GRAPHES-Les marchés tournent la page de la crise au-delà du scrutin US

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    * Les défensives massivement arbitrées au profit des 
bancaires 
    * http://bit.ly/2fkiFnc 
    * L'incertitude liée à l'élection pousse le Vix au dessus de 
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    * http://bit.ly/2fkgU9o 
    * Le PMI mondial au plus haut depuis deux ans 
    * http://bit.ly/2fzPqO3 
    * Les résultats du T3 au rendez-vous 
 
    PARIS, 8 novembre (Reuters) - Le regain d'incertitude et de 
volatilité lié à l'élection présidentielle américaine a masqué 
un mouvement massif d'arbitrage massif des valeurs défensives en 
faveur des valeurs bancaires amorcé en octobre, un signe de la 
confiance des investisseurs dans la pérennité de la reprise 
économique et la fin prochaine des politiques monétaires 
d'exception.  
    L'approche de l'élection présidentielle américaine et le 
resserrement dans les sondages des scores attendus des deux 
grands prétendants ont entraîné un regain de volatilité, 
illustrée par la hausse de l'indice Vix  .VIX .  
    Graphique sur l'évolution de l'indice Vix de volatilité des 
options sur le S&P 500 : http://bit.ly/2fkgU9o 
     
    Les investisseurs ont dans le même temps massivement arbitré 
depuis le début du mois d'octobre les valeurs défensives au 
profit des valeurs bancaires au sein de la zone euro.  
    Les défensives, qui regroupent selon François Chevallier, 
stratégiste de la banque Leonardo, non seulement celles qui ne 
sont pas liées au cycle comme les cosmétiques ou 
l'agroalimentaire mais aussi celles qui sont inélastiques aux 
prix, comme le luxe, ou encore les valeurs de croissance comme 
les technologiques et celles aux revenus récurrents comme les 
concessions, ont subi des prises de bénéfices, impressionnantes 
pour certaines d'entre elles.  
    "La bulle consécutive à l'assouplissement quantitatif de la 
Banque centrale européenne (BCE), qui a fait des défensives un 
refuge contre les taux nuls, n'a pas complètement éclaté", 
prévient-il toutefois.  
    A l'inverse, les banques européennes ont retrouvé la faveur 
des investisseurs.  
    Graphiques sur l'évolution de l'indice Russell des valeurs 
défensives et des valeurs bancaires de la zone euro depuis début 
2016 et depuis début octobre : http://bit.ly/2fkiFnc 
     
    "Au-delà des créances douteuses et des mutations 
structurelles, les bancaires ont souffert des politiques 
monétaires conventionnelles, pénalisés autant par des taux de 
dépôt négatifs que par l'aplatissement de la courbe des taux 
consécutif aux achats d'obligations de la BCE", rappelle 
François Chevallier. 
    Les marchés ont été prompts à réagir à l'accélération de la 
croissance mondiale et aux perspectives de remontée des taux 
courts américains, poursuit-il.  
   Bernard Aybran, directeur de la multigestion d'Invesco Asset 
Management, note quant à lui que "d'un point de vue 
macroéconomique, la croissance de part et d'autre de 
l'Atlantique s'est avérée particulièrement vigoureuse". Une 
référence à la croissance solide en Europe et en Grande-Bretagne 
- malgré le Brexit - au troisième trimestre, durant lequel le 
produit intérieur brut des Etats-Unis a progressé de 2,9% en 
rythme annualisé. 
    "De nombreux indicateurs avancés pointent également vers une 
expansion de l'activité dans la plupart des grandes régions", 
souligne Bernard Aybran.  
    Les indices PMI des directeurs d'achat d'octobre ont été 
soutenus dans les trois grandes zones suivies (Etats-Unis, Chine 
et zone euro), contribuant à une remontée de l'indice PMI 
manufacturier mondial calculé par JP Morgan à 52, à son meilleur 
niveau depuis deux ans et bien au-dessus du seuil de 50 qui 
départage les situations de récession et d'expansion. 
    François Chevallier rappelle que le PMI mondial est corrélé 
aux variations annuelles du MSCI World et signale donc un marché 
haussier.  
    Graphique sur l'indice PMI Composite monde et la performance 
annualisée de l'indice MSCI Monde : http://bit.ly/2fzPqO3 
     
    Bernard Aybran note aussi que les résultats trimestriels 
américains recèlent une double bonne surprise. Les bénéfices par 
action sont dans l'ensemble supérieurs aux attentes, "ce qui est 
relativement habituel". Mais surtout, "les bénéfices du S&P 500 
pourraient afficher leur premier trimestre de croissance après 
une série de baisses trimestrielles".  
    Nicolas Chaput et Laurent Denise, co-directeurs des 
investissements d'Oddo Meriten, relèvent que les sociétés 
européennes "se montrent un peu moins à leur avantage avec une 
dispersion marquée suivant les secteurs" mais qu'elles devraient 
enregistrer leur deuxième meilleur cru trimestriel sur les cinq 
dernières années.  
    Au final, résume Bernard Aybran, "l'année 2016 pourrait 
connaître des bénéfices par action en hausse de 0,7% aux 
Etats-Unis et de 2,6% en zone euro."  
    "L'un des conséquences de ces nouvelles macro- et 
microéconomiques est la hiérarchie des performances 
sectorielles: une rotation très claire vers certains secteurs 
cycliques s'est accentuée au mois d'octobre." 
    "Sur le seul mois d'octobre, en Europe, l'écart entre le 
pire - la technologie - et le meilleur - les banques - secteur 
avoisine 18% : le positionnement sectoriel s'est avéré crucial 
ces derniers temps."  
   
    Sources :  
    *Arbitrages des défensives pour les banques: les marchés 
tournent la page de la crise. Flash éco/marchés. Banques 
Leonardo. 8 novembre 2016  
    *Les pressions structurelles à la baisse des taux d'intérêt 
demeurent fortes. Tendance & Allocation. Invesco. 8 novembre 
2016.  
    *Document d'allocation d'actifs du mois de novembre. Oddo 
Meriten Asset Management. 8 novembre 2016   
     
 
 (Marc Joanny, édité par Marc Angrand) 
 
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