Grèce-Le président du Conseil européen n'exclut pas un autre sommet

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PARIS, 17 juillet (Reuters) - Le président du Conseil européen, Donald Tusk, n'exclut pas qu'il soit nécessaire d'organiser un nouveau sommet de la zone euro cet été si un blocage est constaté sur le dossier grec, qui est selon lui à très haut risque pour la stabilité de l'UE. Dans une interview publiée vendredi par Le Monde, l'ancien Premier ministre polonais revient sur les négociations qu'il a dirigées le week-end dernier et qui ont débouché lundi sur un accord à l'arraché prévoyant un troisième plan d'aide à la Grèce en échange de nouvelles mesures d'austérité économique. "Pour l'instant, cela fonctionne", dit Donald Tusk en référence au vote intervenu mercredi au Parlement grec. "Nous n'avons pas de garanties sur la suite. Il y a des chausse-trappes. Je ne peux pas exclure que nous n'ayons pas besoin d'un autre sommet cet été, mais j'espère que cela ne sera pas nécessaire", a-t-il ajouté. Il fait référence à de potentielles évolutions en Grèce et au vote de l'accord dans certains pays réticents mais aussi aux tractations sur le réaménagement de la dette grecque pour laquelle les dirigeants de la zone euro n'ont pas été précis. "La dette est un problème global. Nous devons ouvrir une discussion, l'envisager comme un défi continental européen. Mais il est trop tôt pour évoquer une conférence sur la dette", explique le président du Conseil européen. "Et je ne pense pas que nous devions centrer la discussion sur l'allégement de la dette grecque. Nous devons être prudents car ce débat est aussi risqué dans certains pays européens. Je ne veux pas avec ce sujet faire peur à des pays qui vont devoir à nouveau aider la Grèce", ajoute-t-il. Donald Tusk juge que l'option d'un "Grexit" provisoire défendue par le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble est "légitime et n'a rien d'extravagant". "Le rôle de M. Schäuble a été utile pour montrer à M. Tsipras qu'une option dramatique était aussi sur la table." Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a, selon lui, utilisé un discours "un peu anti-allemand" alors qu'il n'y a rien d'humiliant à recevoir quelque 80 milliards d'euros supplémentaires "à des conditions relativement raisonnables". Donald Tusk met aussi en garde contre le climat actuel. "A mon avis, l'atmosphère aujourd'hui est très similaire à 1968 en Europe. Je sens un état d'esprit, peut-être pas révolutionnaire mais d'impatience", dit-il. "Mais quand l'impatience devient un sentiment collectif, elle peut conduire à une révolution. Le chômage massif des jeunes est peut-être la raison la plus claire et visible." (Yves Clarisse, édité par Yann Le Guernigou)

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