Grèce-Fonctionnaires et pharmaciens en grève contre l'austérité

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ATHENES, 15 juillet (Reuters) - Fonctionnaires et pharmaciens se sont mis en grève mercredi en Grèce pour protester contre l'accord conclu avec les créanciers qui impose des mesures d'austérité supplémentaires en échange d'un nouveau plan d'aide. Quelques milliers de personnes ont défilé mercredi matin dans le centre d'Athènes pour demander le rejet de l'accord conclu lundi à Bruxelles, sur lequel le parlement grec doit se prononcer en fin de journée, et dire "non" aux politiques de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international. D'autres manifestations sont prévues plus tard dans la journée mais la réaction de la rue aux nouvelles mesures d'austérité, pourtant rejetées à une large majorité lors du référendum du 5 juillet, a jusqu'à présent été limitée et à en croire un sondage publié mardi, 70% des Grecs souhaitent la ratification de l'accord par le parlement. Les syndicats et l'aile la plus à gauche du parti au pouvoir Syriza ont en revanche vilipendé les exigences des créanciers, jugées punitives et contraires aux programme d'Alexis Tsipras, élu sur la promesse de mettre fin à l'austérité et aux plans de sauvetage. "(L'accord) contredit le programme présenté avant les élections donc les mesures (d'austérité) ne devraient pas être approuvées ou, si elles le sont, ne devraient pas être mises en oeuvre", résume Christos Vagenas, un fonctionnaire de 40 ans qui a voté pour Syriza en janvier. Alexis Tsipras a lui-même admis mardi soir à la télévision qu'il "ne croyait pas" en l'accord qui lui a été imposé par les créanciers, tout en expliquant qu'il n'avait pas d'autre choix que celui de l'appliquer sous peine de voir la Grèce sortir de la zone euro. Les pharmaciens, qui subissent les conséquences du contrôle des capitaux et de la fermeture des banques décidée fin juin, protestent contre la libéralisation de leur secteur d'activité prévue en contrepartie du plan d'aide, en estimant que cela aura pour conséquence de permettre à des personnes non diplômées de gérer une pharmacie. Selon un porte-parole de leur syndicat, ils s'inquiètent aussi de l'intention affichée des institutions européennes d'ouvrir des discussions sur la libéralisation de la vente de médicaments disponibles sans ordonnance, jusqu'à présent limitée aux pharmacies dont ils représentent environ 25% du chiffre d'affaires. (Lefteris Karagiannopoulos; Tangi Salaün pour le service français) )

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