GRAPHES-Pétrole-Les USA en embuscade en cas d'accord sur la production

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    * La production US en hausse de 2,87 mlns bpj depuis 2010 
    * Celle des pays de l'OPEP en hausse de 3,15 mlns bpj 
    * Graphique sur l'évolution de la production par pays: 
    * http://tmsnrt.rs/2ctYZNY 
 
    par Amanda Cooper 
    LONDRES, 19 septembre (Reuters) - Les cours du pétrole 
connaissent une des phases les plus volatiles de leur histoire 
récente, pourtant agitée, depuis que l'OPEP et la Russie ont 
évoqué un possible gel de leur production pour faire face au 
ralentissement de la demande et aux surplus qui plombent le 
marché, une perspective dont les Etats-Unis seraient les 
premiers bénéficiaires.  
    Une rencontre est annoncée entre Organisation des pays 
exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie en marge du Forum 
international de l'énergie qui se tiendra dans moins de deux 
semaines à Alger. De part et d'autre, la pression monte en 
faveur non seulement d'un gel de la production mais même d'une 
possible réduction.  
    Quelle que soit l'issue des discussions, un troisième 
larron, en tête du palmarès de hausse de la production au cours 
des cinq dernières, est prêt à tirer les marrons du feu et par 
conséquent opposé à toute idée de contrôle de la production: les 
Etats-Unis.  
    Depuis le début du boom du pétrole de schiste en 2010, les 
Etats-Unis sont en tête du classement de la hausse de production 
des principaux pays producteurs.  
    La production américaine dépasse désormais de 2,87 millions 
de barils par jour son niveau d'il y a six ans contre une hausse 
de 2,47 millions de barils par jour en Arabie saoudite et 1,9 
million en Irak. 
    En fait, l'augmentation de la production pétrolière 
américaine est à peine inférieure à celles de l'ensemble des 
pays membres de l'OPEP qui ressort à environ 3,15 millions de 
barils par jour.  
    "Si l'OPEP devait réduire sa production à Alger ou vraiment 
la geler, alors les prix augmenteraient et quel pays producteur 
bénéficierait la plus rapidement de cette hausse des cours? Les 
Etats-Unis. Nous constaterions bien assez vite que les 
Etats-Unis reviendraient à leur taux de croissance galopant et 
gagneraient à nouveau des parts de marché", prévient Ann-Louise 
Hittle, analyste de Wood Mackenzie.  
    "C'est une raison supplémentaire qui rend difficile un 
accord de l'OPEP sur un gel (de la production)", a-t-elle 
ajouté.  
    "Les Etats-Unis, surtout maintenant qu'ils peuvent exporter 
leur pétrole, sont une menace globale pour les parts de marché 
et plus seulement une menace indirecte pour les exportations 
(des autres pays producteurs)." 
    En novembre 2014, l'OPEP a renoncé à sa politique de 
contrôle de l'offre afin de soutenir les cours qui ont depuis 
chuté de plus de 40% à environ 46 dollars le baril  LCOc1 .  
    La hausse de la production dans des pays comme l'Arabie 
saoudite ou l'Irak a été compensée par les baisses en Libye, au 
Nigéria ou au Venezuela tandis que l'Iran se rapproche seulement 
des niveaux de pompage qui prévalaient avant la mise en oeuvre 
des sanctions occidentales imposées en réponse au programme 
nucléaire de Téhéran et levées en janvier 2016.  
    La Russie, premier producteur mondial, a augmenté sa 
production de 550.000 barils par jour pendant ce temps, ce qui 
n'a pas empêché le ministre russe de l'Energie Alexander Novak 
de déclarer qu'un gel de la production "soutiendrait les 
marchés". Une telle mesure s'avère donc difficile.  
    La structure du secteur pétrolier américain et le grand 
nombre d'acteurs impliqués dans la production de brut aux 
Etats-Unis ne permet simplement pas d'envisager un gel", estime 
Alexander Pögl, analyste de JBC Energy.  
    "Comment voudriez-vous limiter la production alors qu'il n'y 
a aucune disposition gouvernementale pour le faire?", 
s'interroge-t-il.  
    "La Russie a utilisé le même argument dans le passé jusqu'à 
un certain point, bien qu'en Russie, où le nombre des 
intervenants est limité et où ils sont très dépendants du 
pouvoir politique, c'est potentiellement plus facile qu'aux 
Etats-Unis." 
    
 
 (Marc Joanny pour le service français) 
 

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