GRAPHES-La zone euro sous pression du risque politique mais surtout de Trump

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    * Le déficit commercial USA-Allemagne, l'un des plus élevés: 
http://bit.ly/2jXJm6S 
    * Baisse de l'euro et creusement du déficit bilatéral: http://bit.ly/2kNOw4R 
    * Tensions généralisées sur les dettes souveraines 
européennes: http://bit.ly/2jXSB72 
    * Le risque politique français en net recul: http://bit.ly/2ljdJAY 
 
    7 février (Reuters) - Les chiffres de la balance commerciale 
américaine pour l'ensemble de l'année 2016 publiés ce mardi 
conforteront le retour des tensions sur les dettes souveraines 
au sein de la zone euro, déjà alimentées par les incertitudes 
politiques en France ou dans les autres pays de la région au 
calendrier électoral chargé.  
    Les données de la balance commerciale américaine attendues à 
13h30 GMT confirmeront en effet le palmarès des déficits 
bilatéraux qui a conduit la nouvelle administration américaine à 
cibler tout particulièrement quatre pays, le Mexique, la Chine, 
le Japon et plus récemment l'Allemagne.  
    L'Allemagne est ainsi le pays qui affiche le plus important 
excédent bilatéral avec les Etats-Unis, après la Chine et le 
Japon. Le Mexique, cible privilégiée de la rhétorique 
protectionniste du président Donald Trump, arrive en quatrième 
position. 
    Graphique des dix principaux excédents commerciaux 
bilatéraux avec les Etats-Unis sur la période novembre 
2015-novembre 2016 :  
    http://bit.ly/2jXJm6S 
     
    Le principal conseiller au commerce international de Donald 
Trump, Peter Navarro, s'en est vivement pris à Berlin au début 
du mois, déclarant dans un entretien au Financial Times que 
"l'euro est un Deutsche Mark virtuel" dont la faible 
valorisation donne un avantage compétitif à l'Allemagne par 
rapport aux Etats-Unis et à ses partenaires de l'Union 
européenne. 
    La chancelière Angela Merkel, qui avait immédiatement réagi 
en protestant de l'indépendance de la Banque  centrale 
européenne, s'est déclarée lundi opposée à une taxation 
unilatérale des importations, ajoutant que l'Allemagne devrait 
réfléchir à une réponse si l'administration américaine prenait 
de telles mesures protectionnistes.   
    Le déficit commercial bilatéral des Etats-Unis avec 
l'Allemagne s'est toutefois creusé avec la dépréciation de 
l'euro contre le dollar  EUR= , en grande partie liée à la 
politique d'achats massifs d'actifs de la BCE à compter du 
printemps 2015.  
    Graphique de l'évolution de déficit commercial bilatéral 
Etats-Unis-Allemagne et de la parité euro-dollar : 
    http://bit.ly/2kNOw4R 
     
    Cette politique d'assouplissement quantitatif a permis à la 
zone euro de surmonter la crise des dettes souveraines qui 
l'avait ébranlée en 2011, sans que beaucoup d'avancées aient 
pour autant été réalisées sur l'assainissement des finances 
publiques des pays membres les plus fragiles ou sur la mise en 
place de mécanismes de solidarité.  
     
    NET RECUL DU RISQUE POLITIQUE FRANÇAIS 
    Dans ce contexte, les critiques de l'administration 
américaine sur la sous-évaluation de l'euro et sur les avantages 
que Berlin tirerait de la monnaie unique au détriment de ses 
partenaires de la zone euro ont ravivé les tensions sur 
l'ensemble des dettes de la zone euro, l'Allemagne faisant à 
nouveau figure de valeur refuge.  
    Graphique de l'évolution des écarts de rendement entre 
l'emprunt d'Etat allemand à 10 ans et ceux des principaux pays 
de la zone euro :  
    http://bit.ly/2jXSB72 
     
    Le risque politique en Europe lié au Brexit mais aussi à un 
calendrier politique chargé et à l'issue incertaine dans de 
nombreux pays a aussi contribué à l'élargissement des écarts de 
rendement entre les dettes souveraines des principaux pays de la 
zone euro et l'Allemagne.  
    Dans le cas de la France, l'appréciation du risque politique 
spécifique lié à la campagne présidentielle peut être mesurée 
par l'écart de rendement entre les dettes souveraines française 
et belge, qui neutralise l'effet de l'évolution des taux 
allemands qui affecte l'ensemble des dettes de la zone euro. 
    Le choix de la Belgique tient au fait que l'appréciation de 
la qualité de crédit de ce pays par les agences de notation est 
proche de celle de la France. 
    Les nombreux rebondissements de la campagne présidentielle 
se sont accompagnés d'un net élargissement de l'écart de 
rendement franco-belge, qui a culminé lundi matin à près de 30 
points de base (0,3%) alors qu'il était nul au début de l'été. 
    Il avait pratiquement doublé au cours des sept jours 
précédents, marqués par la victoire de Benoît Hamon à la 
primaire organisée par le PS, les interrogations sur la capacité 
du candidat des Républicains François Fillon à maintenir sa 
candidature, et par la présentation par le Front national de ses 
scénarios de sortie de l'euro et de ses 144 "engagements".  
    Il est en forte chute mardi matin au lendemain du mea culpa 
de l'ex-Premier ministre et du maintien de sa candidature.  
    Graphique de l'évolution de l'écart de rendement entre les 
dettes souveraines française et belge depuis l'été 2016 : 
    http://bit.ly/2ljdJAY 
      
 
    Sur le même thème :  
    * GRAPHES-Trump, Brexit, retour de la crise de la dette en 
zone euro ?   
    * GRAPHES-Le risque politique coûte 20 points de base à la 
dette française   
     
    Source :  
    * Trade war and peace. Outlook United States. Global 
Economics Weekly. Barclays. 3 février 2017 
     
 
 (Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez) 
 

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