GRAPHES-Les anticipations d'inflation s'emballent en zone euro

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    * Elles tirent les taux longs à la hausse: http://bit.ly/2iZebqt 
    * Et contrastent avec la stabilisation constatée aux USA: http://bit.ly/2iZiZw0 
    * Une poussée temporaire avec les effets de base-économistes 
    * Pas de hausse significative de l'inflation sous-jacente 
 
    PARIS, 9 janvier (Reuters) - Les anticipations d'inflation à 
long terme au sein de la zone euro continuent d'accélérer et 
tirent les taux longs à la hausse malgré un redressement des 
prix surtout lié à des effets de base qui devraient être 
temporaires. 
    Les anticipations d'inflation à long terme mesurées par les 
swaps d'inflation à 5 ans dans 5 ans restent nettement orientées 
à la hausse au sein de la zone euro alors qu'elles marquent le 
pas aux Etats-Unis après la poussée qui avait suivi l'élection 
de Donald Trump en raison de ses promesses de relance.  
    Graphique de l'évolution des anticipations d'inflation à 
long terme en zone euro et aux Etats-Unis depuis début 2016 : 
    http://bit.ly/2iZiZw0 
    
    L'inflation au sein de la zone euro a enregistré une 
accélération inattendue en fin d'année dernière, en particulier 
en Allemagne où la hausse des prix à la consommation a bondi à 
1,7% en rythme annuel en décembre à un plus haut depuis la 
mi-2013, ce qui a encore alimenté les anticipations d'inflation 
et favorisé une remontée des taux longs.  
    Les rendements de la dette publique allemande à 10 ans, 
référence pour l'ensemble de la zone euro, qui s'étaient 
désolidarisés des anticipations d'inflation à long terme, sont 
repartis à la hausse avec elles depuis le début de l'année : 
    http://bit.ly/2iZebqt 
     
    "Les effets de base sur les prix de l'énergie commencent à 
se manifester et ils vont le faire avec d'autant plus de force 
après la hausse des cours du pétrole", soulignent les 
économistes de Bank of America Merrill Lynch (BAML). 
    "Cela signifie que l'inflation va fortement décaler à la 
hausse dans les prochains mois", ajoutent-ils, estimant qu'elle 
pourrait atteindre 2% dès le mois de janvier en Allemagne.  
    Ils pointent aussi la situation de l'Espagne, où l'inflation 
est plus sensible que dans les autres pays de la zone euro aux 
évolutions des prix de l'énergie et où la hausse des prix à la 
consommation pourrait atteindre 2,4% en rythme annuel dès le 
mois de février. 
    Cette poussée de l'inflation ne devrait toutefois être que 
temporaire, les effets de base se dissipant alors que 
l'inflation sous-jacente (hors éléments volatils comme les prix 
de l'alimentation et de l'énergie) reste déprimée, estiment de 
nombreux économistes.  
    Graphique de l'évolution des prix à la consommation et de 
l'évolution de l'inflation sous-jacente :  
    http://bit.ly/2iURxz8 
     
    Les effets de second tour de la hausse des prix de l'énergie 
sur l'inflation sous-jacente sont par ailleurs limités, 
soulignent les économistes de BAML, qui s'attendent à ce que la 
hausse des prix à la consommation culmine en avril. 
    Dans une étude publiée lundi et intitulée "2017, l'année du 
retour de l'inflation en Europe", Standard & Poor's fait le même 
diagnostic.  
    "Nous nous attendons à ce que l'inflation pour l'ensemble de 
la zone euro culmine à environ 1,5% au premier trimestre 2017, 
avec les effets de base sur l'énergie. Il est peu vraisemblable 
que l'inflation sous-jacente augmente sensiblement au-dessus de 
1%", prévoit l'agence de notation.  
    Elle souligne toutefois que cette poussée temporaire de 
l'inflation va mettre la Banque centrale européenne dans une 
"position difficile" car la BCE devra "tempérer les appels à un 
relèvement des taux d'intérêt tout en prévenant un resserrement 
injustifié des conditions monétaires". 
    Les économistes de BAML notent que certains commentateurs, 
notamment en Allemagne, ont dès cette semaine déjà débattu de 
l'idée d'une hausse de taux par la BCE ou d'un ralentissement 
plus rapide qu'annoncé de ses achats d'actifs.  
    "Nous avons déjà mis en garde contre les risques d'erreurs 
de politique (monétaire) en 2017 et nous pensons que certains de 
ces arguments sont beaucoup trop prématurés." 
    "Pour que la zone euro dans son ensemble retrouve un taux de 
2%, l'inflation en Allemagne devrait être sensiblement au-dessus 
de ce niveau du fait des besoins de dévaluation interne dans 
d'autres pays membres de la zone euro", notent de leur côté les 
économistes de Barclays.  
    "Aussi, en plus de taux d'intérêt nominaux bas sur leur 
épargne, les ménages allemands pourraient alors être confrontés 
à des prix en hausse sur les biens de consommation, et tout ça 
en pleine année électorale", ajoutent-ils, soulignant eux aussi 
que l'accélération momentanée de l'inflation sera un nouveau 
défi pour la BCE.  
     
    Sources :  
    * Starting the year with a bang (or a "hump" in the data). 
Europe Economics. Weekly View. Bank of America Merrill Lynch. 6 
janvier 2017.  
    * A happy new year... for now. Global Economics Weekly. 
Barclays. 6 janvier 2017.  
    * Is inflation back in the eurozone ? S&P Global Ratings. 9 
janvier 2017.  
     
 
 (Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez) 
 
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