GRAPHES-Zone euro-Divergence durable des risques crédit et périphérique

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    par Dhara Ranasinghe 
    LONDRES, 8 décembre (Reuters) - L'appréciation par les 
investisseurs du risque souverain des pays périphériques de la 
zone euro et du risque des émetteurs "corporate" diverge depuis 
cet été, une nouvelle donne appelée à durer, avec les achats 
d'actifs de la Banque centrale européenne mais pas seulement.  
    L'indice Markit iTraxx Europe  ITEEU5Y= , qui reflète le 
coût de protection contre le risque de défaut à cinq ans d'un 
univers d'émetteurs "corporate" de la zone euro notés en 
catégorie d'investissement, qui présentait ces dernières années 
une corrélation certaine avec l'écart de rendement entre les 
emprunts d'Etat de référence allemand et italien, une mesure du 
risque souverain sur la dette périphérique de la zone euro, 
diverge de celui-ci depuis le début du troisième trimestre.  
    Graphique sur l'évolution comparée de l'indice Markit iTraxx 
Europe et de l'écart de rendement Bund-BTP à dix ans depuis 2011 
: http://bit.ly/1IRI0fu 
     
    Ces deux indicateurs évoluaient en parallèle depuis la crise 
des dettes souveraines de 2011, les investisseurs percevant la 
dette souveraine des pays périphériques comme au moins aussi 
risquée que celle d'entreprises bénéficiant de notations 
équivalentes.  
    "L'assimilation au crédit des marchés de la dette 
périphérique provenait principalement des craintes d'un 
éclatement de la zone euro", explique Nicholas Spiro, directeur 
général de Spiro Sovereign Strategy. 
    "Ces craintes ont sensiblement reculé et la convergence est 
de nouveau le maître mot pour les obligations périphériques." 
    Le programme d'assouplissement quantitatif de la Banque 
centrale européenne (BCE) lancé en mars pour un montant mensuel 
de 60 milliards d'euros, principalement ciblé sur les dettes 
souveraines de la zone euro, a fortement contribué au 
resserrement des écarts de rendement.  
    Le découplage entre risque crédit et risque périphérique 
pourrait se poursuivre en 2016, et pour d'autres motifs que les 
seules interventions de la BCE, estiment plusieurs analystes. 
    L'amélioration des conditions économiques et les réformes 
structurelles conduites dans les pays périphériques ont en effet 
contribué à une réappréciation du risque souverain associé.  
    "On observe une prudence réelle et justifiée sur les marchés 
du crédit, en partie en raison des craintes d'une période de 
croissance mondiale plus faible", estime Giles Gale, responsable 
de la stratégie de taux pour l'Europe de RBS, qui a fait du 
découplage entre les actifs risqués et les dettes périphériques 
de la zone euro l'un des thèmes d'investissement majeurs pour 
2016. 
    Pour David Watts, responsable de la stratégie de taux pour 
l'Europe de CreditSights, les facteurs de risques pour le crédit 
se trouvent en dehors de la zone euro plutôt qu'au sein de 
celle-ci. 
    "Il y a les matières premières, la hausse des taux 
directeurs de la Fed, la faiblesse des marchés émergents et 
l'inconnu chinoise", énumère-t-il. "Jusqu'à présent tous ces 
éléments étaient plutôt des facteurs de soutien." 
    Il ajoute que si les taux de défaut des émetteurs corporate 
européens sont restés assez faibles, le sentiment des 
investisseurs à l'égard de cette catégorie d'actifs a pâti des 
défauts enregistrés aux Etats-Unis. 
     
 
 (Nigel Stephenson pour le graphique, Marc Joanny pour le 
service français, édité par Marc Angrand) 
 
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