Grèce: la zone euro s'impatiente

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LA ZONE EURO MONTRE SON IMPATIENCE À LA GRÈCE
LA ZONE EURO MONTRE SON IMPATIENCE À LA GRÈCE

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro ont fait savoir samedi à la Grèce qu'ils ne pouvaient donner leur feu vert à la restructuration de sa dette détenue par le secteur privé en l'absence de garanties sur les mesures jugées nécessaires à l'octroi d'un deuxième plan d'aide international.

Les ministres espéraient se réunir lundi pour finaliser ce second plan d'aide de 130 milliards d'euros qui doit être mis en oeuvre d'ici à la mi-mars pour éviter une faillite des comptes publics, mais le rendez-vous a été reporté du fait des réticences d'Athènes à s'engager en faveur des réformes demandées. La réunion a été remplacée par une conférence téléphonique.

"Tous les participants de la téléconférence ont adressé un message très clair aux Grecs: ça suffit", a déclaré un membre de l'Eurogroupe. "Il y a beaucoup de frustration parce qu'ils traînent les pieds."

"Ils doivent se décider et commencer à parler honnêtement, de façon décisive et rapide avec la troïka des aspects du programme qui restent à finaliser, comme les reformes fiscales et celles du code du travail", a-t-il ajouté.

La troïka, formée de représentants du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne, a préparé un plan de restructuration de la dette grecque dont dépend l'octroi du deuxième plan d'aide.

VÉNIZELOS POINTÉ DU DOIGT

Le secteur privé devrait accepter une décote de l'ordre de 70% de ses obligations dans le cadre du programme d'échange de dette. Cette mesure permettra de faire baisser de 100 milliards d'euros l'endettement de la Grèce, qui représente actuellement 160% de son produit intérieur brut (PIB).

Les créanciers internationaux réclament que les partis représentés au parlement grec s'engagent entre autres sur une diminution du salaire minimum et sur une réduction des primes de congés payés dans le secteur privé, mais Athènes redoute une aggravation de la récession et des mouvements sociaux.

Les ministres des Finances de la zone euro jugent en outre que leur homologue grec Evangélos Vénizelos se soucie davantage des élections d'avril que de la situation financière.

"Il y a beaucoup de frustration en ce qui concerne le ministre Vénizelos, qui est très difficile à mobiliser parce qu'il est très pris par la campagne pour la direction du Pasok. IL n'est donc pas disponible pour rencontrer les membres de la troïka.

"Il prépare son propre avenir politique, plutôt que celui de son pays", a déploré le responsable de l'Eurogroupe.

L'intéressé a quant à lui parlé de "grande impatience et de fortes pressions, non seulement de la part des trois institutions qui composent la troïka, mais aussi des Etats membres de la zone euro". Evangélos Vénizélos a également reconnu que la conférence téléphonique avait été "très difficile".

"Le moment est décisif. Tous doit être conclu avant demain soir", a-t-il souligné.

Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, n'a quant à lui pas écarté l'hypothèse d'une faillite des comptes publics grecs. "Si nous devions établir que tout s'est mal passé en Grèce, il n'y aurait pas de nouveau programme (d'aide) et cela signifierait qu'ils devraient se déclarer en banqueroute en mars", a-t-il déclaré.

Jean-Philippe Lefief pour le service français

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