Grèce-Echec à Bruxelles, la décision renvoyée à l'Eurogroupe

le , mis à jour à 20:19
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(Actualisé tout du long) par Jan Strupczewski et Renee Maltezou BRUXELLES/ATHENES, 14 juin (Reuters) - Les négociations menées ce week-end à Bruxelles entre les représentants du gouvernement grec et ceux des créanciers internationaux ont débouché sur un nouvel échec et la décision définitive sur un éventuel défaut de la Grèce sur sa dette appartient désormais à l'Eurogroupe qui doit se réunir jeudi, a annoncé la Commission européenne dimanche. La Grèce doit rembourser au 30 juin 1,6 milliard d'euros dus au Fonds monétaire international ou se déclarer en défaut de paiement, une situation inédite pour un pays de la zone euro susceptible de mettre en péril son maintien dans l'Union économique et monétaire européenne. A l'issue de ce nouveau tour de table, la Commission européenne a entériné un constat d'échec. "Le président (de la Commission européenne Jean-Claude) Juncker a mené une dernière tentative ce week-end pour trouver, via ses émissaires personnels et en étroite liaison avec les experts de la Commission, de la BCE et du FMI, une solution avec le Premier ministre (grec Alexis) Tsipras qui aurait permis une évaluation positive à temps pour l'Eurogroupe du jeudi 18 juin", indique la Commission. "Bien que des progrès aient été enregistrés, les négociations n'ont pas abouti et il demeure un écart important entre les projets des autorités grecques et les demandes communes de la Commission, de la BCE et du FMI au sujet des mesures permanentes d'économie budgétaire de 0,5 à 1% du PIB, soit l'équivalent de deux milliards d'euros par an", poursuit la Commission. "De plus, les propositions grecques demeurent insuffisantes. Sur cette base, de nouvelles discussions auront maintenant lieu à l'Eurogroupe", conclut la Commission. Plus tôt dans la journée, un responsable gouvernemental grec avait annoncé que les négociateurs d'Athènes avaient présenté de nouvelles propositions à leurs créanciers, tout en rappelant qu'il n'était pas possible d'accepter les demandes concernant une réduction des retraites, une baisse des salaires et une hausse de la TVA sur l'électricité. Il s'agit de "propositions qui ouvrent la voie à un accord définitif couvrant les trois aspects - budget, financement et croissance", avait ajouté ce responsable. LASSITUDE DES EUROPÉENS Dans son édition dominicale, le quotidien allemand Frankfurt Allgemeine Zeitung affirmait que Jean-Claude Juncker avait spécifiquement prévenu Alexis Tsipras des risques d'un "Grexit", ou sortie de la Grèce de la zone euro, lorsque les deux hommes se sont rencontrés, jeudi dernier à Bruxelles. Le même soir, selon des sources européennes, des représentants européens réunis à Bratislava ont évoqué formellement et pour la première fois le scénario d'un défaut de paiement grec. "Pour la première fois, il y a eu une discussion sur un 'plan B' pour la Grèce", a précisé une de ces sources. Dans cette éventualité, Athènes serait sans doute contraint de mettre en oeuvre des mesures de contrôle des capitaux et de limiter les retraits bancaires pour éviter un mouvement de panique. (voir ID:nL5N0YY2EU ) Tsipras avait de son côté fait savoir qu'il avait indiqué à son équipe de négociateurs, avant qu'ils ne se rendent à nouveau samedi à Bruxelles, qu'il était prêt à des compromis douloureux à condition d'obtenir en retour un allègement significatif de la dette colossale accumulée par la Grèce (175% de son PIB), une option à laquelle s'oppose fermement l'Allemagne. (voir ID:nL5N0YZ0F9 ) Tout au long du week-end, les discussions sont demeurées "difficiles" en raison de "positions très éloignées", selon un responsable de l'Union européenne. Signe de l'impatience qui commence à gagner en Allemagne, le chef de file des sociaux-démocrates, Sigmar Gabriel, vice-chancelier dans le gouvernement de coalition d'Angela Merkel, a fait part de sa lassitude face aux échecs répétés de conciliation. "Non seulement, le temps est compté mais la patience s'amenuise dans toute l'Europe", écrit-il dans le journal Bild. "Partout en Europe, le sentiment croissant est que maintenant ça suffit", ajoute-t-il. "La menace d'une sortie de la Grèce de la zone euro prend une forme de plus en plus claire," poursuit Gabriel qui figurait parmi les derniers soutiens sur lesquels Athènes pouvait compter en Europe. "Les tentatives successives de parvenir à un accord commencent à faire apparaître comme ridicule l'ensemble du processus", poursuit-il. "Il y a de plus en plus de gens qui ont le sentiment que le gouvernement grec les mène en bateau", conclut-il. (Jan Strupcewski avec Renee Maltezou à Athènes; Henri-Pierre André pour le service français)

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