Greenpeace condamnée en Indonésie !

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Greenpeace condamnée en Indonésie !
Greenpeace condamnée en Indonésie !
Sans doute un peu trop loquace et vindicative à ses yeux, l'association a été sanctionnée par le gouvernement indonésien.



Accusée entre autres de malversations financières, l'ONG de protection de l'environnement a été condamnée par le ministère des Droits de l'Homme. Elle est de ce fait désormais interdite d'organiser des rassemblements dans le pays, mais également de collecter des fonds auprès du public local. Un sévère retour de bâton pour Greenpeace, « coupable » d'avoir un peu trop indisposé les autorités.

Motif purement administratif invoqué par Abriana Kusuma Dewi, un responsable du ministère indonésien des Droits de l'Homme : n'étant rien d'autre qu'une association, Greenpeace peut certes librement exprimer ses idées et être force de proposition dans le domaine social et culturel, mais n'a pas le droit d'organiser de rassemblement ou de manifestation. L'ONG est en outre accusée d'avoir fait entrer à plusieurs reprises des fonds n'ayant pas étés approuvés par la banque centrale indonésienne, le ministère des Affaires Étrangères et le ministère de l'Intérieur.

Problème : Greenpeace ne peut se renflouer financièrement qu'auprès des collectivités et habitants et ne peut pas non plus, ou du moins très difficilement, faire appel à des donations externes. De quoi sévèrement limiter ses possibilités d'actions.

Le développement durable gêne le gouvernement



Cette condamnation qui devrait faire couler beaucoup d'encre intervient après plusieurs campagnes de Greenpeace très médiatisées et qui ont eu le mérite d'interpeller sur les ravages du déboisement en Indonésie. Elles ont par ailleurs ciblé plusieurs partenaires occidentaux du conglomérat Sinar Mas, lesquels ont finalement pour la plupart mis un terme à leur collaboration.

Rappelons également qu'en 2011, l'actuel président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a annoncé un moratoire sur la déforestation dans le cadre du projet REDD+ (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts). Ladite suspension a toutefois été durement tancée par l'ONG, l'administration n'ayant pas inclus les grands espaces forestiers comme la forêt de Kalimatan (NDLR : la partie indonésienne de l'île de Bornéo), deuxième « poumon vert » de la planète derrière la forêt amazonienne, dans son plan d'interdiction d'abattage. Soulignons enfin qu'elle s'était élevée contre l'exploitation de l'énergie fossile en Indonésie et en particulier contre l'ouverture d'une centrale électrique à charbon.

L'argent restant le nerf de toutes les guerres, Greenpeace risque de se retrouver au pied du mur, cantonnée au statut de simple association de quartier. Une situation révoltante pour ce pilier de la cause écologique.
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