Grenoble / J.Wisniewski : " On oublie tous les petits bobos "

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Grenoble / J.Wisniewski : " On oublie tous les petits bobos "
Grenoble / J.Wisniewski : " On oublie tous les petits bobos "

Malgré un nez cassé samedi dernier à Castres, Jonathan Wisniewski sera bien sur le terrain du Stade des Alpes dimanche pour la réception du RC Toulon. Avant ce gros match, qu'il se réjouit de disputer, l'ouvreur grenoblois revient sur le début de saison du FCG.

Jonathan Wisniewski, que pensez-vous du début de saison du FCG en Top 14 (8eme avec 3 victoires et 3 défaites) ?
On va dire plutôt positif. Plutôt positif, car il y a eu deux réceptions bonifiées face à des équipes de « notre » championnat (ndlr : 38-23 contre Agen et 41-15 contre Pau). On le sait, la priorité pour nous c’est de se maintenir. Après, c’est vrai que cette défaite face à Montpellier à la maison (19-30) nous a mis un petit coup d’arrêt mais ça nous a aussi permis de tous se remettre en question, de tous se remettre encore plus au boulot et de regarder les petites fautes pour ne pas les reproduire. C’est une chose qu’on a réussie à vite faire le week-end d’après à Castres (victoire 31-23). C’est donc un début de saison plutôt positif car on a su réagir dès qu’il y a eu un petit coup dur.

C’est donc le vrai visage de Grenoble qu’on a vu le week-end dernier à Castres ?
J’ai envie de dire oui. C’est facile quand on gagne à l’extérieur de dire ça. Après le match à Montpellier, on s’était dit qu’on voulait montrer un autre visage, qu’on voulait travailler un peu plus, donner plus pour être plus performant, pour être meilleur. Il y avait beaucoup de déception après le match contre Montpellier et on voulait vite réagir. La réaction instantanée qu’on a eu à Castres, c’est la preuve qu’il y a du caractère, du tempérament, de la qualité dans le groupe. Comme je l’avais dit après le match de Montpellier, il restait 21 journées à jouer donc il ne fallait pas non plus tomber dans le catastrophisme. On a gagné à Castres, il en reste encore 20 donc il ne faut pas tomber dans l’euphorie. Ce week-end, il faudra qu’on soit encore plus performant qu’à Castres.

Sur un plan personnel, comment jugez-vous votre début de saison ?
Plutôt satisfait. Je prends beaucoup de plaisir. J’ai un an de plus dans ce club, dans cette équipe, que je connais maintenant encore mieux. Je maitrise encore mieux les systèmes que l’an dernier donc je m’épanouis totalement. Ça me permet de prendre plus d’importance dans les réflexions, dans les idées, dans les systèmes, de m’impliquer encore plus, chose que me demandent les coachs.

Cette année, vous avez de la concurrence à votre poste avec l’arrivée de Gilles Bosch. Comment le vivez-vous ?
Comme le petit jeune qui pousse aux fesses que j’ai été pendant quelques années. Il est là, il travaille, il est sérieux, il a envie de bien faire. Pour le moment, il n’a pas trop eu sa chance (ndlr : Bosch a été victime d’une luxation à l’épaule pendant la préparation). Mais, je suis persuadé que cette concurrence va nous permettre de nous tirer vers le haut, d’être bénéfique pour l’équipe et d’aller chercher des résultats, de la performance et de la durée. Parce que la saison va être longue et c’est vrai que l’an dernier, d’avoir tout joué, j’étais un petit peu cramé. Cette année, la rotation qui va pouvoir s’installer et la concurrence qu’il va y avoir va permettre aux deux d’être le meilleur possible et à l’équipe d’être la plus compétitive possible à chaque match. C’est extrêmement positif.

« Avoir le même état d’esprit ce week-end »

Dimanche, vous accueillez le triple champion d’Europe en titre toulonnais. C’est forcément un match particulier...
Oui, c’est un match spécial car c’est la meilleure équipe d’Europe depuis trois ans, parce que c’est l’une des meilleures équipes de France également. Donc, c’est toujours un match particulier. C’est aussi ces matchs-là que vous avez envie de jouer. Des matchs comme celui-là, il y en a deux ou trois dans la saison et on a tous envie d’être sur le terrain parce que c’est les meilleurs à jouer. De la même façon qu’à Castres, on s’était dit qu’on y allait sans regarder le résultat mais en mettant un super contenu, il faudra avoir le même état d’esprit ce week-end si on veut espérer faire un bon résultat face à Toulon.

