Grèce : le scénario d'un ''Grexit'' est ''crédible'' (Axa IM)

le , mis à jour à 14:25
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L'éventuelité d'une sortie de la Grèce de la zone euro est jugée ''crédible'' par Axa IM.
L'éventuelité d'une sortie de la Grèce de la zone euro est jugée ''crédible'' par Axa IM.

Après le « non » au référendum grec, la question se pose de savoir à quoi s’attendre au cours des jours, semaines et mois à venir. Quelle est la probabilité d’un éventuel « Grexit » ? Axa Investment Managers livre son analyse.

Mardi 7 juillet, les marchés européens restaient nerveux en milieu de séance après une journée de lundi où la totalité des indices européens ont terminé dans le rouge, mais sans excès d’inquiétudes. À 14h25, l’indice CAC40 s’affichait en baisse de 0,73% après un début de séance en hausse modérée. Les interrogations sur la Grèce restent dans tous les esprits alors qu’un sommet de l’Eurogroupe va se tenir à 11h.

Cette semaine, « les banques grecques pourraient rester fermées »

Pour Axa IM, « les banques grecques (…) pourraient rester fermées toute la semaine. La Banque de Grèce demandera une importante rallonge à la BCE de l’enveloppe de l’aide d’urgence (ELA, actuellement de 90 Mds €) que la BCE ne pourra pas accepter. Si les négociations reprennent au cours de la semaine, la BCE pourrait augmenter légèrement l’ELA en s’en tenant à la politique prudente qu’elle appliquait avant le référendum. Cette ligne de conduite devrait perdurer jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé avec la Grèce et les contrôles des capitaux et dépôts resteront en place au moins jusqu’à cette date ».

Avant le 20 juillet : « négociation d’un prêt relais ou d’un troisième plan »

La BCE aura a en effet un rôle central dans le déroulement des événements à venir, alors que l’échéance d’un remboursement de 3,5 milliards d’euros approche à grands pas pour le 20 juillet.

Axa IM rappelle : « le deuxième plan de renflouement s’est officiellement achevé le 30 juin et aucune extension n’est possible. D’importants obstacles se dressent pour l’ouverture immédiate de négociations sur un troisième renflouement, comme une validation du Bundestag et d’autres parlements, et plus encore pour parvenir à un accord complet avant le 20 juillet, date de remboursement des 3,5 Mds € d’obligations détenues par la BCE ».

La même source poursuit : « si rien n’est impossible à qui en a la volonté politique, parvenir à un accord complet incluant une restructuration de la dette dans un délai aussi court parait une gageure. Il est donc possible que les négociations portent sur un crédit relais par le MES (Mécanisme Européen de Solidarité) qui permettrait à la Grèce d’assurer le service de sa dette pour une durée limitée (plusieurs mois), pendant que les discussions sur un troisième plan de renflouement seraient menées. Les conditions attachées à ce crédit relais seraient plus souples que celles du second renflouement. Limité à environ 20 Mds €, il permettrait à la BCE de maintenir à flot le système bancaire grec pendant les négociations, mais nécessiterait néanmoins l’approbation de plusieurs parlements ».

Axa IM met en garde sur le scénario d’un non-remboursement de la Grèce auprès de la BCE : « bien qu’une période de grâce limitée soit possible avant que les banques soient déclarées insolvables, il n’y a guère de doutes que cette situation ouvrirait la porte à un Grexit ».

A moyen terme : le scénario d’un Grexit est « crédible »

L’équipe de recherche et stratégie d’Axa Investment Managers estime que ce risque de « Grexit » peut être considéré comme sérieux, notamment en raison de l’attitude de l’Allemagne.

« La position stratégique prise par l’Allemagne ces dernières semaines – garder la Grèce au sein de la zone euro, mais pas à n’importe quel prix – ne devrait pas changer. Il se peut même que le public allemand et le Bundestag se montrent moins tolérants qu’avant, considérant que la volonté exprimée par le peuple grec (garder l’euro, sans les contraintes liées) est encore moins cohérente qu’en janvier. D’un autre côté, la France semble être plus disposée à un compromis, comme le Président Hollande l’a laissé entendre la semaine dernière. La rencontre des dirigeants français et allemands ce soir devrait probablement permettre de définir une base commune de négociation, mais les marchés observeront attentivement la position de chaque gouvernement au fur et à mesure des tractations. Les États-Unis vont probablement exercer plus de pression amicale sur l’Allemagne pour qu’elle accepte un compromis. Les dirigeants grecs, après avoir célébré leur victoire, pourraient se trouver embarrassés par l’ampleur de leur succès, qui laisse peu de marge pour négocier les conditions d’un accord ».

