GRAPHES-Les espoirs de Yellen sur l'emploi ne cadrent pas avec les données

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    * Le taux de participation est quasi stable depuis fin 2013 
    * http://bit.ly/2eAQdkC 
    * Forte hausse, inexpliquée, parmi les femmes de 25-34 ans 
    * http://bit.ly/2docjRD 
    * Le nombre des nouveaux entrants sur le marché du travail 
diminue 
    * http://bit.ly/2eM7ztV 
 
    18 octobre (Reuters) - La présidente de la Réserve fédérale 
américaine Janet Yellen continue de plaider pour la poursuite 
d'une politique monétaire accommodante, estimant qu'elle porte 
ses fruits en ramenant dans l'emploi des personnes qui en ont 
été exclues mais les données du marché du travail ne cadrent 
avec cette vue.  
    Sans faire référence directement aux taux d'intérêt ou aux 
préoccupations immédiates de la politique monétaire, Janet 
Yellen a mis en avant, vendredi, la crainte croissante de la 
banque centrale de voir l'économie perdre de son potentiel, ce 
qui nécessiterait des mesures énergiques pour le reconstituer. 
  
    Poursuivre des politiques qui réduiraient encore plus le 
chômage et doperaient la consommation, même au risque d'une 
poussée de l'inflation, serait susceptible de convaincre les 
entreprises d'investir, d'étayer la confiance et de ramener dans 
le marché de l'emploi des personnes qui étaient jusque là sur la 
touche, a-t-elle dit.  
    Des propos dans la droite ligne de ses commentaires après la 
réunion du comité de politique monétaire du mois dernier 
lorsqu'elle avait cité l'évolution du taux de participation, qui 
rapporte le nombre d'individus ayant ou recherchant activement 
un emploi à la population en âge de travailler, comme l'une des 
justifications du report de la hausse des taux.  
    "Un marché de l'emploi vigoureux attire des individus qui 
étaient sortis de la population active pour les ramener dans 
l'emploi", avait alors souligné Janet Yellen.  
    La légère remontée du taux de participation constatée dans 
le rapport sur l'emploi du mois de septembre publié depuis et 
qui a expliqué l'augmentation du taux de chômage passé de 4,9% à 
5% semble conforter ce point de vue.  
    La hausse du taux de participation est toutefois restée très 
limitée et, à 62,9% contre 62,8% le mois précédent, il n'est 
pour l'instant qu'un dixième de point de pourcentage au-dessus 
de son niveau d'octobre 2013 et demeure quasi-stable depuis 
plusieurs années en dépit de sa récente volatilité.  
    Graphique sur l'évolution du taux de participation aux 
Etats-Unis depuis 2004: http://bit.ly/2eAQdkC 
     
    Par ailleurs, cette hausse du taux de participation 
s'explique presque intégralement par un bond inexpliqué de celui 
de la catégorie des femmes âgées de 25 à 34 ans mais ne concerne 
pas l'ensemble des catégories de la population active comme cela 
devrait être le cas en cas de forte reprise cyclique de 
l'emploi, notent les économistes de Barclays dans une note de 
recherche.  
    Graphique sur l'évolution du taux de participation pour la 
catégorie des femmes de 25 à 34 ans : http://bit.ly/2docjRD 
     
    Surtout, ils relèvent que le nombre des nouveaux entrants 
sur le marché du travail, loin d'augmenter, est en recul.  
    Le nombre des sortants et des nouveaux entrants sur le 
marché du travail a augmenté fortement pendant et immédiatement 
après la récession de 2008-2009, les suppressions de postes 
entrainant une augmentation des sortants qui ont ensuite, pour 
certains d'entre eux, retrouvé un emploi, d'où l'augmentation 
parallèle du nombre de nouveaux entrants. 
    Graphique sur l'évolution des sortants et des nouveaux 
entrants sur le marché du travail depuis 2004 :  
    http://bit.ly/2eM7ztV 
     
    Après plusieurs années de créations de postes soutenues, le 
nombre de sortants et de nouveaux entrants a commencé à diminuer 
fortement sur les douze derniers mois, reflétant la forte 
diminution de la rotation des emplois du fait d'un moins grand 
nombre de licenciements.  
    Les inscriptions au chômage lors de la semaine au 8 octobre 
se sont établies à 246.000, un creux depuis novembre 1973.  
    Pour les économistes de Barclays, la baisse du taux de 
participation depuis la crise de 2008-2009 a d'abord une 
explication structurelle liée au vieillissement de la 
population, toute hausse cyclique étant en partie compensée par 
le départ en retraite de salariés âgés.  
    Elle reflète aussi, selon eux, les sorties de l'emploi des 
chômeurs de longue durée, qui sont aussi la catégorie pour 
laquelle la probabilité de retrouver un emploi est la plus 
faible.  
    "Bien que nous ayons une certaine sympathie pour la maintien 
dans l'idéal d'une politique monétaire accommodante afin de 
ramener dans l'emploi des travailleurs découragés, nous n'avons 
aucune preuve que cette politique a un effet" concluent les 
économistes de Barclays.  
     
    Sources :  
    *Higher participation not driven by entrants. Global 
Economics Weekly. Barclays. 7 octobre 2016.  
    *US Nonfram payroll in september : Decent report overall. 
Data Snap. Natixis. 7 octobre 2016 
     
    Sur le même thème :  
    INSIGHT-Once jobless and uncounted, eager workers could slow 
Fed rate hike   
 
 (Marc Joanny) 
 
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