Grèce-L'offre de Samaras rebat les cartes au parlement

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par Angeliki Koutantou ATHENES, 22 décembre (Reuters) - La proposition surprise du Premier ministre Antonis Samaras d'organiser un scrutin législatif fin 2015 en échange de l'élection d'un président par les députés, rebat les cartes à la veille du second tour de la présidentielle mardi. Il sera néanmoins très difficile qu'un successeur soit trouvé mardi au président sortant Karolos Papoulias, seule une poignée de députés sans étiquette ayant promis pour le moment de voter en faveur du candidat présenté par la coalition de gouvernement, l'ancien commissaire européen et ancien ministre Stavros Dimas. Si aucun président n'est élu au plus tard lors du troisième et dernier tour le 29 décembre, le parlement est mécaniquement dissous et des élections législatives devront être organisées début février. Or, le parti de gauche radicale Syriza, qui rejette les mesures d'austérité adoptées ces dernières années en échange du plan d'aide international, est donné gagnant par les derniers sondages. Syriza a vu son avance diminuer ces dernières semaines mais ce parti anti-austérité a tout de même trois à quatre points d'avance sur la coalition de gouvernement, selon une enquête rendue publique samedi. Le chef de Syriza, Alexis Tsipras, s'est employé à rassurer les marchés en déclarant qu'il n'annulerait pas unilatéralement le plan de renflouement de la Grèce mais il assure vouloir effacer une bonne part de la dette grecque dans le cadre d'une renégociation du plan. Les médias grecs rapportent lundi que Stavros Dimas pourrait obtenir 169 voix au second tour mardi, soit neuf de plus qu'au premier tour mais encore loin des 200 qu'il faudrait pour qu'il puisse être élu à ce stade. Au troisième tour, le seuil sera abaissé à 180. L'OFFRE DE SAMARAS REJETÉE "Il y a déjà quelques voix de plus en faveur (de Dimas) mais je pense que les chances de voir un président être élu (mardi) sont extrêmement faibles", a déclaré lundi Costas Panagopoulos, directeur de l'institut de sondage ALCO, dont le siège est à Athènes. Le vote débutera mardi à midi heure locale (10h00 GMT) et le résultat devrait être connu une heure plus tard environ. S'il y a fort peu de chances de voir Dimas élu mardi, le résultat de ce vote donnera des indications sur ses chances au troisième tour le 29 décembre. Le résultat de cet ultime tour dépendra de l'attitude d'une vingtaine d'élus indépendants et de possibles dissidents parmi les 22 députés que comptent deux partis - la Gauche démocratique et les Grecs indépendants (nationaliste). Au premier tour, seuls cinq élus sans étiquette avaient voté pour Stavros Dimas. Les marchés financiers et les partenaires européens de la Grèce, qui voient d'un mauvais oeil la perspective d'une victoire de Syriza à des législatives anticipées, suivront de près le scrutin. Antonis Samaras, dont le mandat s'achève normalement à la mi-2016, a exhorté dimanche les parlementaires à le soutenir, promettant de faire entrer au gouvernement des indépendants pro-européens et d'organiser des législatives fin 2015 en échange de l'élection de Stavros Dimas. Syriza, principal parti d'opposition de gauche au gouvernement de coalition constitué par la Nouvelle démocratie (droite) et le Pasok (centre gauche), a rejeté l'offre du Premier ministre, de même que la Gauche démocratique et les Grecs indépendants. (Eric Faye pour le service français)

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