GRAPHES-Le dollar a supplanté le Vix comme mesure de l'aversion au risque

le , mis à jour à 18:26
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    * Relation entre Vix et dollar avant et après la crise de 
2008: 
    * http://bit.ly/2gnqiwX 
    * Etude la BRI sur le dollar comme mesure de l'aversion au 
risque: 
    * http://bit.ly/2f7E1CX 
 
    18 novembre (Reuters) - Le dollar est désormais devenu un 
meilleur baromètre de l'aversion des investisseurs au risque et 
son envolée actuelle relativise le rapide retour au calme qui a 
suivi l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, 
montre une récente étude de la Banque des règlements 
internationaux (BRI).  
    L'indice Vix  .VIX , mesure de la volatilité implicite des 
marchés actions américains et habituellement considéré comme 
"l'indice de la peur" sur les marchés, n'a connu qu'une faible 
et brève flambée, une fois connus les résultats du scrutin 
présidentiel américain.  
    En revanche, les anticipations de mise en oeuvre d'une 
politique économique expansionniste du président-élu ont 
entraîné une forte progression du dollar  .DXY  et des tensions 
sur les taux d'intérêt.  
    Si la corrélation étroite entre le dollar et l'indice Vix 
s'est distendue depuis la crise financière de 2007-2008, ils 
évoluent depuis l'élection de Donald Trump en sens inverse. 
      
    Graphique sur l'évolution de l'indice Vix et du dollar 
contre un panier de devises depuis 2007 et depuis le début de 
cette année : http://bit.ly/2gnqiwX 
     
    La BRI donne une explication de ce phénomène inhabituel en 
montrant que le dollar est désormais devenu le véritable 
baromètre du goût du risque des investisseurs et de leur volonté 
de s'endetter pour en prendre, une appréciation de la devise 
américaine correspondant à une prudence croissante de leur part. 
    La mise en oeuvre de politiques monétaires 
ultra-accommodantes par les grandes banques centrales en réponse 
à la crise financière de 2008 a rompu la relation inverse qui 
existait entre le Vix et le levier des banques qui reflète les 
risques pris par leurs clients et qu'elles ont financés.     
    En dépit, du niveau historiquement faible du Vix, le niveau 
de levier des banques a fortement diminué, en partie du fait de 
contraintes réglementaires plus strictes. 
    L'effet de levier des banques, qui rapporte leur endettement 
à leurs fonds propres, est à un plus bas de 25 ans de 18 environ 
après avoir connu un pic autour de 50 en 2007. 
    Des économistes ont remarqué que dans le même temps, des 
intervenants sur les marchés s'étaient montrés prêts à emprunter 
des dollars hors des Etats-Unis à des taux d'intérêt supérieurs 
aux taux du marché aux Etats-Unis, une situation qui n'aurait 
pas pu se produire si d'autres intervenants avaient été disposés 
à mobiliser des fonds pour effectuer les arbitrages sans risque 
permettant d'annihiler les écarts de taux.  
    Alors que le Vix suffisait à lui seul à rendre compte de 
l'appétit pour le risque il y a une dizaine d'année, la valeur 
du dollar est désormais un meilleur indicateur car elle 
renseigne sur la volonté de banques d'utiliser une partie de 
leurs fonds propres pour profiter des occasions d'arbitrage de 
taux qui apparaissent du fait des évolutions des taux de change, 
en déduit la BRI.  
    "Tout comme le Vix était un bon indicateur synthétisant le 
prix du risque (et de la mobilisation de leur bilan par les 
banques) avant la crise, le dollar est devenu une bonne mesure 
synthétique depuis la crise", a expliqué l'économiste en chef de 
la BRI, Hyun Song Shin.  
    "Le dollar a ainsi pris le relais du Vix comme baromètre de 
l'appétit pour le risque", a-t-il ajouté.  
    Le point important est que lorsque le dollar s'apprécie, les 
prêts bancaires transfrontaliers en dollar diminuent.  
    Pour Hyun Song Shin, cela s'explique par le fait que les 
bilans d'un grand nombre d'institutions financières hors des 
Etats-Unis, banques mais aussi compagnies d'assurance ou fonds 
de pension, sont exposés au dollar en raison de l'attrait des 
placements libellés en monnaie américaine qui offrent un 
meilleur rendement. 
    Plus le dollar s'apprécie, plus l'asymétrie entre passifs en 
dollars et engagements dans d'autres devises devient 
pénalisante. Pour compenser cet effet pernicieux, les 
institutions concernées doivent réduire leur niveau de risque.  
     
    L'ORIGINE DE LA PANNE DU COMMERCE MONDIAL ? 
    Cela pourrait aussi expliquer une autre énigme de ces 
dernières années: le net ralentissement de la croissance du 
commerce mondial. 
    L'un des traits caractéristiques de la mondialisation des 
deux décennies qui ont précédé la crise de 2007-2008 a été 
l'extraordinaire extension géographique des chaînes de valeurs 
avec des processus de production des biens manufacturiers 
répartis à travers le monde pour tirer parti des avantages 
comparatifs, qu'il s'agisse de la faiblesse des coûts de main 
d'oeuvre, de l'abondance de certaines matières premières ou de 
la proximité de zones de chalandise très importantes.  
    Cette organisation est toutefois très dépendante d'une 
capacité de financement en dollar, devise de libellé de la 
majorité des échanges internationaux, pour financer les échanges 
nécessaires aux différentes étapes du processus de fabrication 
et jusqu'à la vente au consommateur final. 
    La forte appréciation du dollar à partir de 2014 est allée 
de pair avec un ralentissement du commerce international, qui 
s'est même contracté en Asie, hors Chine. Il est difficile de 
l'affirmer de manière certaine mais le renchérissement du coût 
du financement en dollar, lié à sa hausse, peut avoir été le 
grain de sable dans la mécanique jusque-là bien huilée du 
commerce mondial.  
    Un dollar plus fort pourrait ainsi ne pas seulement refléter 
les anticipations d'une accélération de l'activité et de 
l'inflation aux Etats-Unis mais contribuer aussi au 
ralentissement des échanges mondiaux et de l'activité en dehors 
des Etats-Unis, les banques se montrant moins enclines à fournir 
du levier.  
     
    Sur le même thème :  
    *Dollar rise a threat to global financial stability-BIS 
  
    *SAFT ON WEALTH-Ding-dong the VIX is dead (but risk is 
rising). James Saft. (nL1N1DF22O] 
     
    Etude de la BRI: http://bit.ly/2f7E1CX 
     
 
 (Jim Saft et Jamie McGeever, Marc Joanny pour le service 
français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 
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