GRAPHES-Pas de consensus sur la stabilisation chinoise en 2016

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    28 décembre (Reuters) - La capacité des autorités chinoises 
à stabiliser le ralentissement du rythme de croissance d'une 
économie en pleine transition continuera de faire débat en 2016. 
    Les interrogations sur l'ampleur de la décélération de la 
croissance chinoise ont été à l'origine d'importants décalages 
de marché tout au long de l'année 2015, qu'il s'agisse de la 
chute des matières premières et du pétrole, de la correction des 
Bourses au cours de l'été avec le krach des actions chinoises ou 
des inquiétudes sur la politique de change de Pékin après la 
dévaluation surprise du yuan le 11 août. 
    Graphique sur l'évolution de l'indice S&P GSCI des métaux de 
base et des importations en volume chinoises de métaux de base : 
    http://bit.ly/1Iy8Nmo 
    Graphique sur l'indice MSCI Monde et l'indice des actions A 
de la Bourse de Shanghai depuis début 2015 :  
    http://bit.ly/1RNxApt 
     
    Les grandes lignes du treizième plan quinquennal chinois, 
arrêtées fin octobre à l'occasion de la session plénière du 
comité central du Parti communiste, ont confirmé la volonté des 
autorités de poursuivre la transition d'un modèle de croissance 
reposant sur l'investissement et l'exportation de biens 
industriels à faible valeur ajoutée, pour l'orienter vers une 
économie axée sur la demande intérieure et les services avec une 
montée en gamme de l'industrie. 
    La poursuite de l'urbanisation reste un objectif et le taux 
d'urbanisation devrait passer de 54,8% actuellement à 60% en 
2020, ce dont le secteur de la construction devrait bénéficier, 
permettant de soutenir les perspectives conjoncturelles à court 
terme. 
    Les mesures successives d'assouplissement monétaire, les 
grands projets d'infrastructures comme le projet de "nouvelle 
route de la soie" et les marges de manoeuvre dont disposent 
encore les autorités, grâce entre autres à des réserves de 
change qui demeurent les plus importantes au monde, sont perçues 
comme autant de gages d'une transition ordonnée. 
    Dans ce scénario, les "mauvaises surprises" sur l'économie 
chinoise appartiennent pour l'essentiel au passé, même si un 
rebond marqué de la demande de matières premières industrielles 
et énergétiques est peu probable, ce qui maintiendra les marchés 
 sous pression.  
    Mais les surcapacités qui se sont accumulées au fil des 
plans de soutien à l'activité dans le secteur industriel et dans 
les banques doivent être résorbées et freineront l'efficacité 
d'éventuelles mesures supplémentaires. 
    La Chine a connu un boom du crédit particulièrement soutenu 
ces dernières années, ce qui s'est traduit par un doublement en 
sept ans de la dette privée rapportée au produit intérieur brut. 
    Si l'activité ne devait pas réagir suffisamment aux mesures 
de relance, la politique en matière de taux de change pourrait 
être amenée à évoluer. 
    La relative cherté du yuan par rapport aux devises des 
partenaires commerciaux de la Chine peut s'expliquer à la fois 
par la volonté de montée en gamme des exportations et par 
l'objectif de son internationalisation, dont l'intégration dans 
le panier des droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire 
international a constitué une étape symbolique.  
    Mais cette politique n'est pas sans conséquence  en termes 
de compétitivité et de contraction des réserves de changes, qui 
s'est accélérée avec la politique de stabilisation du yuan 
contre le dollar après la mini-dévaluation d'août.  
    Graphique sur l'évolution du yuan en dollar et des réserves 
de change de la Chine : http://bit.ly/1RNyXUZ 
     
    L'annonce mi-décembre par la Banque populaire de Chine 
qu'elle valoriserait désormais le yuan par rapport à un panier 
de devises plutôt que par rapport au seul dollar pourrait ainsi 
signaler une gestion plus complaisante de sa devise. 
        
    *Chine : un ralentissement toujours ordonné. Point mensuel. 
Recherche économique. Point mensuel. Aurel BGC. Décembre 2015 
    *Chine : un panier de devises au secours d'un yuan trop 
cher. Special Report. Natixis. 16 décembre 2015. 
    *Transformation de la Chine : vers un mouvement tectonique 
en Asie en 2016 ? Special Report; Natixis. 15 décembre 2015. 
    *Les interrogations clefs de 2016. Eco TV Week. BNP Paribas. 
11 décembre 2015. 
    *Chine : credit crunch phase III. 2016 Global Macro Credit 
Outlook. RBS. 20 novembre 2015.  
 
 (Marc Joanny, édité par Marc Angrand) 
 
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