Grèce-Zone euro et FMI peinent toujours à s'accorder

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    par Jan Strupczewski 
    BRUXELLES, 2 mars (Reuters) - Les représentants de la zone 
euro et du Fonds monétaire international (FMI) en charge du 
dossier grec peinent à s'accorder sur les réformes qu'Athènes 
doit encore mettre en oeuvre, au risque de reporter le déblocage 
d'argent frais et le début des négociations sur l'allègement de 
la dette du pays, ont dit des responsables au fait du dossier. 
    Le Grèce est maintenue à flot depuis 2010 par une succession 
de plans de renflouement de la zone euro et du FMI qui ont déjà 
été en désaccord dans le passé sur les mesures à réclamer aux 
autorités grecques mais sont parvenus à aplanir leurs différends 
jusqu'à présent. 
    La perspective d'un troisième plan de sauvetage pour la 
Grèce a suscité des réserves au sein du FMI qui souhaite qu'il 
soit l'occasion de remettre le pays sur pied. 
    "Le principal problème maintenant est le désaccord entre les 
institutions (créancières), parce que cela va nuire à la 
crédibilité de toute solution", a dit un haut responsable. "Il 
faut qu'ils s'entendent et s'accordent sur un scénario et des 
mesures de politique" économique. 
    Les représentants de la zone euro et du FMI espèrent 
parvenir à un compromis sur la Grèce dans la semaine en vue de 
la réunion de l'Eurogroupe de lundi prochain. Des représentants 
de l'un et l'autre partie doivent se retrouver lors d'un dîner à 
Bruxelles mercredi pour débattre du sujet. 
  Tant qu'un accord n'est pas trouvé, il n'est pas possible de 
décider si Athènes a respecté les exigences initiales pour le 
déblocage de nouveaux prêts et la zone euro ne peut pas lancer 
les discussions sur un allègement de la dette qui permettrait de 
la rendre soutenable. 
    La Grèce n'est confrontée à aucun remboursement majeur sur 
sa dette avant le mois de juillet, ce qui laisse amplement le 
temps à ses créanciers de trouver un compromis. Mais les 
discussions, qui traînent en longueur, risquent de miner la 
confiance des investisseurs. 
    "Si nous entrons maintenant dans un cycle pour savoir si cet 
examen (de la situation de la Grèce) sera mené à bien ou pas, 
cela entraînera le même genre d'incertitudes que celles que nous 
avons plus ou moins connues il y a un an... avec la perte de 
confiance et la fuite des capitaux", a dit un troisième 
responsable proche des créanciers.  
    Le différend porte principalement sur la nécessité pour 
Athènes de dégager un excédent budgétaire primaire, soit un 
excédent budgétaire hors charges de la dette, de 3,5% du produit 
intérieur brut en 2018 et de le maintenir à ce niveau afin de ne 
plus avoir à emprunter auprès des autres pays membres de la zone 
euro pour assurer sa solvabilité. 
    Les représentants du FMI ont une vision plus conservatrice 
que ceux de la zone euro des perspectives de croissance de 
l'économie grecque, sachant que l'expérience montre qu'Athènes a 
plutôt été en dessous des objectifs en la matière au cours des 
dernières années. 
    Le FMI considère que l'excédent primaire devrait être de 
l'ordre de 2% en 2018 avec les réformes actuellement proposées 
par Athènes sur la base d'une hypothèse de croissance d'environ 
un point de pourcentage inférieure aux prévisions de la zone 
euro. Pour le FMI, Athènes devrait en conséquence avoir un 
programme de réformes plus ambitieux, notamment dans le domaine 
le plus politiquement sensible, celui des retraites.  
    
 
 (avec Paul Taylor à Bruxelles et Gernot Heller à Berlin, Marc 
Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison) 
 
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