Grèce-Croissance inattendue de 0,8% au 2e trimestre

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(Actualisé avec des précisions, citation d'économiste) par George Georgiopoulos ATHENES, 13 août (Reuters) - La Grèce a renoué avec la croissance contre toute attente au deuxième trimestre, malgré des négociations très tendues avec ses créanciers et la menace d'une sortie de la zone euro, montrent des statistiques publiées jeudi. C'est une bonne nouvelle pour le gouvernement de gauche radicale du Premier ministre Alexis Tsipras, d'autant que le service de la statistique Elstat a également révisé le chiffre du premier trimestre en annonçant une croissance nulle, alors que les chiffres publiés jusqu'à présent donnaient une contraction de 0,2%. Cette révision implique que la Grèce n'a pas renoué en début d'année avec la récession dont elle était sortie l'an passé. La ligne dure anti-austérité adoptée par le gouvernement Tsipras arrivé au pouvoir fin janvier donnait à croire que la glissade primitivement annoncée par l'Elstat pour le premier trimestre s'était encore accentuée au cours trois mois suivants. Le produit intérieur brut (PIB) a au contraire crû de 0,8% en données corrigées des variations saisonnières (CVS) au deuxième trimestre en première estimation, alors que les économistes interrogés par Reuters anticipaient une contraction du PIB de 0,8%. Aucun élément d'explication n'a été fourni pour expliquer cette croissance inattendue mais des analystes disent que certains secteurs, et en premier lieu le tourisme, ont surmonté l'incertitude née de mois de négociations tendues avec les créanciers internationaux. "Certains indicateurs de l'activité économique du deuxième trimestre, la consommation, la production industrielle et le tourisme, ont particulièrement résisté", dit Nikos Magginas, économiste de la Banque nationale de Grèce. "Cela explique cet étonnant chiffre du PIB du deuxième trimestre". Ces chiffres permettent d'être un peu plus optimiste pour l'ensemble de l'année 2015 et la perspective d'une contraction de moins de 2% en devient "réaliste", ajoute Nikos Magginas. D'après les hypothèses de base retenues par l'accord de renflouement conclu entre Athènes et les créanciers internationaux, sur lequel le Parlement grec doit statuer dans la nuit, la Grèce subirait une contraction de 2,1% à 2,3% cette année. Le pays était sorti de six années de récession ininterrompue l'an dernier mais il avait subi une contraction au dernier trimestre 2014. Plus récemment -- et ce n'est pas pris en compte dans la statistique de jeudi -- l'activité économique a pâti de la mise en place d'un contrôle des capitaux le 29 juin et de la fermeture des banques durant trois semaines qui a suivi. En rythme annuel, le PIB affiche pour le deuxième trimestre une croissance de 1,4%, toujours en première estimation, après +0,5% au trimestre précédent. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)

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