Grèce : une journée à enjeu suivie avec attention par les marchés

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La Grèce procède mercredi au premier tour de l'élection présidentielle. Au-delà de cette élection, c'est le risque de dissensions à venir au sein de l'UE qui inquiète le marché.
La Grèce procède mercredi au premier tour de l'élection présidentielle. Au-delà de cette élection, c'est le risque de dissensions à venir au sein de l'UE qui inquiète le marché.

Mercredi à 18h, le Parlement grec va procéder au premier tour de l'élection du nouveau président de la République. L'impasse politique semble assurée. Dans un contexte de marchés tendus, la situation est suivie avec attention par les investisseurs.

L'annonce de l'élection présidentielle grecque avait provoqué les prémisses du mouvement de panique boursière de la semaine dernière. Se déroulant mercredi 17 décembre à 18h (heure française), le premier tour de l'élection présidentielle devrait confirmer le risque de zizanie à venir sur l'échiquier politique grec.

Une « petite » élection en cache une « grande »

En Grèce, le président de la République occupe une fonction uniquement représentative et diplomatique. Son rôle est donc clairement distinct de celui du gouvernement mené par le Premier ministre. Dans ce cas, pourquoi attribue-t-on un tel enjeu à cet événement ?

La réponse est simple. L'Assemblée, qui procède à l'élection par suffrage indirect, doit réunir une majorité des deux tiers (premier tour) ou de 60% (second tour) pour désigner le nouveau représentant du pays. Si cette majorité des n'est pas atteinte, l'Assemblée sera dissoute, ce qui impliquera de nouvelles élections législatives. C'est sans doute le scénario vers lequel la Grèce se dirige à cause des dissensions politiques actuelles.

Par ricochet, ce sont donc ces éventuelles élections législatives qui inquiètent par le risque de trouble politique qu'elles pourraient provoquer alors que l'extrême gauche (Syriza) arrive en tête des sondages.

Les inquiétudes autour de Syriza seraient exagérées

L'inquiétude doit pourtant être relativisée. D'une part, la probabilité d'accession au pouvoir de Syriza reste très faible. Au mieux, le parti ferait partie d'une coalition politique qui ne lui donnerait qu'une partie du pouvoir, ce que ne semble pas vouloir Alexis Tsipras, chef du parti, qui est plutôt dans une logique politique du « tout ou rien » vis-à-vis d'une éventuelle prise de pouvoir.

Par ailleurs, même en accédant au gouvernement, Syriza ne pourrait pas remettre entièrement en cause les politiques économiques actuellement menées. Malgré des déclarations fracassantes (retour du SMIC à son niveau d'avant-crise par exemple), le parti n'aurait pas forcément les possibilités légales et politiques de mettre ses projets en application. Pour certains Grecs, l'arrivée de Syriza au pouvoir ne changerait pour ainsi dire pas grand-chose dans un pays où la puissance de l'Etat est par ailleurs généralement défaillante.

Les marchés craignent l'incertitude

Pour les marchés, l'enjeu n'est de toute manière pas tellement l'élection en elle-même. Les investisseurs réagissent surtout à l'incertitude provoquée par la situation. Un raz-de-marée  politique en faveur de l'extrême gauche serait le symbole d'une Europe au destin de nouveau incertain dans un climat social tendu. Le traumatisme de la crise de l'euro-zone de 2010-2012 est encore présent dans la tête des investisseurs, et ceux-ci sur-réagissent facilement dès que l'incertitude politique refait surface dans les pays du sud du Vieux continent.

Sur le marché grec en particulier, les effets sont amplifiés par les phénomènes de spéculation. Les fonds investis sur ce marché proviennent désormais d'investisseurs opportunistes qui recherchent du risque. Le cercle vicieux est enclenché dès lors que la volatilité du marché grec attire les spéculateurs qui accentuent à leur tour cette volatilité. Ainsi, la semaine dernière, l'Athex (indice national grec) s'est contracté de 20% à cause de retraits massifs de court terme.

