GRAPHES-La France ne crée pas assez d'emplois mais en supprime peu

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    * Pas assez de créations face à la hausse de la population 
active 
    * Beaucoup moins de suppressions qu'en Italie ou en Espagne: 
    * http://bit.ly/1Lg6Lsz 
    * Emploi en France supérieur à 2008, pas en Italie, ni en 
Espagne 
    * http://bit.ly/1YF575E 
 
    PARIS, 11 mars (Reuters) - Le rebond des créations d'emploi 
en France dans le secteur privé en 2015 est sans doute 
insuffisant pour faire véritablement reculer le chômage mais il 
invite à relativiser la contre-performance française en matière 
d'emploi par rapport à des pays comme l'Espagne ou l'Italie.  
    Plus de 82.000 emplois ont été créés l'an passé dans le 
secteur privé en France, soit le total le plus élevé depuis la 
crise de 2008-2009, une grande majorité (60%) l'étant dans le 
secteur de l'intérim, selon les données révisées publiés jeudi 
par l'Insee.   
    La France demeure toutefois à la traîne par rapport à des 
pays comme l'Espagne ou l'Italie, où le dynamisme des créations 
d'emploi est souvent attribué à des réformes du marché du 
travail que Paris peine à conduire.  
    Entre le début 2014 et la fin 2015, la France a créé près de 
200.000 emplois dont un peu moins de 60.000 dans le secteur 
privé, contre plus de 330.000 en Italie et près d'un million en 
Espagne.  
    Les créations d'emplois en France sont insuffisantes pour 
absorber la hausse de la population active, proche de 150.000 
personnes par an.  
    Mais si les pays du Sud font mieux, c'est aussi parce qu'ils 
ont massivement détruit des emplois pendant la crise. 
    Graphique sur les variations trimestrielles de l'emploi en 
France, en Italie et Espagne depuis 2008 : http://bit.ly/1Lg6Lsz 
         
    Et, en Espagne comme en Italie, l'emploi total reste 
inférieur au point haut d'avant la crise, de plus de 2,6 
millions de postes en Espagne et de plus de 530.000 en Italie. 
En France, il est en revanche en hausse de près de 240.000 
postes, ce qui a pu peser sur la dynamique de la productivité.  
    Graphique sur l'évolution de l'emploi total en France, en 
Italie et en Espagne depuis 2004 : http://bit.ly/1YF575E 
 
    Le rebond des créations d'emploi dans le secteur privé 
l'année dernière a été largement alimenté par la progression du 
travail temporaire, qui s'est accélérée avec un quatrième 
trimestre plus dynamique que le troisième. 
    L'intérim, indicateur avancé de un à deux mois des 
variations du chômage, a toutefois fléchi en début d'année, sa 
croissance en glissement annuel s'établissant à +5,6% en janvier 
après +9,7% en décembre, selon les données publiées par 
Prism'emploi, la fédération des entreprises de l'intérim. 
    L'emploi dans l'intérim aurait donc reculé entre décembre et 
janvier de près de 17.000, de quoi fragiliser l'amélioration 
enregistrée sur le front du chômage au mois de janvier, relève 
Alexandre Mirlicourtois de Xerfi. 
    Pour Hélène Baudchon, économiste de BNP Paribas, il est 
possible que la baisse du chômage s'amorce véritablement en 2016 
à la faveur d'un peu plus de croissance et du nouveau plan 
d'urgence pour l'emploi présenté en janvier, qui s'appuie sur de 
nouvelles facilités d'accès à l'apprentissage, une nouvelle 
prime à l'embauche dans les PME et un plan de formation de 
500.000 chômeurs. 
    "La baisse du taux de chômage resterait toutefois d'ampleur 
limitée, -0,1 point, faute d'une croissance plus forte et du 
fait du renforcement attendu des gains de productivité", 
prévient-elle dans une note publiée la semaine dernière. 
 
    *France. Baisse du chômage : la première d'une longue série 
? EcoWeek. BNP Paribas. 4 mars 2016.  
    *Hollande et le chômage : le pari perdu. Xerfi Canal. 26 
février 2016. http://bit.ly/1pyWKN9 
    *France : Un plan d'urgence pour l'emploi de deux milliards 
d'euros. Special Report Natixis. 20 janvier 2016.  
 
 (Marc Joanny, édité par Yves Clarisse) 
 
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