Grèce-Syriza se fissure avant le vote du Parlement

le
1

* Le Parlement devrait approuver le plan d'aide dans la nuit * Les frondeurs de Syriza menacent de faire sécession * Une scission du parti pourrait mener à des élections (Actualisé avec la Finlande, l'étude de viabilité de l'endettement) par George Georgiopoulos et David Stamp ATHENES, 13 août (Reuters) - Le Parlement grec devrait approuver dans la nuit de jeudi à vendredi l'accord sur un plan d'aide international évitant au pays une situation de défaut mais le parti de gauche radicale au pouvoir continue de se diviser et apparaît au bord de la rupture. Un vote favorable de la Vouli sur l'accord ouvrant la voie à un troisième plan de renflouement de plus de 85 milliards d'euros sur trois ans ne fait guère de doute dans la mesure où l'opposition s'est engagée à soutenir le gouvernement d'Alexis Tsipras. Mais il apparaît également acquis que certains députés de Syriza, qui reprochent au Premier ministre, porté au pouvoir sur la promesse de combattre l'austérité, d'avoir capitulé face aux créanciers internationaux de la Grèce, voteront contre le texte. Le scrutin permettra de jauger l'ampleur de la contestation au sein du parti d'Alexis Tsipras et de la capacité de cette dernière à faire pression sur le Premier ministre pour convoquer des élections anticipées dès septembre. "Il est avéré que certains parlementaires de Syriza ne voteront pas en faveur de l'accord", a déclaré la porte-parole du gouvernement, Olga Gerovasili, à la télévision grecque. "Un gouvernement qui n'a pas de majorité ne peut pas aller bien loin". Le scénario d'une scission de Syriza se précise avec un communiqué signé jeudi par 12 membres du parti dont le chef de file des frondeurs, l'ancien ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis. Le texte appelle à une mobilisation nationale contre le plan d'aide et à la fondation d'"un mouvement uni qui justifiera le désir du peuple pour la démocratie et la justice sociale". L'EUROGROUPE VOTE VENDREDI Le texte soumis aux députés couvre la réforme de la fiscalité et des retraites, celle de la fonction publique et la relance du programme de privatisations, qui passe par l'établissement d'un fonds supervisé par les institutions européennes. Après le vote de la Vouli, il reviendra aux ministres des Finances de la zone euro de se prononcer vendredi sur l'accord ouvrant la voie au plan d'aide. L'aval de l'Eurogroupe est indispensable à la validation du plan qui permettra dans un premier temps à la Grèce de rembourser le 20 août 3,2 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE). La Grèce doit recevoir un premier versement de 23 milliards d'euros avant la fin du mois, a dit à Reuters une source proche du dossier. Le montant total du plan s'élève à 91,7 milliards d'euros en ajoutant aux 85,5 milliards d'euros d'aide proprement dite les 6,2 milliards de recettes de privatisations prévues d'ici 2018, a ajouté cette source, qui a requis l'anonymat. ID;nL5N10O30O RETOUR SURPRISE DE LA CROISSANCE Selon le protocole d'accord de 29 pages conclu entre Athènes et ses créanciers, et dont Reuters a pris connaissance, la Grèce doit rapidement procéder à la privatisation de ses ports, de ses aéroports régionaux et de ses réseaux de distribution d'électricité. Hors de Grèce, l'opposition au plan d'aide au sein de la zone euro paraît s'estomper. La Finlande, qui avait caressé la semaine dernière l'idée de s'en exclure, est ainsi prête à y contribuer, a déclaré jeudi son ministre des Finances, Alexander Stubb. ID:nL5N10O3HV Contre toute attente, l'institut grec de la statistique a annoncé jeudi une croissance inattendue du produit intérieur brut de 0,8% au deuxième trimestre, en première estimation, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une contraction de même ampleur. ID:nL5N10O2CQ Et comme le PIB du premier trimestre est finalement resté stable au premier trimestre, alors que l'estimation précédente donnait un recul de 0,2%, la Grèce n'est donc pas retombée en récession en début d'année. Une récession se définit techniquement comme deux trimestres consécutifs de recul du PIB. Sur les trois derniers mois de 2014, il a baissé de 0,2%, chiffre également révisé par rapport à -0,4%. Athènes a dégagé en outre sur la période allant de janvier à juillet un excédent budgétaire primaire, c'est-à-dire hors service de la dette, de 3,53 milliards d'euros, dépassant l'objectif qui était de 2,98 milliards, grâce à une forte réduction des dépenses. Les institutions créancières de la Grèce n'en nourrissent pas moins de "sérieuses inquiétudes" au sujet de l'endettement d'Athènes mais estiment qu'une décote peut être évitée, selon une nouvelle analyse de la viabilité de la dette de la Grèce, un document que Reuters a pu consulter jeudi. Les institutions anticipent pour la Grèce une contraction de 2,3% du PIB en 2015 et de 1,3% en 2016 avant une croissance de 2,7% en 2017. ID:nL5N10O33T (Wilfrid Exbrayat et Patrick Vignal pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • miez1804 le jeudi 13 aout 2015 à 17:09

    Vivement la secesion de Syriza, au moins sera la fin de la demagogie marxiste et populiste!

Partenaires Taux