Grèce-Le compte à rebours sur la liquidité d'urgence enclenché

le , mis à jour à 17:39
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* Les banquiers centraux se préparent à un retrait de l'ELA * Le soutien de la BCE critique pour les banques et l'économie * Un sursis de quelques semaines par John O'Donnell FRANCFORT, 12 juin (Reuters) - Les banquiers centraux de la zone euro n'excluent pas de retirer les financements d'urgence (ELA) consentis aux banques grecques en l'absence d'un accord entre Athènes et ses créanciers qui permette à la Grèce d'éviter de faire défaut sur sa dette. Avec l'enlisement des négociations, La BCE et les banques centrales de la zone euro maintiennent la Grèce et son système bancaire à flot par l'octroi de liquidités d'urgence dont le plafond a été porté à 83 milliards d'euros. Des sources au fait des discussions entre les dirigeants de la BCE et les gouverneurs des 19 banques centrales de la zone euro ont dit à Reuters que les banquiers centraux se préparaient à revenir sur l'ELA si aucun accord politique n'était conclu. "Tant que les discussions sont en cours avec quelque espoir d'un accord, ce serait une folie de la part de la BCE de retirer l'ELA", a dit une source au fait des discussions. "Si la Grèce se déclarait en défaut, tout changerait. Il serait très difficile pour la BCE d'autoriser des financements avec des collatéraux d'un débiteur en défaut." D'autres sources au fait du dossier partagent ce point de vue. "Un plafonnement de l'ELA et un contrôle des capitaux ne sont qu'une question de temps", a dit l'une d'elle à Reuters en précisant qu'un défaut serait le moment crucial. La perspective d'un arrêt du soutien de la BCE accentue la pression sur le Premier ministre grec pour qu'il accepte un accord avec ses créanciers et obtienne de l'argent frais en échange des réformes qu'ils exigent. Sans financement de la banque centrale pour soutenir des banques grecques affaiblies et confrontées à une fuite des dépôts, une limitation des retraits serait inévitable. Le tarissement des prêts et des flux monétaires porterait un coup fatal à une économie déjà chancelante. DERNIÈRE CHANCE L'octroi de liquidités d'urgence aux banques grecques n'est pas sans faire débat au sein de la BCE et son président Mario Draghi y a fait allusion récemment. "Nous devrons revoir (...) comment sont les choses, quel est l'état des négociations, quel est l'état des marchés. En d'autres termes, comment l'évolution (...) affecte la qualité de la dette grecque", a-t-il dit à des journalistes. Pour l'heure, les critiques n'ont pas élevé la voix, selon une source qui assiste aux réunions bimensuelles des dirigeants des banques centrales de la zone euro à Francfort. Ils veulent laisser à Athènes une dernière chance de parvenir à un accord dans les quinze prochains jours. La Grèce doit rembourser 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international d'ici la fin juin si elle veut éviter un défaut qui pourrait la pousser hors de la zone euro. Même à ce stade, certains pourraient encore plaider la clémence. "Il n'y a pas de connexion automatique entre, disons, un défaut du gouvernement grec et l'insolvabilité des banques grecques", a dit récemment le vice-président de la BCE, Vitor Constancio, à des journalistes. Elles pourraient donc continuer à bénéficier de financements de la banque centrale, les banques considérées comme "solvables" le pouvant. Mais cela deviendrait presque certainement impossible si la Grèce n'honorait pas le remboursement de 3,5 milliards d'euros d'obligations dû à la BCE le 20 juillet et d'une autre échéance de 3,2 milliards le 20 août. "Le facteur déclenchant pour un examen sérieux du soutien à la Grèce via les fonds d'urgence et du collatéral grec serait un manquement de la Grèce sur ses échéances vis-à-vis de la BCE", a dit l'une des sources. "Le sentiment est que nous avons fait tout ce que nous pouvions et maintenant la balle est dans leur camp", a dit un représentant d'une des banques centrales. La patience des banquiers centraux a aussi atteint ses limites. Voir aussi : EXCLUSIF-La zone euro évoque un défaut grec ID:nL5N0YY2EU (Marc Joanny pour le service français, édité par Patrick Vignal)

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