En somme, « les scénarios du Grexit et d’un troisième renflouement sont tous deux crédibles. La décision sera finalement politique, comme il était évident depuis le début. Si les partisans d’une ligne dure l’emportent, un autre moment aigu de la crise grecque est proche. Mais, à moins qu’aucun accord ne soit trouvé avant le 20 juillet, le prochain moment de tension de la crise grecque semble avoir été considérablement retardé ».

Pour les marchés, davantage de volatilité

Les marchés n’aiment pas l’incertitude, or le dossier grec se caractérise précisément par de nombreuses incertitudes. Même si les marchés ont plutôt bien digéré l’annonce du « non » au référendum lundi, les principaux indices boursiers européens ont tout de même perdu plus de 10% depuis leurs sommets d’avril, avant que le dossier grec redevienne critique.

Pour Axa IM : « La réaction immédiate des marchés au référendum est restée limitée, avec l’euro en recul de seulement 1% et des spreads périphériques s’écartant peu et principalement via une baisse des taux allemands. Les marchés devraient rester incertains jusqu’à plus de clarté sur la poursuite (ou non) de la négociation. Une fois celle-ci enclenchée, la volatilité pourrait augmenter, jusqu’à ce qu’un accord se dessine, probablement aux alentours du 20 juillet. Si un accord apparait crédible, les marchés tourneront leur attention vers le prochain sujet chaud : la politique de la Fed. Cependant, dans le cas d’un désaccord entre Allemagne et France ou, pire, d’un défaut de paiement le 20 juillet, les actifs à risque, y compris les obligations périphériques, pourraient être à nouveau malmenés, jusqu’à ce que la BCE et les responsables politiques de la zone euro révèlent leur jeu ».

X. Bargue

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  • Garasixt le mardi 7 juil 2015 à 15:08

    On peut aussi dire, un non au grexit est crédible. Les journalistes on du mal à trouver de nouveaux arguments sans nouvelles informations.

  • dmi70 le mardi 7 juil 2015 à 14:42

    garder l'Euro sans les contraintes liées?? Le PIB a baissé de 25% en 5 ans, 60% de la jeunesse au chômage et apparemment ça ne suffit pas pour nos chers allemands...

  • M1945416 le mardi 7 juil 2015 à 14:41

    Sur l'ensemble de la période de versement estimée, les retraites de la fonction publique représentent aujourd'hui un engagement total variant, selon le taux d'actualisation, de 1200 à 1400 milliards€. Autrement dit, l'Etat s'est engagé à verser à ses fonctionnaires une somme équivalent à 70% de la dette publique au titre des pensions.

  • M1945416 le mardi 7 juil 2015 à 14:40

    Dans ce tableau apocalyptique, d'autres données font froid dans le dos. A l'horizon 2050, par exemple, selon le taux d'actualisation, le besoin en financement du système de retraites publiques devraient osciller entre 62 et 68 milliards€. Un effort colossal à consentir pour une population très limitée.

  • M1945416 le mardi 7 juil 2015 à 14:40

    Autre chiffre choc: 30% de la dérive des dépenses de l'Etat depuis 2006 sont dus aux retraites des fonctionnaires. Sur les 26 milliards (1,3 point de PIB!) d'augmentation des dépenses de l'Etat, 8 milliards ont servi à financer le système de retraites du public. Cette augmentation a été totalement financée par la dette.

  • M1945416 le mardi 7 juil 2015 à 14:40

    france : 30% de la dérive des dépenses de l'Etat depuis 2006 sont dus aux retraites des fonctionnaires. Sur les 26 milliards (1,3 point de PIB!) d'augmentation des dépenses de l'Etat, 8 milliards ont servi à financer le système de retraites du public. Cette augmentation a été totalement financée par la dette.

  • mfouche2 le mardi 7 juil 2015 à 14:39

    Oui et alors ? Quant à la soit disant responsabilité des créanciers que la gauche met volontiers en avant pour exonérer les politiques (jamais responsables, jamais coupables ) de la resposnabilité de ruiner les pays en les endettant , elle est du même tonneau que pour les partiuliers qui se surendettent (les responsables sont ceux qui leur pretent ). A ce compte , il y a des catégorie de personnes a mettre sous tutelle car ils ne sont pas responsables de leurs actes , les politiques en premier.

  • M7403983 le mardi 7 juil 2015 à 14:37

    Qui connaît la dette cachée de la France !!!

  • tonfric le mardi 7 juil 2015 à 14:34

    les grecs vont mieux comprendre eux qui se croient si forts au poker !!!!!

  • M4382890 le mardi 7 juil 2015 à 10:39

    Le portugal l'italie l irlande et bientot la france ne doivent pas payer les erreurs des banques et entreprises