Grèce-Le Pasok exclut de voter la confiance à Tsipras

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ATHENES, 16 août (Reuters) - Le Pasok, le parti socialiste grec, a annoncé dimanche qu'il ne soutiendrait pas le Premier ministre, Alexis Tsipras, si celui-ci organisait un vote de confiance après la rébellion d'une partie des élus de sa majorité contre le nouveau plan d'aide négocié avec les créanciers du pays. Alexis Tsipras a dû s'appuyer sur les groupes d'opposition, dont celui du Pasok, pour faire approuver vendredi par la Vouli ce troisième plan, d'un montant global de 86 milliards d'euro, un nombre sans précédent d'élus de son parti, Syriza, ayant choisi de voter contre ou d'abstenir. Cette fronde l'a conduit à envisager la possibilité d'un vote de confiance dans les prochains mois, qui ouvriraient la voie à des élections anticipées en cas d'échec. Dimanche, le Pasok a clairement dit que le soutien apporté au plan d'aide n'impliquait pas qu'il voterait la confiance au chef du gouvernement. Au contraire, il a directement mis en cause Alexis Tsipras et Panos Kammenos, le chef de file du parti de droite souverainiste des Grecs indépendants (Anel), le partenaire de coalition de Syriza. "Le gouvernement a signé le troisième plan d'aide, le plus coûteux. Toutes les conséquences néfastes pour le pays et ses citoyens portent les signatures de M. Tsipras et de M. Kammenos", a déclaré le parti socialiste dans un communiqué. "Nous n'avons aucune confiance dans le gouvernement Tsipras-Kammenos et bien sûr, nous ne la lui accorderons pas si on nous la demande." Le Pasok, qui fut longtemps le parti dominant de la gauche grecque mais ne compte plus aujourd'hui que 13 députés sur 300 au Parlement, n'a pas précisé s'il voterait contre ou s'il s'abstiendrait en cas de vote de confiance. Vendredi, les députés Syriza ont été moins de 120 à voter en faveur du plan d'aide, un nombre qui ne suffirait pas au gouvernement Tsipras pour survivre à un vote de confiance si une partie de l'opposition s'abstenait. Le plus important parti d'opposition, Nouvelle Démocratie (ND, droite) a lui aussi annoncé qu'il ne voterait pas la confiance à Alexis Tsipras. Les sondages montrent que le Premier ministre reste populaire dans l'opinion publique grecque, en dépit de la fermeture des banques pendant trois semaines et du maintien du contrôle des capitaux. Ce soutien des électeurs suscite des doutes sur l'opportunité pour l'opposition de conduire le pays à des législatives anticipées. Une source gouvernementale a déclaré dimanche qu'Alexis Tsipras organiserait après le 20 août -- date à laquelle Athènes doit rembourser 3,2 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE) -- une série de réunions afin de "décider de nouvelles initiatives". (Karolina Tagaris, Marc Angrand pour le service français)

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