Greenpeace et EDF : des "délits boursiers" au c½ur du clash

le , mis à jour à 16:52
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Greenpeace a attaqué jeudi 24 novembre. Le lendemain, c'est EDF qui réplique. Le groupe énergétique français est accusé par l'ONG de "délits boursiers", pour avoir présenté un "bilan inexact" de ses finances qui seraient plombées par le nucléaire, une analyse qu'il conteste et à laquelle il a donc répondu par une plainte pénale contre X.

Ce n'est pas la première affaire qui oppose l'électricien et l'ONG environnementale. ( AFP / SEBASTIEN BOZON )
Ce n'est pas la première affaire qui oppose l'électricien et l'ONG environnementale. ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

"Par cette plainte, c'est le régime d'exception dont profite l'entreprise EDF, notamment sur le terrain financier, qui est dénoncé. Il est temps que des autorités judiciaires se prononcent sur ces pratiques boursières frauduleuses", a estimé l'avocate de l'association, maître Marie Dosé, citée par le communiqué. Greenpeace a annoncé le dépôt d'une plainte auprès du parquet national financier contre le groupe énergétique EDF ainsi que son PDG, Jean-Bernard Levy, pour "délits boursiers", leur reprochant "un bilan inexact" et la diffusion d'"information trompeuses".

L'organisation non gouvernementale a "demandé au parquet d'ouvrir une enquête préliminaire, ou que soit désigné un juge d'instruction, sur ce sujet d'intérêt général où les actionnaires, investisseurs mais également les citoyens français sont induits en erreur par EDF et son PDG".

Selon le chargé de campagne énergie pour Greenpeace, Cyrille Cormier, "l'insincérité des comptes d'EDF vise à cacher la situation extrêmement dégradée de l'entreprise".

UNE ÉTUDE À L'ORIGINE DES ACCUSATIONS

Greenpeace a motivé sa plainte par les résultats d'une étude qu'elle avait commandée au cabinet d'analyse financière AlphaValue et qui estimait que l'électricien avait sous-provisionné les coûts du démantèlement et de la gestion des déchets nucléaires. Selon ce rapport, rendu public le 17 novembre, le groupe français n'aurait provisionné que 25 milliards d'euros alors qu'AlphaValue estime "entre 57,3 et 63,4 milliards d'euros en 2025", les fonds nécessaires à ces opérations.

Dans un communiqué, EDF a contesté "vigoureusement les prétendues analyses comptables et financières du cabinet AlphaValue réalisées à la demande de Greenpeace", et a annoncé qu'il "dépose une plainte pénale pour tirer les conséquences de ces allégations mensongères et de ces informations trompeuses".

EDF, contrôlé à 85,3% par l’État français, a souligné "que ses comptes sont audités et certifiés par ses commissaires aux comptes". "Les coûts de démantèlement du parc nucléaire en exploitation d'EDF ont par ailleurs fait l'objet d'un audit du ministère de l'Environnement, de l’Énergie et de la Mer, dont la synthèse", rendue publique le 15 janvier 2016, "conforte" ses estimations, a ajouté le groupe.

Pour ses calculs, le cabinet AlphaValue s'est basé notamment sur des hypothèses tirées de plusieurs rapports de la Cour des Comptes, parfois différentes de celles utilisées par EDF, sur les coûts de déconstruction des centrales et la nécessité de fermer au moins 17 réacteurs pour respecter les objectifs de la loi sur la transition énergétique. Le cabinet a également comparé les calculs d'EDF avec ceux d'autres exploitants nucléaires, notamment allemands.

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