Gravelines, le dauphin qui veut rester dans l'ombre

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Gravelines, le dauphin qui veut rester dans l'ombre
Gravelines, le dauphin qui veut rester dans l'ombre

Deuxième de Pro A derrière l'ASVEL, Gravelines, qui reçoit Pau-Lacq-Orthez lundi, est l'une des surprises du début de saison. Mais dans le Nord, où on a déjà connu quelques désillusions, on ne veut pas voir plus loin que le prochain match.

Gravelines a activé la machine à remonter le temps en cette fin 2015. Après deux saisons terminées dans un relatif anonymat (12eme en 2013-2014, 9eme en 2014-2015), le BCM est de retour au sommet de la Pro A, comme à ses plus belles heures, de 2011 à 2013, lorsqu’il avait survolé le championnat… avant de s’incliner au premier tour des play-offs. Sèchement battu 85-66 à Strasbourg lundi dernier, après avoir « craqué mentalement » dans le dernier quart, dixit le coach et les joueurs, Gravelines est tout de même deuxième du classement, juste derrière l’ASVEL, avec 8 victoires pour 3 défaites. « Je ne commente pas les bilans intermédiaires. Quand on est en compétition, on ne peut pas se retourner pour être satisfait, inquiet ou frustré. On peut se frustrer ponctuellement d’une performance moins bonne. On a la tête dans la guidon, il faut avancer », commente Christian Monschau, entraîneur du BCM depuis 2008.

Dans ce championnat de France traditionnellement très serré, où le tenant du titre est actuellement 10eme et les promus 3eme et 8eme, mieux vaut en effet ne pas s’enflammer trop vite. « On fait notre truc dans notre coin, on ne fait pas attention à ce qui se dit. Qu’on nous attende ou pas, ça ne va rien changer, car on va se concentrer sur ce qu’on doit faire. Contre Strasbourg, c’était un accident. On était sur une série de cinq victoires d’affilée, ça fait du bien parfois d’avoir des rappels. Il ne faut pas se relâcher. Ça ne remet pas du tout en cause notre bon début de saison », reconnait Andrew Albicy, l’un des cadres du vestiaire, qui dispute sa troisième saison dans le Nord (après 2011-12 et 2014-15).

Un recrutement intelligent

Le meneur de 25 ans, qui tourne à 11 points et 6,5 passes de moyenne (« ce n’est pas assez ») et qui disputera son 5eme All Star Game le 30 décembre, s’attendait à un aussi bon début de saison. « Avec le groupe qu’on a et vu comment on vit ensemble, je ne m’inquiétais pas. On a une équipe qui a été bien faite, avec des joueurs d’expérience. On a aussi appris de l’année dernière, pour ceux qui étaient là. On est beaucoup plus revanchards par rapport à ça. » L’an passé, le BCM avait été présent dans le Top 8 pendant les trois-quarts de la saison, avant de craquer dans la dernière ligne droite. Les arrivées de Marcus Dove (14,3pts de moyenne) et Steven Gray (13,9pts) cet été ont fait beaucoup de bien « Il y a des bons joueurs qui sont partis, comme Solo Diabaté ou Paul Harris. Mais on voulait surtout garder un socle. Cinq joueurs sont restés, dont quatre Français. On voulait travailler sur un nouveau cycle qu’on a entamé l’an dernier avec un groupe de joueurs qu’on a pu conserver une deuxième année, et on espère une troisième. C’est comme ça qu’on arrive à progresser », note Christian Monschau.

Attention aux blessures

Qu’est-ce qui pourrait enrayer la machine nordiste, qui ne va affronter aucune équipe du Top 6 d’ici la fin de l’année et pourrait donc en profiter pour faire le plein avant le nouvel an ? Des blessures, évidemment. « Etre dans les huit actuellement, c’est très difficile, dans ce championnat très resserré. Il ne faut pas avoir de pépins, c’est l’enseignement des dernières saisons. On peut très bien commencer, mais avec des pépins physiques, c’est très dur de gagner », estime Monschau. « Cette année, comme les autres années, le championnat est tellement homogène, ça change tellement. Tout le monde peut gagner tout le monde. Il faudra faire attention. De toute façon, on l’a vu, être premier du championnat, ça ne sert pas à grand-chose, à part avoir l’avantage du terrain. Le plus important c’est d’aller gagner le titre en play-offs ». Un titre que Gravelines n’a jamais gagné, même s’il a disputé une finale en 2004, contre Pau.

Pas de Coupe d’Europe cette saison

Cette saison, le BCM ne dispute pas la moindre Coupe d’Europe. Si Albicy estime que « ça permet d’encore plus travailler sur les adversaires », son entraîneur est moins optimiste : « Pour avoir vécu les belles périodes de Coupes d’Europe, avec un Final Four (ndlr : de l’Eurochallenge en 2013), un Top 16 de l’Eurocup (en 2012), je peux vous dire que c’est un désavantage. Quand on joue jusqu’en février-mars deux fois par semaine un match de haut niveau, on devient meilleur, c’est indiscutable. » Que le coach se rassure, si le BCM reste sur sa moyenne de plus de 70% de victoires, il retrouvera l’Europe dès la saison prochaine.  

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