Pour le moment Grenoble alterne les bonnes performances (Agen et Pau) et une moins bonne (Montpellier) à la maison. Quel est l’objectif de dimanche ?
Gagner ! Peu importe qui on affronte, on a envie de gagner. A Castres, ce qui a fait qu’on a été bon, c’est qu’on y est allé avec l’ambition de respecter nos systèmes, avec l’ambition de mettre beaucoup d’engagement, de mettre beaucoup d’intensité, beaucoup d’envie. Si on respecte ça, le rugby c’est plus facile. Mais si on rentre sur le terrain avec l’idée simplement de gagner, on risque de se tromper. L’idée qui doit nous habiter, c’est d’avoir un bon contenu, de faire de super choses, comme on a pu le faire le week-end dernier, et si on met les ingrédients, comme on les a mis à Castres, j’espère et je pense qu’on pourra s’offrir une belle journée au Stade des Alpes dimanche.

Pensez-vous que la victoire castraise a pu lancer une dynamique positive au bon moment avant d’affronter des « gros » du championnat ?
Ça, on le saura dimanche soir. Si on bat Toulon dimanche on pourra se dire qu’on est dans une position plutôt favorable parce que la victoire à Castres aura annulé la défaite contre Montpellier à la maison. On sait que toutes les équipes vont perdre chez elle. Si on avait gagné contre Montpellier et perdu à Castres, on serait arrivé ce week-end, je ne vais pas dire avec des doutes, mais la trouille au ventre de toujours rester invaincus à la maison. On sait que le côté « invaincus à la maison », c’est terminé. On ne reviendra pas dessus. C’est fini, on ne pourra plus être invaincus à la maison cette saison. Donc maintenant, il y a une autre envie, de bien commencer notre saison à domicile face aux « gros » ce week-end. Si on pouvait bien négocier ce virage, je crois que ce sera plutôt très positif.

« Le XV de France ? Un rêve, une envie »

Du coup, la défaite à domicile (contre Montpellier) puis la victoire à l’extérieur (à Castres), c’est presque le scénario idéal ?
Le bilan, il faudra le faire plus tard, quand il restera quatre-cinq journées. Il y a encore une vingtaine de journées à jouer. Il y a encore énormément de points à prendre, énormément de cycles qui vont arriver. Des blessures, des rotations, des formes, des méformes, il y a tout ça qui va se jouer. Donc pour le moment, ce n’est pas l’heure de tirer des bilans et de se dire, il nous faut une victoire, deux victoires, trois victoires. Ce qui est important aujourd’hui, c’est d’avoir des contenus, c’est de faire des matches aboutis, de mettre en place ce qu’on veut mettre en place, de le respecter, de mettre beaucoup d’envie, d’être le plus sérieux possible. Ces matchs-là, on sait qu’il faut ajouter un supplément d’âme dans l’agressivité, dans l’investissement. Si ça on le met, si on respecte nos systèmes, il y a tout pour qu’on réalise un grand match dimanche. Surtout que le stade va être plein. Le résultat viendra naturellement si on met tous ces ingrédients.

Vous avez eu le nez cassé la semaine dernière mais vous serez tout de même sur le terrain dimanche…
Oui, ça va aller. Dans ces matchs-là, on oublie tous les petits bobos, les petits pépins. On n’a qu’une envie, c’est d’être sur le terrain et de les jouer.

Qu’avez-vous pensé du parcours du XV de France lors de la Coupe du monde ?
J’étais très déçu pour les joueurs, pour le staff, qui se sont investis. Car on sait que la Coupe du monde, c’est un événement exceptionnel où pendant trois mois, on travaille pour un objectif précis. La petite conclusion, c’est que pendant quatre ans, il n’y a pas trop eu de résultats et cette Coupe du monde a été à l’image des quatre années. Il faut espérer qu’on pourra faire un peu mieux pendant les prochaines saisons pour espérer aborder la prochaine Coupe du monde avec un peu plus de confiances et de certitudes.

Justement, un nouveau sélectionneur arrive. Est-ce que vous vous dîtes que la porte peut s’ouvrir à nouveau ?
Je ne sais pas, c’est à lui qu’il faut poser la question. Moi, comme je l’ai toujours dit, je dois être le meilleur sur le terrain et s’il trouve que mes performances sont bonnes… Je serais le plus heureux d’être appelé et d’avoir ma chance. Il y a un nouveau cycle qui part, un nouveau staff, mais il y a de la concurrence. Pour le moment, la seule chose qui m’incombe, c’est d’être le meilleur en club, de me régaler, de prendre du plaisir, de faire des bons matchs comme ça a été le cas ces dernières semaines. Ça reste un rêve, une envie. Si je suis bon en club, si les performances collectives sont là... En rugby, vous êtes énormément tributaire des joueurs qu’il y a autour de vous. Et si vous êtes bons tous les week-ends, vos partenaires sont bons aussi et l’équipe est meilleure. Tout s’enchaine alors d’une façon différente. Donc j’ai envie de croire que si collectivement, ça se passe bien, on dira « Grenoble, ça se passe bien » et puis peut-être que... Mais aujourd’hui, ce n’est pas la priorité. Ce n’est pas ça que j’ai en tête, c’est plus le match de Toulon qui peut nous permettre de confirmer le bon résultat à Castres, de confirmer les bonnes intentions qu’on a mises et de lancer une bonne dynamique.

Propos recueillis par Guillaume MARION

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