GRAPHES-Marchés-Les secousses sur l'obligataire, préludes à un T4 agité

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    * La hausse des rendements obligataires perturbe les marchés 
    * Les marchés exposés au débouclage de positions 
consensuelles 
    * Les facteurs de risques ne manquent pas 
    * Graphique sur la comparaison entre taux et rendement du 
dividende: 
    * http://reut.rs/2ehgNek 
    * Graphique sur la valorisation des marchés actions: 
    * http://reut.rs/2edc3rQ 
 
    par Jamie McGeever et Vikram Subhedar 
    LONDRES, 19 octobre (Reuters) - Les récents soubresauts sur 
les marchés obligataires et un calendrier politique chargé dans 
les prochains mois font craindre aux gérants une réduction 
massive de l'exposition à des actifs risqués très bien 
valorisés, les investisseurs se précipitant pour protéger leurs 
gains de l'année. 
    Les taux obligataires, tombés à de nouveaux plus bas record 
cet été avec les inquiétudes liées au vote britannique en faveur 
d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, sont 
brusquement remontés ce mois-ci avec les doutes croissants sur 
la possibilité d'assouplir encore les politiques monétaires et 
de voir en conséquence les politiques budgétaires prendre le 
relais.  
     Une enquête de Merrill Lynch auprès de gérants de fonds 
montre que ces derniers considèrent que l'évolution des taux 
obligataires sera la variable déterminante pour celle des 
marchés d'actions mondiaux dans les six prochains mois.  
    Dans le même temps, trois quarts des gérants interrogés 
jugent les Treasuries surévalués.  
    La tension sur les taux longs intervient dans un contexte 
d'interrogations des investisseurs sur les conséquences de la 
montée du populisme dans les pays développés alors que 
gouvernements et banques centrales cherchent désespérément à 
accélérer la croissance.  
    Les rendez-vous politiques ne manquent pas dans les 
prochains mois, avec l'élection présidentielle américaine du 8 
novembre, le référendum constitutionnel italien du 4 décembre, 
le débat sur les modalités du Brexit en Grande-Bretagne au moins 
jusqu'en mars et le démarrage officiel des négociations avec 
l'Union européenne, puis les élections en France au printemps et 
en Allemagne à l'automne. 
     
    COCKTAIL EXPLOSIF 
    Tout cela sur fond de sentiment de fin de l'argent toujours 
plus facile, les banques centrales rechignant à assouplir encore 
leur politique monétaire.  
    La Réserve fédérale américaine continue de laisser la porte 
ouverte à une hausse de taux directeurs en décembre. Les banques 
centrales européennes et japonaise peinent à définir les 
modalités d'un nouvel assouplissement tandis que la chute près 
de 20% de la livre sterling a fortement réduit la probabilité 
d'une nouvelle baisse de taux par la Banque d'Angleterre.  
    En ajoutant à tout cela, un quasi-doublement des prix du 
pétrole depuis les points bas du mois de janvier, un rebond 
alimenté par la perspective de réduction par les pays de l'Opep 
de leur production, et le cocktail devient franchement explosif 
pour les marchés de taux.  
    Les injections massives de liquidités par les banques 
centrales ont gonflé les prix de la plupart des actifs 
financiers et un choc obligataire pourrait déclencher une 
réévaluation généralisée des prix des actifs.  
    Dans ce cas, la marge de baisse est conséquente. Sur les 23 
catégories d'actifs dont Reuters suit les performances trimestre 
après trimestre, 17 affichent une progression depuis le début de 
l'année, confortable dans certains cas.  
    Graphique sur les performances des classes d'actifs depuis 
le début de l'année : http://reut.rs/2doKMRd 
     
    "La probabilité d'un accès de volatilité cette année 
augmente", prévient Joachim Fels, conseiller économique de 
Pimco, l'un des plus importants fonds obligataires mondiaux. 
"Les marchés ont été endormis et embobinés par l'environnement 
de taux d'intérêt bas et de banques centrales accommodantes. Ce 
paradigme va être mis à l'épreuve, peut-être sous peu." 
     
    CHERCHE RENDEMENT DÉSESPÉRÉMENT 
    Pour souligner à quel point les marchés obligataires et 
d'actions sont chers, Bank of America-Merrill Lynch a rappelé 
cette semaine que leur prix relatif par rapport aux actifs réels 
et aux matières premières était au plus haut depuis 1926.  
    Ce grand écart pourrait arriver à sa fin avec la montée des 
pressions politiques pour réduire les inégalités, qui dissuade 
les politiques d'assouplissement quantitatif et de taux 
d'intérêt négatifs, si favorables à la hausse des prix des 
actifs financiers, a averti BofA Merrill Lynch dans une note à 
ses clients.  
    La dernière enquête de la banque d'investissement auprès de 
gérants internationaux montre aussi que les paris haussiers sur 
les valeurs boursières les plus reconnues et sur les obligations 
d'entreprises considérées comme sûres aux Etats-Unis et en 
Europe, tout comme les stratégies de faible volatilité, figurent 
parmi les plus prisés. Tous sont particulièrement risqués en cas 
de hausse des taux longs.  
    Plusieurs des grands indices boursiers mondiaux sont proches 
de leur pic historique et les valorisations proches de leurs 
plus hauts en une décennie en dépit de profits en berne. 
    Graphiques sur les valorisations des marchés actions :  
    http://reut.rs/2edc3rQ  
     
    La croissance des profits des entreprises à l'échelle 
mondiale ne devrait pas dépasser 1% cette année, selon des 
données de Thomson Reuters, un timide rebond après le recul 
accusé en 2015.  
    Les difficultés persistantes des banques européennes, le 
ralentissement de la croissance chinoise et les conséquences de 
la vigueur du dollar sur les économies émergentes et les cours 
des matières premières continuent d'assombrir les perspectives 
des marchés.  
    Pour autant, les investisseurs, désespérément en quête de 
rendement, ont porté les prix des valeurs les plus recherchées à 
de nouveaux plus hauts, attirés par des rendements du dividende 
enviables dans un environnement de taux longs proches de zéro 
quand ils n'étaient pas négatifs.  
    Les stratégies d'investissement traditionnelles ont été 
prises en défaut avec de nombreux fonds investis en actions pour 
le rendement et en obligations pour la plus-value. Pour nombre 
d'intervenants, ce succès non démenti des actions n'a qu'une 
explication : TINA ("Thre is no alternative", il n'y a pas 
d'alternative).  
    Tina Fordham et Tiia Lehto, économistes de Citi, soulignent 
que l'incertitude économique est au plus bas. Elles relèvent que 
les prévisions de croissance, d'inflation et de taux d'intérêt 
sont inhabituellement stables. Mais elles mettent en garde 
contre les risques associés à un environnement aussi consensuel. 
    "C'est problématique pour les investisseurs. Le sentiment 
d'une plus grande certitude fait consensus mais le consensus 
engendre la complaisance et la complaisance nourrit le risque, 
en particulier quand le consensus se traduit par un 
positionnement de marché allant dans le même sens", 
préviennent-elles dans une note publiée lundi.  
           
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand) 
 
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