Grèce-Des réfugiés fuient un camp à 60% détruit par un incendie

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 (Actualisé avec arrestations, précisions) 
    ATHENES, 20 septembre (Reuters) - Des milliers de personnes 
ont fui un camp de migrants installé sur l'île grecque de Lesbos 
ravagé par un incendie dans la nuit de lundi à mardi alors que 
des heurts avaient éclaté entre les occupants, a annoncé la 
police grecque. 
    L'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a estimé 
que l'incendie était le résultat de la précarité des conditions 
de vie dans le camp et de l'incertitude qui pèse sur l'avenir 
des réfugiés. 
    "L'incendie d'hier soir est le symbole de l'insuffisance de 
la réponse européenne à la crise des réfugiés", a renchéri Panos 
Navrozidis, directeur du Comité international de secours (IRC) 
en Grèce. 
    A Athènes, un responsable de la police a indiqué que deux 
brigades de policiers anti-émeutes avaient été envoyées sur 
l'île pour ramener le calme. 
    La cause exacte de l'incendie reste inconnue. Selon la 
presse grecque, les affrontements se sont produits après une 
rumeur selon laquelle plusieurs centaines de personnes allaient 
être expulsées du camp de Moria. 
    Le camp est détruit à près de 60% et presque tout le monde a 
évacué le site, notamment les enfants non accompagnés qui ont 
été relogés dans d'autres camps, a déclaré un policier ayant 
requis l'anonymat. 
    Selon le ministre grec chargé de la police, Nikos Toskas, 
environ 150 tentes ont été brûlées et les autorités ont commencé 
dès mardi à en installer de nouvelles. 
    Au moins neuf personnes ont été arrêtées pour dégradation de 
biens et troubles à l'ordre public et certaines d'entre elles 
devraient être présentées à un juge, a déclaré un responsable de 
la police à Athènes. 
    Plus de 5.700 réfugiés et migrants se trouvent sur l'île de 
Lesbos, bloqués par l'accord conclu en mars dernier entre 
l'Union européenne et la Turquie qui les empêche d'aller plus 
loin tant que leur demande d'asile n'est pas traitée. Ceux dont 
le dossier est rejeté sont refoulés vers la Turquie. 
    "Ils ne savent pas quand leur demande d'asile sera traitée; 
certains estiment ne pas avoir suffisamment d'information", a 
déclaré Roland Schönbauer, un porte-parole du HCR en Grèce. 
"L'attente les rend malades." 
    Selon Panos Navrozidis, de l'IRC, le traitement préférentiel 
dont bénéficient certaines nationalités pendant l'examen "opaque 
et incohérent" de leurs demandes a aussi accru les tensions 
entre groupes de réfugiés.  
    Malgré le ralentissement des arrivés de Turquie par rapport 
à l'an dernier, plus de 13.500 migrants et réfugiés vivent dans 
les îles de la mer Egée, pour une capacité de 7.450. 
    Au total, en comptant les îles, 60.000 migrants et réfugiés 
sont bloqués en Grèce, pour la plupart de nationalité syrienne, 
irakienne ou afghane. 
 
 (Karolina Tagaris, avec Renee Maltezou; Danielle Rouquié et 
Tangi Salaün pour le service français) 
 
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