Grèce - Vague de contagion attendue sur les marchés financiers

le , mis à jour à 20:46
2

par Jemima Kelly LONDRES, 28 juin (Reuters) - Les marchés financiers européens se préparent lundi à une vague de contagion du nouveau blocage du dossier grec, les investisseurs allant devoir prendre en compte l'éventualité d'un "Grexit" à laquelle personne ne croyait vraiment avant le coup de théâtre de vendredi. Ce jour-là, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a pris tout le monde de court en décidant de soumettre à référendum dimanche prochain, le 5 juillet, les propositions de réformes réclamées par ses créanciers. Piqués au vif par cette décision, les partenaires européens de la Grèce ont refusé, samedi, de prolonger l'actuel programme de renflouement, qui expire mardi, le jour où le pays, à court de liquidités, est censée rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI. ID:nL5N0ZE010 Même si certains responsables continuent de croire qu'un accord reste possible entre les deux parties, le gouvernement grec a déclaré dimanche qu'il pourrait mettre en place des contrôles des capitaux. Le directeur général de la Banque du Pirée BOPr.AT , Stavros M. Lekkakos, a déclaré que les banques grecques resteraient fermées lundi, tout comme, selon une source financière, la Bourse d'Athènes. ID:nL5N0ZE0TQ La rupture des négociations entre Athènes et ses créanciers a conduit les épargnants à se précipiter sur les distributeurs de billets ce week-end pour retirer leurs avoirs. La Banque centrale européenne (BCE) a accentué la pression sur les banques grecques en décidant dimanche de ne pas relever le plafond des liquidités d'urgence (ELA) qui leur sont octroyées -- actuellement de 89 milliards d'euros -- alors que, ces dernières semaines, leur survie a surtout été le fait d'un relèvement régulier de ce plafond. ID:nL5N0ZE0PX "Si la Grèce doit mettre en place des contrôles de capitaux, cela aura un très gros impact sur les marchés et cela source d'une hausse de la volatilité", a déclaré Ian Stannard, responsable de la stratégie changes pour l'Europe chez Morgan Stanley. La semaine qui vient de s'écouler s'était traduite par une forte hausse des marchés actions dans l'espoir d'un accord entre la Grèce et ses créanciers. En revanche, l'euro avait terminé sur une repli hebdomadaire malgré l'optimisme qui prévalait alors dans ce dossier. LES OBLIGATIONS DES PÉRIPHÉRIQUES RATTRAPÉES PAR LA CRISE La semaine dernière, Goldman Sachs avait dit que l'euro pouvait perdre trois cents face au dollar dans la foulée d'un défaut de paiement de la Grèce. Pour dégringoler, toujours selon le scénario de la banque américaine, encore davantage au cours des semaines suivant ce défaut à mesure que la BCE augmente ses rachats d'actifs pour tenter d'éviter la contagion au reste de la zone euro. Alors que les obligations souveraines des autres pays de la zone euro dits "périphériques" n'ont guère été affectés par la crise grecque depuis le début de l'année, cela pourrait bien changer dès lundi à moins que la BCE ne prenne tout de suit des mesures pour éviter une telle évolution. "Il y a un risque de voir les écarts de rendement des obligations souveraines périphériques atteindre des niveaux critiques", estiment les analystes d'ABN Amro dans une note de recherche. "La BCE doit se tenir prêt à activer son programme OMT (Opérations monétaires sur titre) pour restaurer le calme si nécessaire. Il y a 12 jours, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé mardi conforme au droit européen ce programme OMT, qui consiste pour la BCE à racheter de la dette souveraine sur le marché secondaire à condition que le pays concerné en fasse la demande et soit lié par un programme d'assistance financière de l'UE. ID:nL5N0Z2277 Plus tôt cette année, Goldman Sachs a déclaré qu'un "Grexit" (une sortie de la Grèce de la zone euro) pourrait se traduire par une multiplication par près de trois de l'écart de rendement, à quelque 400 points de base, entre les obligations souveraines à 10 ans italiennes et espagnoles d'un coté et le papier allemand de même échéance de l'autre. Un tel niveau d'écart resterait cependant inferieur de quelque 200 points de base aux pics atteints au cours de l'hiver 2011-2012. Dans ce contexte, les investisseurs sont susceptibles de se précipiter sur des actifs jugés sûr n'appartenant pas à la zone euro, au premier chef le franc suisse et le dollar américain. Certains pensent qu'il y aura une telle ruée sur ces devises que la Banque nationale suisse (BNS), voire la Réserve fédérale américaine seront amenées à intervenir sur le marché des changes. "Nous pensons qu'il y a une forte probabilité d'une intervention de la Banque nationale suisse", a déclaré Josh O'Byrne, chargé de la stratégie changes chez Citi. Le statut de valeur refuge traditionnelle des Bunds allemands a été sécouée par le forte hausse de leur rendement observée depuis le début de l'année, en raison, entre autres, d'un manque de liquidités et d'une hausse des anticipations d'inflation. ID:nL5N0YQ26E "Nous sommes en territoire inconnu et les marchés actions européens, comme tous les marchés, éprouveront des difficultés à absorber tous les nouveaux élements", a déclaré Nick Lawson, directeur chez Deutsche Bank. "Le marché ne s'était pas préparé à ce que tout ceci se poursuive au cours du week-end et le manque de liquidités qui a affecté aussi bien le marché de la dette souveraine que celui des entreprises, et, plus récemment, le marché actions, va exacerber les choses." (Benoit Van Overstraeten pour le service français)


Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • s.thual le lundi 29 juin 2015 à 00:36

    il faudra toujours continuer a manger boire dormir ! cela represente les elements qui font tourner une economie de gre ou de force , sauf la guerre et encore elle reclame les memes moyens pour les memes besoins !pour le reste il y a bien longtemps que la grece aurait du controler les changes et la circulation des capitaux,,ses grosse fortunes evadees planquees au detriment du pays qui les a engraissees ! et c est l europe qui va payer une partie de la note ! chapeau,,,

  • M4837592 le dimanche 28 juin 2015 à 21:29

    Peut-on plier au chantage de Tsipras ? Evidemment non.Entre deux maux il faut choisir le moindre et le moindre c'est le Grexit.