GRAPHES-Zone euro-Le risque de contagion grec ignoré pour l'instant

le
0

12 janvier (Reuters) - L'approche des élections législatives grecques et la perspective d'une victoire du parti de gauche anti-austérité Syriza a entraîné une forte hausse des taux de rendement de la dette publique grecque qui ne s'est pas répercutée sur ceux des autres pays dits périphériques de la zone euro, comme cela avait été le cas au plus fort de la crise des dettes souveraines. Les rendements des emprunts d'Etat à dix ans de l'Italie, de l'Espagne ou du Portugal ont à peine dévié de leur course vers de nouveaux plus bas en parallèle avec ceux des pays dits "coeur" de la zone euro, Allemagne en tête. A l'inverse, les rendements à dix ans de la Grèce ont amorcé une remontée qui ne s'est pas démentie avec la montée des pressions sur le gouvernement de coalition à partir du mois de novembre. Graphique de l'évolution des rendements d'Etat à dix ans de l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, du Portugal et de la Grèce depuis début 2014 : http://bit.ly/1yb9Nnu La quasi-disparition de la corrélation entre le rendement d'Etat à dix ans de la Grèce et des autres pays 'périphériques' est une autre illustration de la faiblesse du risque de contagion perçu par les investisseurs. Graphique de la corrélation entre les rendements des obligations à 10 ans de la Grèce et des autres pays périphériques : http://bit.ly/1y4EkXf "Cela semble indiquer que les marchés ne sont plus préoccupés par les effets des élections grecques sur les pays de la zone alentour", notent les analystes de J.P. Morgan Asset Management. Cette confiance s'explique en grande partie par la perspective du lancement par la Banque centrale européenne d'un programme d'assouplissement quantitatif passant par des achats massifs de dettes souveraines, et dont les marchés anticipent que les modalités seront annoncées à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs du 22 janvier, soulignent pour leur part les analystes d'Exane BNP Paribas. Le passage en territoire négatif de l'inflation au sein de la zone euro au mois de décembre et plus encore la dégradation des anticipations à long terme d'inflation mesurées par les swaps d'inflation à 5 ans dans 5 ans, un indicateur particulièrement suivi par la BCE, sous l'effet notamment de la baisse des cours du pétrole plaident aux yeux des investisseurs pour la mise en oeuvre rapide d'un assouplissement quantitatif massif en zone euro. Graphique des anticipations d'inflation à long terme en zone euro et de l'évolution des cours du pétrole depuis mi-2013 : http://bit.ly/1y4EoXc Une censure, même partielle, par l'avocat général de la Cour européenne de justice des opérations monétaires sur titres (OMT) mises en place par la BCE au plus fort de la crise des dettes souveraines mais jamais utilisées pourrait toutefois restreindre les marges de manoeuvre de la banque centrale en matière d'assouplissement quantitatif. ID:nL6N0UR2TR "Cela pourrait provoquer de la volatilité à court terme et un élargissement des écarts de rendement des pays périphériques (par rapport à l'Allemagne)", préviennent les analystes de Barclays. Sources : * Market Insights. Synthèse hebdomadaire. J.P Morgan Asset Management. 12 janvier 2015 * Key issues regarding the soon-due ECB QE. Global Rates Weekly. Barclays. 9 janvier 2015 * Greece : The political uncertainty. Something for the weekend. Economics Research. Exane BNP Paribas. 9 janvier 2015. (Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux