Greenpeace relance la polémique sur le riz OGM en Chine

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L'innocuité du riz OGM n'est toujours pas scientifiquement démontrée.
L'innocuité du riz OGM n'est toujours pas scientifiquement démontrée.
L'association affirme qu'une vingtaine d'enfants a fait office de cobayes « dans le cadre d'une étude soutenue par l'US Department of Agriculture (USDA) ».



L'accroissement démographique a amené Pékin à examiner de nouvelles pistes pour répondre à l'augmentation des besoins alimentaires. La commercialisation de riz OGM a longtemps été l'une des plus sérieuses, jusqu'à ce que l'État chinois, qui n'a pas pour autant déroulé le tapis rouge à l'agriculture biologique, se résolve à renoncer ? en tout cas officiellement - à cet autre grand bond en avant.

C'est que le microcosme scientifique n'est pas unanime quant à l'innocuité du riz transgénique, ce qui n'est pas rien étant donné l'importance de la céréale dans la gastronomie chinoise. Les associations de protection de l'environnement sont quant à elles à l'unisson contre ce qu'elles assimilent à une dérive.

Par principe opposées à la pénétration de la science dans l'alimentation, elles ne sont pas restées les deux pieds dans le même sabot pour s'opposer aux desseins des autorités, lesquelles viennent de lancer une enquête après une sortie remarquée de Greenpeace. L'ONG, à l'origine d'une série de plaintes, soutient en effet depuis le mois dernier que des chercheurs américains et chinois ont nourri une vingtaine d'enfants âgés de six à huit ans et originaires de la province de Hunan avec du riz génétiquement modifié. Il va sans dire que, s'il devait être avéré, le scandale aurait de graves répercussions.



« L'innocuité du riz transgénique, comme celle de nombreux OGM, n'est absolument pas démontrée »

En attendant d'avoir le fin mot de cette triste histoire, le centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies ? tout en niant fermement avoir participé ou même donné son aval aux tests - a déjà mis à pied le chercheur Yin Shi'an, relate l'agence de presse officielle Xinhua, selon laquelle la parution d'un article scientifique sur les recherches dans l'American Journal of Clinical Nutrition n'aurait par ailleurs pas été soumise à l'approbation du ministère chinois de la Santé. « Fin juin 2008, Greenpeace avait découvert que l'institut national américain de la santé (NIH) avait approuvé des tests menés par l'université américaine de Tufts. Ce riz, baptisé ?riz doré? à cause de sa couleur jaune, est un riz génétiquement modifié pour augmenter sa teneur en béta carotène, précurseur de la vitamine A, dont la carence chez de nombreux habitants des pays pauvres est responsable de cécité chez des millions de personnes », a de son côté détaillé l'association sur son site Internet.

Et de rappeler : « Mais l'importation ou la consommation de ce riz ne sont autorisées dans aucun pays du monde. Si, selon ses promoteurs, il permettrait d'augmenter les apports en vitamine A, son innocuité, comme celle de nombreux OGM, n'est absolument pas démontrée ». Dès lors, l'utilisation d'enfants, qui doit toutefois elle aussi être démontrée, n'est tout simplement pas excusable.
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