Un bilan économique toujours aussi désastreux

L'aspect spéculatif du pays repose aussi bien évidemment sur le bilan préoccupant de son économie. Le PIB grec n'a cessé de se contracter au cours des six dernières années, perdant 25% face à son niveau d'avant-crise. Le niveau des salaires a également régressé dans des proportions semblables. Plus inquiétant encore, le problème de la dette n'a absolument pas été réglé. Malgré un défaut partiel de l'Etat survenu en 2012, l'économie s'est tant contractée à cause de la cure d'austérité que le ratio de dette est désormais encore plus élevé qu'en 2009, atteignant aux alentours de 170% du PIB.

La récente stabilisation économique du pays reste donc fragile. La survenue d'élections législatives accentuerait cette fragilité si le second tour de l'élection présidentielle ne débouche sur aucun consensus le 29 décembre. Avec, en conséquence, le risque de remettre de l'huile sur les braises des tensions intra-européennes.

X.B.

Le parlement grec est actuellement très éclaté.
Le parlement grec est actuellement très éclaté.

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  • M7361806 le jeudi 18 déc 2014 à 10:17

    UN pays de menteurs, profiteurs et voleurs n'a pas sa place dans l'UE et que l'on sorte leur alphabet de nos billets !

  • erem le mercredi 17 déc 2014 à 17:36

    @EuropeGa Comme au Venezuela ? Paradis socialiste célébré par Mélenchon ? Mort de rire

  • EuropeGa le mercredi 17 déc 2014 à 15:40

    Rappel : pour la France, la sortie de l'euro c'est la croissance retrouvée en quelques semaines et 1 million d'emplois créés en trois ans.

  • EuropeGa le mercredi 17 déc 2014 à 15:39

    Grâce à l’U.E. et à l’euro la troïka a mise à sac la Grèce, pillée, détruite, exécutée pour le seul compte de la grande finance rapace. En effet, il est évident que si la Grèce avait pu dévaluer sa monnaie, elle n’en serait pas là où elle est aujourd’hui. A ceux qui veulent rester dans l’euro : un peu de patience, la catastrophe arrive bientôt chez nous.

  • floalain le mercredi 17 déc 2014 à 15:22

    La Grèce n'aurait jamais du entrer dans la zone Euro car son économie est trop faible pour supporter un Euro fort. En intégrant l'Euro, ils ont perdu les avantages d'une monnaies qui peut baisser. Les Anglais l'ont compris tout de suite et n'y sont pas entré et l'on voit le résultat.

  • M4358281 le mercredi 17 déc 2014 à 15:11

    les mêmes r.... bolcho ..qui vivent en affamant

  • clebs93 le mercredi 17 déc 2014 à 15:08

    Oups, un beau lapsus. Je voulais dire "le couteau entre les dents", bien sûr.

  • clebs93 le mercredi 17 déc 2014 à 15:07

    Arrêtez de fantasmer. Syriza, ce n'est pas l'extrême gauche, ce n'est pas des bolchéviques le couteau entre les gens. C'est simplement la gauche, celle que n'est plus le Pasok en Grèce (et le PS en France, qui sera balayé lui aussi demain). Mais je comprends que les financiers agitent ainsi le trouillomètre. Un rééquilibrage en faveur des salariés, un peu plus de droits sociaux plutôt que financer à fonds perdus les capitalistes, ça leur fout la trouille.

  • M4358281 le mercredi 17 déc 2014 à 14:22

    Il faut que çà baisse ..pour acheter ...

  • cmaignan le mercredi 17 déc 2014 à 13:24

    un cataclysme mondial à prévoir. Avec de grosses échéances Grece, ukraine, petrole (gaz de chiste et remboursement us plus de 300 milliards de dollars à venir), russie (si faillite, de nombreuses faillites européennes en cascade), bourse arabe, etc.