GRAPHES-Zone euro-L'inflation sur une trajectoire à la japonaise

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* Evolution similaire depuis les pics : http://bit.ly/1pbIkf2 * Des situations économiques aux caractéristiques comparables * Les facteurs à l'origine de la situation japonaise présents en zone euro 15 octobre (Reuters) - La confirmation de la stabilité des prix en Allemagne au mois de septembre, après la surprise à la baisse de l'inflation en France sur la même période, ne laisse pas augurer un redressement des prix au sein de la zone euro, leur trajectoire semblant de plus en plus comparable à celle qui prévalait dans le Japon du début des années 1990. L'évolution de l'indice harmonisé des prix de la zone euro depuis leur dernier point haut, en novembre 2011, suit le même chemin que celle des prix de détail japonais par rapport à leur point haut remontant à novembre 1990. Graphique sur l'évolution comparée des prix de détail au sein de la zone euro et au Japon depuis leurs points hauts respectifs, en novembre 2011 et novembre 1990 : http://bit.ly/1r9VlFI De là à évoquer une Europe en voie de japonisation, il peut n'y avoir qu'un pas. La dérive japonaise se caractérisait par quatre éléments clés: une déflation modérée, un ralentissement de la croissance et de la productivité, une atonie de la demande et des taux d'intérêt extrêmement bas malgré l'envol de la dette publique, rappelait Maxime Alimi, analyste chez Axa Investment Managers, dans une note de recherche publiée le mois dernier. Autant de caractéristiques qui ne sont pas sans évoquer celles de la zone euro d'aujourd'hui. Maxime Alimi souligne que quatre causes ont été identifiées aux évolutions intervenues au Japon après l'explosion de la bulle immobilière dans ce pays au début des années 1990: un nettoyage lent du secteur financier après la crise, des politiques budgétaire et monétaire à contretemps et mal mises en oeuvre, une vulnérabilité aux chocs externes et des évolutions démographiques adverses avec en particulier un vieillissement accéléré de la population. Certains de ces ingrédients se retrouvent aussi au sein de la zone euro actuellement même si, souligne Maxime Alimi, "les facteurs évoqués ci-dessus ont agi dans un contexte unique pour se combiner et aboutir au résultat qu'on connaît". Richard Woolnough, gérant du fonds M&G Optimal Income, remarque toutefois sur Bond Vigilantes, le blog du spécialiste de la gestion de taux M&G Investment, que la longue phase de déflation modérée qu'a connue le Japon n'a pas été si mauvaise qu'elle en a l'air pour les Japonais. "Les erreurs des autorités nippones dans les années 1990 sont considérées comme la cause du marasme qui a sévi dans le pays ces 25 dernières années", rappelle-t-il. "Cette opinion repose en partie sur le fait que les marchés financiers jugent en général une économie à la performance de son marché boursier. Le Nikkei ayant chuté de 40.000 points au début des années 1990 à environ 16.000 points aujourd'hui, l'idée que la Bourse est un miroir de la santé économique du Japon s'est enracinée dans l'esprit du marché", note Richard Woolnough. En réalité, la solidité d'une économie doit être jugée à la richesse qu'elle produit, et non à l'évolution de son marché actions, estime-t-il. A première vue, les statistiques confirment que le Japon s'est inscrit en retrait de la plupart des pays en termes de croissance nominale et réelle, reconnaît-il. "Du point de vue d'un économiste, ce qui compte le plus, c'est le PIB par habitant : aucune raison de sabrer le champagne parce qu'un pays affiche une croissance supérieure à un autre si l'évolution ne provient que d'une augmentation de la population". Or, en terme de PIB réel par habitant, le Japon n'a pas connu de défaillance économique, l'économie nipponne enregistrant même une évolution plutôt positive en termes d'amélioration du niveau de vie ces 25 dernières années, note Richard Woolnough. Pour capturer l'évolution démographique à long terme d'un pays, il recommande de prendre en compte la taille de la population active et pas seulement le nombre total d'habitants, en considérant le PIB par salarié en parité de pouvoir d'achat afin d'effectuer des comparaisons internationales. Sur cette base, la situation japonaise s'est plutôt améliorée sur une base relative au cours des vingt-cinq dernières années. Graphique sur l'évolution du PIB par salarié en parités de pouvoir d'achat dans les principaux pays développés depuis 1990: http://bit.ly/1pbIkf2 Sources : *Ce que l'économie japonaise peut apprendre au monde développé. M&G Investments. 9 octobre 2014. http://bit.ly/1DbHXcK *Sovereign QE more likely next year to boost inflation expectations. The Silver Bullet. RBS. 2 octobre 2014 *L'Europe en voie de japonisation : feuille de route, regarder au-delà des taux obligataires. Axa Investment Managers. 3 septembre 2014. http://bit.ly/1EXMQIe *Japan vs Eurozone: A summary of the important similarities and differences. global Outlook. Asset Allocation. Octobre 2014 Contexte : * Les prix à la consommation sont restés stables en septembre en Allemagne, pour une hausse de 0,8% sur un an, selon les données définitives de l'inflation publiées mercredi par l'Office fédéral de la statistique. L'indice des prix harmonisé aux normes européennes (IPCH) est lui aussi resté inchangé sur un mois et il a augmenté de 0,8% sur un an. ID:nL6N0S10GP * Les prix à la consommation en France ont baissé de 0,4% en septembre par rapport au mois précédent, entraînant un nouvel affaiblissement de l'inflation en glissement annuel, de 0,4% à 0,3%. L'inflation sous-jacente est quant à elle tombée pour la première fois à zéro. ID:nL6N0S84DR * Les données définitives sur l'inflation au sein de la zone euro pour le mois de septembre seront publiées jeudi. Les économistes interrogés par Reuters attendent en moyenne la confirmation d'une hausse de 0,4% des prix par rapport au mois précédent et d'une inflation de 0,3% en rythme annuel. (Marc Joanny, édité par Marc Angrand)

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