Greenpeace alerte sur l'avenir financier d'EDF

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Coûts de démantèlement et de gestion des déchets sous-évalués, centrales surévaluées... Une étude, commandée par l'ONG Greenpeace et intitulée "EDF asphyxiée par le nucléaire", éreinte ce jeudi 17 novembre la stratégie de l'électricien français et sa situation financière.

Selon un rapport commandé par l'ONG, les comptes d'EDF ne reflètent pas la réalité de la situation financière de l'entreprise. ( AFP / ERIC PIERMONT )
Selon un rapport commandé par l'ONG, les comptes d'EDF ne reflètent pas la réalité de la situation financière de l'entreprise. ( AFP / ERIC PIERMONT )

Principale "inquiétude" ? Le "sous-provisionnement" des coûts du démantèlement des réacteurs et de la gestion des déchets, explique ce rapport commandé au cabinet d'analyse financière AlphaValue. Ce dernier estime que "le sous-provisionnement global est évalué entre 57,3 et 63,4 milliards d'euros en 2025", soit bien plus que les fonds propres actuels du groupe proches de 25 milliards d'euros.

Pour ses calculs, le cabinet se base notamment sur des hypothèses de plusieurs rapports de la Cour des Comptes - parfois différentes de celles utilisées par EDF - sur les coûts de déconstruction des centrales et la nécessité de fermer au moins 17 réacteurs pour respecter les objectifs de la loi sur la transition énergétique. AlphaValue estime qu'EDF devrait par ailleurs "envisager (...) une dépréciation de (ses) actifs nucléaires et thermiques" dans ses comptes, autrement dit revoir à la baisse la valeur de son parc de centrales nucléaires et de ses centrales conventionnelles fonctionnant au charbon, au gaz ou au fioul.

Le cabinet le justifie par le bouleversement des marchés de l'énergie en France et en Europe, avec le développement des énergies renouvelables et une demande de courant qui devrait légèrement baisser dans les prochaines années, ainsi que par la loi sur la transition énergétique qui prévoit la réduction de la part de l'atome en France.

Carte de France de l'implantation des centrales nucléaires avec nombre de réacteurs et âge.
Carte de France de l'implantation des centrales nucléaires avec nombre de réacteurs et âge. ( AFP / K.Tian, simon malfatto )

Enfin, l'étude se penche sur les investissements à venir d'EDF (projet Hinkley Point, grande maintenance du parc français, énergies renouvelables, rachat de la branche réacteurs d'Areva, etc) et conclut qu'ils s'élèvent à plus de 160 milliards d'euros d'ici 2025, soit plus de 15 milliards d'euros par an. Selon AlphaValue, EDF, "un géant inefficace", "surdimensionné", devenu "non compétitif", aura du mal à financer tout cela.

Seul élément positif, selon AlphaValue, la réduction de capacités nucléaires entraînera une hausse des prix de l'électricité qui "aura un effet positif à l'horizon 2025" sur le chiffre d'affaires, les revenus et la trésorerie d'EDF. La direction, elle, défend mordicus la sincérité de ses comptes.

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  • M9425023 il y a 3 semaines

    Seul élément positif, ...une hausse des prix de l'électricité. Qu'en dit la productivité ?