Grèce-Les indécis au coeur du dernier débat avant les élections

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par Renee Maltezou et John Stonestreet ATHENES, 14 septembre (Reuters) - L'ex-Premier ministre grec Alexis Tsipras et son adversaire de droite Vangelis Meïmarakis, qui s'affrontent en duel télévisé ce lundi soir pour la dernière fois avant les élections législatives de dimanche, auront à coeur de convaincre les indécis, susceptibles de faire basculer le scrutin. D'après les instituts de sondage, jusqu'à 20% des personnes interrogées ne savent pas encore pour qui voter ou disent opter pour l'abstention. Syriza, le parti de gauche radicale de Tsipras, et Nouvelle démocratie, la formation conservatrice de Meïmarakis, étant au coude à coude dans les intentions de vote, c'est cette fraction de l'électorat qui fera pencher la balance dans un camp ou un autre. "Ce débat est crucial, principalement du fait du grand nombre d'électeurs indécis et de ceux qui ne veulent pas voter. La question ce soir sera de savoir qui aura été le plus convaincant", résume Dimitris Mavros, de l'institut MRB. Elu fin janvier sur la promesse d'en finir avec l'austérité, Alexis Tsipras a précipité ces nouvelles élections législatives anticipées en démissionnant le 20 août dernier. Son objectif était double: mater la fronde d'une partie de ses troupes et se relégitimer par un nouveau mandat populaire au moment d'appliquer les mesures d'austérité qu'il a dû accepter en échange d'un troisième plan de soutien financier de ses partenaires européens, à hauteur de 86 milliards d'euros. Mercredi dernier, lors d'un premier débat auquel participaient les chefs de file de sept formations politiques, ni lui, ni Meïmarakis n'ont fait grosse impression sur les observateurs de la vie politique grecque. "Nous n'avons pas réussi à remplir tous nos engagements mais nous avons livré bataille et nous sommes revenus avec un compromis. Il est peut-être douloureux mais il comporte aussi des éléments positifs", a expliqué Tsipras. De son côté, Meïmarakis a accusé le Premier ministre démissionnaire d'avoir fait perdre du temps à la Grèce et surtout d'avoir abouti à un accord plus douloureux. Le débat de ce lundi soir, resserré autour des deux principaux partis, devrait être plus vivant. Les équipes des candidats ont notamment accepté que les deux débatteurs puissent s'interpeller directement. On s'attend à ce que Tsipras reprenne ses attaques sur le bilan de Nouvelle démocratie, qui fut longtemps, avec le Parti socialiste (Pasok), l'un des deux seuls partis de gouvernement, et qu'il accuse d'avoir contribué à l'éclatement de la crise. Meïmarakis devrait pour sa part renvoyer Tsipras et Syriza à l'aggravation de la situation économique du pays depuis leur arrivée au pouvoir. Il faudra voir également si le leader de Nouvelle démocratie réitère sa proposition de "grande coalition" avec Syriza, une idée rejetée par Tsipras et qui, selon les sondeurs, semble avoir légèrement favorisé ce dernier dans les sondages en donnant de Meïmarakis l'image d'une personnalité faible. (Henri-Pierre André pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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