GRAPHES-La livre sterling plus sensible au Brent qu'au Brexit

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    * La livre étroitement corrélée au baril de Brent : 
    * http://bit.ly/1qdmWxh 
 
    par Jemima Kelly 
    LONDRES, 30 mars (Reuters) - La chute de la livre sterling 
contre le dollar depuis l'automne 2015 doit au moins autant et 
peut être plus à la poursuite de la baisse des cours du pétrole 
qu'aux craintes d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union 
européenne, estime la banque Nordea. 
    La livre a touché un point bas contre le dollar lorsque le 
pétrole a lui aussi trouvé un plancher à la fin janvier, écrit 
Aurelija Augulyte, responsable de stratégie macro de la banque 
scandinave dans une note intitulée "Pétro-livre", une 
désignation attribuée à la devise britannique dans les années 
80, au plus fort du boom pétrolier de la mer du Nord, qui 
assurait alors près de 10% des rentrées fiscales du Royaume. 
    "La récente faiblesse de la livre s'explique en grande 
partie par l'aversion globale pour le risque et par la chute des 
cours du pétrole", explique Aurelija Augulyte. "Le pire est 
désormais derrière nous." 
    Le risque d'un "Brexit", une sortie du Royaume-Uni de 
l'Union européenne à l'issue du référendum du 23 juin sur le 
sujet en Grande-Bretagne, a été abondamment mis en avant pour 
expliquer le récent accès de faiblesse de la livre contre le 
dollar. 
    Le taux de change de la livre contre le dollar a été 
étroitement corrélé avec le cours du baril de Brent de la Mer du 
Nord au cours des six derniers mois, l'un et l'autre étant en 
grande partie déterminés par l'appétit des investisseurs pour le 
risque. 
    Graphique sur l'évolution du taux de change livre-dollar et 
du cours du baril de Brent : http://bit.ly/1qdmWxh 
  
     
    Pour Nordea, cette corrélation s'explique en partie par le 
fait que le prix de pétrole est libellé en dollar, ce qui 
implique une corrélation inverse entre le dollar et le cours du 
baril. Un dollar plus faible rend le pétrole moins cher, 
soutenant la demande de brut. 
    Mais la banque souligne aussi que l'ampleur du déficit de la 
balance courante du Royaume-Uni - qui représente près de 5% du 
produit intérieur brut (PIB) - rend le pays très dépendant du 
financement extérieur, ce qui fragilise la livre dans les 
périodes de forte aversion au risque. 
    Par ailleurs, et bien que la production de pétrole de la mer 
du Nord ait fortement décliné depuis le pic atteint en 1999, 
l'industrie pétrolière continue de produire près d'un million de 
barils par jour, soit un peu plus de 1% de la production 
mondiale.  
    Nordea estime qu'il pourrait être temps de déboucler les 
positions courtes sur la livre. La banque compare la situation 
actuelle à celle qui a précédé les élections législatives de 
2015, au cours de laquelle les positions courtes avaient 
augmenté, entraînant la livre à la baisse. Le mouvement s'était 
inversé avant même la tenue du scrutin. 
    "Il y a une impression de 'déjà vu' dans la dynamique de la 
livre et dans le positionnement du marché", relève Aurelija 
Augulyte. En 2015, "la plupart des perspectives annuelles 
mettaient en garde contre les risques politiques au Royaume-Uni. 
N'est-il pas temps de déboucler une partie (des positions à la 
vente sur la livre) ? Pensez simplement à l'impact qu'aurait un 
vote en faveur du maintien" du Royaume-Uni au sein de l'UE.  
     
 
 (avec Dmitry Zhdannikov; Marc Joanny pour le service français, 
édité par Marc Angrand) 
 
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