Grèce-Nouvelle grève contre la réforme des retraites

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 (Actualisé avec état des vols et témoignages) 
    ATHÈNES, 4 février (Reuters) - Le gouvernement grec d'Alexis 
Tsipras fait face jeudi à nouvelle grande grève après l'appel 
lancé par deux des principaux syndicats du pays qui protestent 
contre la réforme du système des retraites. 
    Des dizaines de vols intérieurs sont suspendus, les ferries 
bloqués dans les ports et la plupart des transports publics sont 
paralysés par cet appel lancé par le GSEE et l'ADEDY. 
    Il s'agit de la deuxième grande grève organisée en Grèce 
depuis l'arrivée au pouvoir d'Alexis Tsipras, il y a un an, sur 
la promesse de mettre fin aux mesures d'austérité. 
    Des milliers de personnes, salariés, indépendants, 
agriculteurs, ou retraités ont commencé à se rassembler dans le 
centre d'Athènes pour se diriger ensuite vers la place Syntagma 
qui jouxte le Parlement. 
    "Ils devraient être pendus ici, place Syntagma", a dit Nikos 
Ghinis, un retraité cheminant parmi la foule. "Je reçois 740 
euros par mois pour quarante années de travail... Je manifeste 
ici pour mes enfants et mes petits-enfants." 
    En marge de la manifestation, des pierres ont été jetées sur 
les forces de l'ordre qui ont riposté en faisant usage de gaz 
lacrymogènes, a constaté un journaliste de Reuters. 
    Le mouvement social se produit alors que les créanciers 
internationaux du pays sont à Athènes pour établir un premier 
bilan, crucial, des mesures mises en place par le gouvernement 
d'Alexis Tsipras. 
    Dans le cadre de l'accord conclu en juillet 2015 sur une 
aide totale de 86 milliards d'euros, la Grèce doit adopter une 
vaste réforme des retraites ayant pour objectif de dégager 1,8 
milliard d'euros d'économies, l'équivalent de 1% de son produit 
intérieur brut.      
    Elle prévoit un quasi-triplement des contributions à la 
sécurité sociale dans les années à venir. 
    Le pays doit en outre mettre en oeuvre des hausses d'impôts 
de 350 millions d'euros pour parvenir à l'objectif d'un excédent 
primaire de 0,5% du PIB. 
    Pour les syndicats, ces réformes vont faire monter le 
chômage en augmentant les difficultés sur les entreprises.  
    Ils soulignent aussi le risque d'inciter les travailleurs à 
la fraude fiscale, notamment pour les indépendants dont les 
contributions à la sécurité sociale seront liées au revenu 
déclaré. 
    "Nous ne pouvons pas vivre, nous ne pouvons pas survivre 
avec ce que le gouvernement nous demande", a déclaré Socratis 
Aleiftiras, un agriculteur parmi des milliers à bloquer des 
routes ces deux dernières semaines. 
    Les discussions entre Athènes et ses créanciers portent sur 
une première vérification du respect de ses engagements par le 
gouvernement grec, qui tente de convaincre ses interlocuteurs de 
la nécessité d'un réaménagement de la dette du pays. 
    Le directeur général du Mécanisme européen de stabilité 
(MES), Klaus Regling, a exclu toute décote mais a présenté comme 
des options envisageables un rééchelonnement et un report des 
intérêts. 
 
 (Renee Maltezou,; Nicolas Delame et Véronique Tison pour le 
service français) 
 
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