euros à Lufthansa, outre l'impact sur l'image de la compagnie, qui est difficilement chiffrable mais risque de se faire de plus en plus ressentir car les mouvements de grève sont devenus récurrents dans le groupe aérien.

Le point d'orgue avait été en novembre 2015, la plus longue grève de l'histoire de la compagnie, quand les hôtesses de l'air et les stewards, sous la houlette du syndicat UFO, avaient cessé le travail pendant sept jours, provoquant l'annulation de plus de 4.600 vols. Si ce conflit également salarial avait finalement été réglé grâce à une médiation, le même syndicat a organisé une grève il y a un mois, cette fois chez Eurowings et Germanwings. Mardi c'était au tour du syndicat concurrent Verdi d'organiser une grève du personnel au sol toujours chez Eurowings.

Pour tenir tête à la concurrence d'Easyjet ou Ryanair en Europe et à la pression générale sur les prix des billets d'avion, le groupe Lufthansa a choisi d'étoffer son offre à bas coûts, via Eurowings et Germanwings, qui ont repris le gros des vols intérieurs et européens de Lufthansa. Cette dernière se concentre désormais davantage sur le long-courrier et le haut de gamme.

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