Grèce-Deux partis d'opposition en quête d'une coalition

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ATHENES, 22 août (Reuters) - Les responsables de l'opposition grecque ont entrepris samedi la tâche laborieuse de tenter de former un nouveau gouvernement, perspective qui paraît plus qu'improbable au vu des divergences qui opposent leurs formations. Les deux grands partis de l'opposition, la Nouvelle démocratie (ND, droite) et la toute nouvelle Unité populaire (dissidents de Syriza, gauche anti-austérité) entendent exercer leur droit constitutionnel à négocier pendant trois jours sur une possible nouvelle coalition. Lorsque le Premier ministre Alexis Tsipras (Syriza) a présenté sa démission jeudi, il avait en tête la tenue rapide de législatives anticipées, en septembre, dans l'espoir de retrouver une majorité et de revenir au pouvoir fort d'un mandat pour mettre en application le troisième plan d'aide international à la Grèce. La ND et Unité populaire ne partagent cependant pas son sens de l'urgence. Le chef de file de ND, Evangelos Meimarakis, a rencontré samedi le dirigeant d'Unité populaire, Panagiotis Lafazanis. Les deux hommes défendent des points de vue très différents sur le nouveau plan d'aide: Meimarakis en est partisan, tandis que Lafazanis estime que "soit nous en finissons avec les plans de renflouement, soit les plans de renflouement auront raison de la Grèce". DIVERGENCES "INSURMONTABLES" Leurs discussions, de ce fait, n'ont mené nulle part. "Nos divergences avec la Nouvelle démocratie sont insurmontables, chaotiques", a dit Lafazanis après la rencontre. "Il n'existe absolument aucun terrain d'entente pour coopérer avec les partis qui ont voté en faveur des plans d'aide", a-t-il précisé. En disant cela, il excluait de passer un accord avec cinq partis: Syriza, Anel (Grecs indépendants, partenaires de coalition de Syriza) et trois partis de l'opposition, dont la ND et les socialistes du Pasok. Lafazanis insiste cependant pour utiliser ses trois jours pour tenter de trouver une coalition anti-austérité et anti-plans d'aide. Cela limite ses possibilités aux communistes et à Aube dorée, parti d'extrême droite boudé par tout le reste de la classe politique. Ensemble, ces partis que l'on imagine difficilement ensemble ne contrôlent que 57 des 300 sièges au parlement. Syriza, qui disposait de 149 sièges avant que 25 députés "frondeurs" ne désertent ses rangs pour fonder Unité populaire sous la houlette de Lafazanis, demeure de loin le plus important parti au parlement, mais il n'a pas la majorité à lui seul et quoi qu'il en soit, il est très peu probable qu'il souhaite un nouvel accord de coalition, car il ambitionne de gouverner seul. Si aucun des trois grands partis - Syriza, Nouvelle démocratie et Unité populaire - ne peut former une coalition, le chef de l'Etat grec, Prokopis Pavlopoulos, pourrait dès le milieu de la semaine prochaine décréter des élections législatives anticipées, qui devraient avoir lieu dans les 30 jours. (George Georgiopoulos et David Stamp; Eric Faye pour le service français)

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