GRAPHES-Quand la Chine dévaluera...

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* Les importations sur une tendance baissière : http://bit.ly/1vXU4qv * La rentabilité du capital en berne : http://bit.ly/ZBcsu0 * Le yuan n'a cessé de s'apprécier : http://bit.ly/11f6wYE 13 octobre (Reuters) - Le rebond inattendu des importations chinoises ne doit pas faire illusion: la demande adressée par la Chine au reste du monde est sur une pente descendante, ce qui renforce la probabilité de voir Pékin utiliser à son tour l'arme des changes pour exporter ses difficultés économiques. Les importations chinoises ont progressé de 7% en glissement annuel le mois dernier quand les économistes interrogés par Reuters s'attendaient à un recul de 2,7%. ID:nL6N0RW0AM Elles s'inscrivent toutefois depuis 2010 sur une tendance baissière qui laisse augurer une poursuite du ralentissement de la croissance de l'économie chinoise, dont certains économistes estiment qu'elle pourrait tomber à moins de 5% l'an à moyen terme. Graphique sur l'évolution des importations chinoises en valeur depuis 2005 : http://bit.ly/1vXU4qv Le plafonnement des importations chinoises pèse sur les cours des matières premières et les performances de certains pays comme l'Allemagne, parmi les pays développés, ou le Brésil, parmi les pays émergents, qui en avaient fait un débouché privilégié. Le modèle de développement chinois a privilégié l'investissement au détriment de la consommation pour accroître ses capacités d'exportations et la solution apportée par les dirigeants chinois à la crise de 2008-2009 a été d'amplifier ce modèle. Le taux d'investissement a ainsi atteint un pic de 48% du produit intérieur brut (PIB) en 2009 en Chine quand la part de la consommation n'était que de 36%, pratiquement moitié moins que dans la plupart des pays développés. Ce surinvestissement n'est pas la meilleure garantie d'une allocation optimale du capital ni d'une forte rentabilité des fonds investis comme le montre l'évolution comparée du PIB, de la performance boursière et des profits des entreprises cotées en Chine. Graphique sur la croissance du PIB chinois, des bénéfices par action et du marché actions en Chine : http://bit.ly/ZBcsu0 A titre de comparaison, l'Inde a certes enregistré sur les 20 dernières années une croissance moins soutenue que celle de la Chine, mais la progression des profits des entreprises et la performance de la Bourse y ont été beaucoup plus spectaculaires, rappelle Thomas Gerhardt, responsable actions émergentes et matières premières d'Edmond de Rothschild Asset Management. Graphique sur la croissance du PIB indien, des bénéfices par action et du marchés actions en Inde : http://bit.ly/1CdRnlD Pour Charles Dumas, de Lombard Street Research, "la stagnation des importations chinoises en volume depuis plus d'un an maintenant laisse penser que la nécessaire diminution de l'investissement a commencé". "Quand 48% du PIB ralentit, il en va de même du revenu des ménages, compromettant les espoirs d'une hausse de la consommation à court terme", poursuit-il. La croissance des exportations est le seul palliatif dans l'immédiat et une dépréciation du change leur donnerait un coup de pouce, la Chine étant la seule grande économie dont la devise n'a cessé de s'apprécier en termes réels depuis la crise de 2008-2009. Graphique sur l'évolution du taux de change effectif réel du yuan, de l'euro, du yen et du dollar depuis 2000: http://bit.ly/11f6wYE Au regard de l'ampleur des excédents courants chinois, seule une ample libéralisation des mouvements de capitaux pourrait permettre une dépréciation du change sans manipulation manifeste, estime Charles Dumas. Pékin a lancé la libéralisation de ses marchés de capitaux et la réforme du yuan. Mais si le ralentissement de la croissance chinoise est un choc au ralenti pour l'économie mondiale et les marchés financiers, la perspective d'une entrée de Pékin dans la guerre des changes a de quoi les faire trembler. Sources : * Time for the yuan to dive with euro and yen. Lombard Street Research. 7 octobre 2014 * Dette, actions: Comment revenir sur les marchés émergents. Présentation Edmond de Rothschild Asset Management. 6 octobre 2014. * Réforme du renminbi. Accélération en vue. Axa Investment Managers. 23 mai 2013 (Marc Joanny, édité par Marc Angrand)

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