GRAPHES-Zone euro-Taux longs et anticipations d'inflation divergent

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    * Graphique sur la rupture taux longs/anticipations 
d'inflation: 
    * http://tmsnrt.rs/2doQlis 
    * La prudence de la Fed freine la remontée des taux longs 
    * La BoJ a eu un impact sur les anticipations d'inflation 
 
    par Dhara Ranasinghe 
    LONDRES, 29 septembre (Reuters) - Les anticipations de 
marché sur l'inflation à long terme signalent une accélération à 
venir de la hausse des prix, ce qui laisse penser que des années 
de politiques monétaires ultra-accommodantes donnent enfin des 
résultats.  
    Mais les taux longs continuent de baisser, signe que les 
investisseurs obligataires ne semblent pas convaincus par les 
perspectives de reprise de l'inflation, à moins qu'il ne 
s'agisse d'une anomalie de marché liée aux interventions des 
banques centrales.  
    Les annonces de la Banque du Japon (BoJ) la semaine dernière 
ont été le facteur déclenchant de cette divergence inhabituelle 
entre rendements à long terme et swaps d'inflation à cinq ans 
dans cinq ans.  
    La banque centrale nipponne a modifié le cadre de sa 
politique monétaire pour mettre davantage l'accent sur le 
ciblage des taux d'intérêt à long terme que sur les rachats 
d'actifs.   
    Ce changement de cap semble avoir eu des répercussions 
globales en poussant à la hausse les anticipations de marché sur 
l'inflation à long terme, non seulement au Japon mais aussi dans 
la zone euro et aux Etats-Unis.  
    S'il est trop tôt pour juger de l'efficacité de cette 
nouvelle orientation de la politique monétaire japonaise et pour 
affirmer qu'elle a entraîné un changement des anticipations sur 
l'inflation, plusieurs économistes estiment qu'elle a eu un rôle 
de catalyseur.  
    Pour David Schnautz, responsable de stratégie taux à la 
Commerzbank, l'engagement d'une banque centrale à cibler des 
taux longs nominaux est inflationniste car il pousse les 
emprunteurs à profiter de taux bas. 
    "La BoJ est vue comme étant aux avant-postes de la politique 
monétaire non conventionnelle", souligne-t-il. "Beaucoup de gens 
peuvent penser qu'elle ne va pas dans la bonne direction mais au 
moins, elle essaye quelque chose de nouveau." 
    Le point mort d'inflation à dix ans aux Etats-Unis a atteint 
la semaine dernière son plus haut niveau depuis le mois de juin 
avec la remontée des cours du pétrole et le sentiment des 
investisseurs que les grandes banques centrales, y compris la 
Fed, vont continuer à mener des politiques très accommodantes.  
     
    LA BOJ POURRAIT INSPIRER LA BCE 
    En Europe, les swaps d'inflation à cinq ans dans cinq ans 
 EUIL5YF5Y=R , la mesure privilégiée des anticipations par les 
investisseurs de l'inflation à long terme, a bondi de dix points 
de base sur les trois dernières semaines pour remonter à 1,35%. 
    Mais le rendement de l'emprunt d'Etat allemand à dix ans a 
encore baissé de 15 points de base depuis la mi-septembre, à 
-0,12%.  
    L'effet de contagion de la BoJ sur les anticipations 
d'inflation à long terme pourrait être plus marqué en Europe 
qu'aux Etats-Unis, les initiatives de la BoJ étant considérées 
comme une possible source d'inspiration pour la Banque centrale 
européenne (BCE).  
    Cette dernière, comme la BoJ, est en plein déploiement d'un 
programme massif d'assouplissement quantitatif qui peine à 
produire des effets tangibles sur l'inflation.  
    Si les points morts d'inflation au sein de la zone euro sont 
au-dessus des plus bas atteints en juillet à 1,25% environ, ils 
restent très inférieurs à l'objectif de la BCE d'une inflation 
inférieure à mais proche de 2%.  
    "Pour dire les choses simplement, la BoJ a pesé sur les 
rendements nominaux mais a poussé les anticipations d'inflation 
à la hausse", explique Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet 
Wealth Management. 
    "Je m'attends à ce que la BCE en particulier évolue elle 
aussi graduellement vers une forme d'engagement à dépasser son 
objectif d'inflation", a-t-il ajouté.  
    L'inflation en Allemagne est certes remontée en septembre à 
son plus haut niveau depuis 16 mois tandis qu'en Espagne, les 
prix augmentaient pour la première fois depuis plus de deux ans, 
deux évolutions suggérant que la politique de la BCE porte enfin 
ses fruits.   
    Mais la BCE s'attend elle-même à une inflation de 0,2% 
seulement en moyenne sur 2016 et de 1,2% l'année prochaine. 
    "Je surveillerai les anticipations de marché sur l'inflation 
quand la hausse des prix va accélérer car si elle n'entraîne pas 
les points morts d'inflation, cela sera un grand motif 
d'inquiétude pour la BCE", prévient Frederik Ducrozet.  
     
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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