Grèce-Les rebelles de Syriza risquent d'être évincés du pouvoir

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par Renee Maltezou et James Mackenzie BRUXELLES/ATHENES, 13 juillet (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'apprête à entamer une semaine éprouvante en évinçant du pouvoir les "frondeurs" de son parti, opposés aux réformes douloureuses qui vont devoir être votées par le Parlement en quelques jours, apprend-on dans l'entourage du gouvernement. Avec dans la balance l'avenir de la Grèce dans la zone euro et des partenaires européens exigeant des gestes concrets immédiats pour rétablir un climat de confiance et prouver son engagement à réformer, le chef du gouvernement de la gauche radicale n'a pas les moyens d'attendre. Pour convaincre les créanciers de la Grèce d'engager les négociations sur un troisième plan de sauvetage, la Grèce va devoir voter d'ici mercredi soir des lois sur la réduction des dépenses publiques, le relèvement de la TVA, réformer les retraites, modifier les règles sur la faillite et avancer les privatisations. Or, les tensions au sein de Syriza, le parti de la gauche radicale au pouvoir, ont été mises à nu vendredi avec la fronde de 17 députés Syriza qui ont fait défection pour le vote qui devait autoriser le gouvernement à ouvrir des négociations sur un nouveau plan de sauvetage, ce qui a contraint Tsipras à s'appuyer sur les partis d'opposition pour obtenir son mandat. Le gouvernemnt dispose de 162 sièges sur les 300 que compte le Parlement : 149 pour Syriza et 13 du parti souverainiste de droite des Grecs indépendants, parti minoritaire de la coalition au pouvoir. S'attaquer aux conséquences de cette révolte fournira un signal clair du degré de détermination de Tsipras à faire passer les réformes exigées par les partenaires européens. Il n'est pas certain que la coopération avec les partis d'opposition débouche sur un gouvernement d'union nationale en bonne et due forme, avec portefeuilles ministériels à la clé. Quoi qu'il en soit, les frondeurs ont compromis l'avenir du gouvernement de la gauche radicale. ELECTIONS? Parmi les rebelles les plus en vue, le Ministre du redressement productif, de l'environnement et de l'énergie Panagiotis Lafazanis, par ailleurs chef de la "Plate-forme de gauche", l'aile gauche de Syriza, et le ministre délégué à la Sécurité sociale, Dimitris Stratoulis, ancien syndicaliste très opposé à la baisse des pensions de retraites, devraient être limogés, indique-t-on dans l'entourage du gouvernement. Remplacer l'inflexible présidente du Parlement, Zoé Constantopoulou, qui elle aussi a défié Alexis Tsipras vendredi et s'est abstenue, nécessitera une motion de censure. Les autres frondeurs devraient démissionner, ajoute-t-on. Dans le cadre des règles en vigueur au sein de Syriza, les députés doivent en principe remettre leur démission en cas de désaccord public avec la politique du gouvernement, bien que rien ne soit prévu pour les empêcher de refuser de démissionner et de s'accrocher à leur siège à la Vouli comme députés indépendants. Pour Terence Quick, membre des Grecs indépendants, les députés qui ont voté contre le gouvernement doivent démissionner. "Je ne pense pas que s'abstenir ou être absent montre que vous êtes responsable ou honorable dans ces circonstances particulières. Soit vous y allez et dites un "non" énergique, ou vous dites "oui" et vous continuez la lutte", a-t-il déclaré. L'éviction des frondeurs, qui continuent à défendre le programme anti-austérité par lequel Syriza est arrivé au pouvoir en janvier dernier, souligne l'ampleur de la détérioration de la situation en Grèce ces six derniers mois. Un système financier au bord de l'effondrement et des banques fermées dont les liquidités sont en train de s'épuiser, ont contraint Alexis Tsipras à changer de cap une semaine seulement après le "non" retentissant des électeurs par référendum à un précédent train de mesures pourtant moins dures. Selon les sondages, Syriza reste néanmoins de loin le parti le plus soutenu par la population et le vainqueur le plus probable en cas de nouvelles élections législatives. Si Alexis Tsipras ne veut pas devenir un "otage", des changements vont devoir se produire, écrit le journal du parti Syriza, Avgi. "Cela soulève clairement la question d'une refonte du gouvernement, de la majorité gouvernementale, ce qui conduit à des élections très bientôt", lit-on dans l'éditorial de l'édition de dimanche. (Avec Costas Pitas; Danielle Rouquié pour le service français)

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