Grèce-Merkel croit encore à un accord, Tsipras reste ferme

le , mis à jour à 11:19
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BERLIN, 18 juin (Reuters) - A quelques heures d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro, la chancelière allemande, Angela Merkel, a assuré jeudi qu'un accord entre la Grèce et ses créanciers restait possible, tandis que le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, dénonçait "l'insistance aveugle" des bailleurs de fonds de son pays. Les ministres des finances qui se réunissent dans l'après-midi à Luxembourg ne devraient aborder que brièvement le dossier grec, faute de nouvelles propositions d'un côté comme de l'autre. La Grèce doit rembourser le 30 juin près de 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI) mais les discussions engagées avec ce dernier, la Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) sont bloquées depuis le week-end dernier. Dans un discours au Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, Angela Merkel a réaffirmé que l'Allemagne était prête à fournir de nouveaux efforts pour maintenir la Grèce dans la zone euro, avant d'ajouter qu'Athènes devait de son côté mettre en oeuvre des réformes structurelles. "J'en suis convaincue: quand il y a la volonté, il y a une solution", a-t-elle déclaré. "Si ceux qui sont aux responsabilités à Athènes peuvent mobiliser la volonté, un accord avec les trois institutions est encore possible." Dans une tribune publiée jeudi par le quotidien allemand Der Tagesspiegel, Alexis Tsipras de son côté défend notamment le refus de son gouvernement de procéder à de nouvelles coupes dans les dépenses de retraite et les dépenses sociales, en soulignant qu'elles ont déjà été amputées de 50% entre 2010 et 2014. PARIS VEUT ENCORE CROIRE À UN ACCORD "Cela rend impossibles de nouvelles coupes dans ce domaine sensible", écrit-il. "L'insistance aveugle sur les coupes (dans les retraites) dans un pays où le taux de chômage atteint 25% et où la moitié des jeunes sont sans emploi ne fera qu'empirer encore une situation sociale déjà dramatique", ajoute Alexis Tsipras. Les deux parties campant sur leurs positions, un compromis semble peu probable dans les tous prochains jours. Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a assuré que la France ferait tout pour qu'un accord soit trouvé. Il faut "faire en sorte que la seule bonne solution puisse voir le jour, c'est à dire un accord avec la Grèce qui lui permette de faire face. Faire face à ses échéances mais surtout face à ses propres responsabilités vis-à-vis du peuple grec", a-t-il dit sur France Info. Outre l'échéance au FMI, le 30 juin marquera aussi la fin du plan d'aide européen dont bénéficie actuellement Athènes, ce qui risque de priver l'Etat grec de toute aide supplémentaire, notamment la fourniture de liquidité d'urgence assurée au système bancaire par la BCE. Cette dernière a de nouveau relevé mercredi le plafond de cette aide, pour le porter à 84,1 milliards d'euros, a-t-on appris mercredi de source bancaire. La Bourse d'Athènes perdait 1,5% en matinée jeudi après avoir touché son plus bas niveau depuis septembre 2012. Elle a reculé de 17,6% depuis le début de l'année. (Erik Kirschbaum et Michael Nienaber, avec Grégory Blachier à Paris, Marc Angrand pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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