Grèce : échec de l'élection présidentielle et inquiétude des marchés

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La Bourse d'Athènes subit un krach boursier lundi 29 décembre à cause des incertitudes politiques qui se confirment.
La Bourse d'Athènes subit un krach boursier lundi 29 décembre à cause des incertitudes politiques qui se confirment.

L'élection du nouveau Président grec s'est soldée par un échec lundi matin. Cette nouvelle, relativement peu surprenante alors que la forte probabilité d'une impasse politique était évoquée depuis le début du mois de décembre, crée néanmoins la panique des opérateurs.

La fin de l'année est décidément chahutée en Bourse. Après les inquiétudes sur le rouble et le pétrole début décembre, ce sont de nouveau les inquiétudes au sujet de la Grèce qui paralysent les investisseurs.

Echec du vote

Les résultats du vote étaient attendus lundi matin peu après 11h (heure française). Stavros Dimas, présenté comme le candidat le plus conventionnel pour remplir le poste honorifique de Président, n'est pas parvenu à réunir les 180 voix qu'il devait rassembler pour obtenir une majorité d'au moins 60% de l'hémicycle. Cela se traduira par de nouvelles élections législatives au cours du mois de janvier, au cours desquelles le parti d'extrême gauche Syriza devrait avoir le vent en poupe.

Lors des deux précédents tours de l'élection, Stavros Dimas avait récolté 160 voix le 17 décembre, puis 168 le 23 décembre. Il lui en fallait alors au moins 200 (deux tiers de l'Assemblée) pour être élu. Le nombre nécessaire de voix n'ayant pas été obtenu, le troisième et dernier tour de l'élection a donc eu lieu lundi 29 décembre.

Chute de la Bourse grecque

On pouvait s'attendre à ce que les marchés réagissent peu à l'échec de l'élection, les opérateurs se montrant généralement prévoyants et anticipant les nouvelles. Cela n'a pourtant pas été le cas cette fois-ci. Malgré l'annonce anticipée d'un probable échec, la confirmation de celui-ci a provoqué de nouvelles ventes en panique sur les marchés.

L'indice Athex de la Bourse grecque s'effondrait ainsi dès l'ouverture de 5%, puis de 7,5% dans l'attente du vote entre 10h et 11h. Alors que l'échec du vote se dessinait, la chute s'accentuait à exactement 10% à 11h30, puis à plus de 11% 11h40.

Un tel krach boursier reste un événement rarissime en pleine période des fêtes de fin d'année, où la volatilité et les volumes d'échanges sont généralement faibles.

Depuis le début du mois de décembre, la Bourse grecque chute désormais de plus de 20%. Le 9 décembre, jour d'annonce de l'élection présidentielle anticipée, l'Athex avait marqué sa plus forte baisse depuis 1987 avec une chute de l'indice de 12,78% en une seule séance.

Les marchés d'Europe entraînés par la tourmente

L'effondrement de la Bourse grecque entraînait dans son sillon la Bourse espagnole (Ibex : -1,70% à 11h40), italienne (FTSE MIB : -2,41% à 11h40) ainsi que la Bourse russe soumise à une intense spéculation depuis le début du mois (RTS : -2,04% à 11h40).

Le CAC40 résiste bien au choc malgré quelques turbulences en matinée (-1% à 11h36).

Rattrapage en fin de journée

Vers 12h, les marchés se stabilisaient en partie. Le CAC40 revenait à l'équilibre tandis que l'Athex réduisait ses pertes à 8,17%. À 14h, les rachats à bon compte parvenaient à ramener l'indice grec à -6% tandis que les autres places européennes accentuaient légèrement leurs pertes. L'indice russe se contractait de plus de 3% et l'Ibex espagnol perdait plus de 2%. Le CAC40 était quant à lui en baisse de 0,80% et le Dax allemand baissait de 0,89%.

En fin de journée, le retour au calme était de mise. L'Athex a finalement clôturé en baisse de "seulement" 3,91% lundi, signant un rebond très significatif par rapport à ses plus bas de la matinée. A l'inverse, la Bourse russe a continué son plongeon, clôturant à -4,04%. Les autres bourses européennes sont généralement revenues à un niveau proche de l'équilibre, le CAC40 clôturant à +0,51%, le Dax à +0,05% et l'Ibex à -0,84%.

Xavier Bargue

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  • pierry5 le mardi 30 déc 2014 à 10:01

    L'Europe craque de tous les côtés sauf dans certains pays de l'Est qui sont aidés au maximum dont certains ne font même pas encore partie de la CEE.

  • M2766070 le lundi 29 déc 2014 à 20:22

    m585 je vous suis.. mais y a pas que l europe, les lobby vont cacher leur argent ailleurs... dans des iles ....et depuis ces lieux dictent leur lois...

  • M2766070 le lundi 29 déc 2014 à 20:20

    et il est bien possible que commence (enfin) le démantèlement de l~€uro ... UPR Vite!!!

  • M2766070 le lundi 29 déc 2014 à 20:16

    heu clebs93 vous etes sérieux là? quand c est la goch , y a plus de bank ni d investisseur , QUE des spéculateurs !!!et plus de marge de manœuvre...

  • clebs93 le lundi 29 déc 2014 à 14:40

    Pourquoi parler d'échec ? C'est une très bonne nouvelle au contraire. Et si Syriza gagne les législatives, ce sera une super nouvelle. Tremblez, banquiers et spéculateurs !

  • EuropeGa le lundi 29 déc 2014 à 14:36

    @M585... Ta remarque sur les multi nationales est très juste, il faut donc adapter notre fiscalité... mais c'est l'UE qui nous empêche de le faire.

  • manwhere le lundi 29 déc 2014 à 14:35

    1 milliards négocié à 14h30...vous avez une drôle d'interprétation de la panique.......

  • EuropeGa le lundi 29 déc 2014 à 14:31

    @M585... Ta solution est idéale dans l'absolu, mais impossible à réaliser. Les peuples européens sont trop différents. Peut-être dans 100 ans ... et encore.

  • gchevrie le lundi 29 déc 2014 à 14:31

    les manipulateurs sont à l'oeuvre , s'en foutent plein les poches en s'aidant du tam tam médiatique qui , lui , n'adore que 2 choses faire peur et engendrer des polémiques .

  • EuropeGa le lundi 29 déc 2014 à 14:29

    @Opapaud Notre principal partenaire commercial étant l'Allemagne, une sortie de l'euro nous donnerait un franc plus faible que le mark (environ 60%) et rétablirait ainsi notre compétitivité par rapport à notre voisin.