GRAPHES-La Chine va continuer de peser sur les marchés

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* Pas de plan de relance massif à l'horizon * Des marges de manoeuvre importantes * La réorientation du modèle économique prendra beaucoup de temps 19 octobre (Reuters) - Le ralentissement moins marqué que prévu de la croissance de l'économie chinoise au troisième trimestre conforte un scénario de mesures de soutien ciblées plutôt que celui d'un plan de relance massif, au risque de voir la Chine peser durablement sur les marchés. La croissance économique de la Chine est tombée au troisième trimestre sous 7% en rythme annuel pour la première fois depuis la crise financière. ID:nL8N12J13F Ce ralentissement moins marqué qu'attendu ne dissipe pas les inquiétudes liées au décalage de plus en plus patent entre les chiffres officiels de croissance et une batterie d'indicateurs d'activité alternatifs. Graphique de la croissance chinoise au-delà du PIB: http://bit.ly/1LjHz0C Le ralentissement de la croissance nominale est par ailleurs plus net, à 6,2% au troisième trimestre contre 7,1% au trimestre précédent, soulignant les pressions déflationnistes à l'oeuvre en Chine. L'attention va désormais se tourner vers la 5e session plénière du 18e comité central du Parti communiste chinois, qui se déroulera du 26 au 29 octobre et sera principalement consacrée au ralentissement de l'activité et au plan quinquennal 2016-2020. Celui-ci devrait être l'occasion d'une révision en baisse de l'objectif de croissance annuel, actuellement fixé à 7%. Des mesures ciblées de soutien à la croissance sont aussi attendues plutôt qu'un plan de relance massif. En effet, le plan de relance de 4.000 milliards de yuans qui avait été mis en ouvre pour contrer les effets de la crise financière internationale a accentué les surcapacités industrielles et alimenté une montée de l'endettement, notamment des collectivités locales mais aussi du secteur privé. Certes, les autorités chinoises disposent d'amples marges de manoeuvre. Elles disposent des plus importantes réserves de change au monde, qui atteignent encore près de 3.500 milliards de dollars en dépit d'une chute de 300 milliards depuis le début de l'année. La Banque populaire de Chine (PBOC) peut aussi augmenter si besoin la taille de son bilan qui, à 60% du PIB du pays, est encore très loin des 90% atteints en Suisse, qui détient le record en la matière. Ces munitions doivent toutefois être ménagées pour accompagner une réorientation du modèle de croissance vers la demande intérieure plutôt que vers l'investissement et l'export, qui prendra plusieurs années. De plus, si la PBOC continue de perdre entre 50 à 100 milliards de dollars de réserves de change par mois, leur total n'apparaît plus si élevé. Graphique du rythme de baisse des réserves de change de la Chine: http://bit.ly/1QLroKS "Il est aussi vraisemblable que Pékin déploie ses moyens avec parcimonie et sur la durée pour accompagner un ralentissement progressif de la croissance", préviennent les analystes de RBS dans une récente note consacrée au prochain plénum du comité central du PCC. La politique des petits pas signifie que les pays les plus dépendants de l'économie chinoise comme le Brésil ou l'Australie vont continuer de souffrir. Le récent rally des matières premières qui, joint au report par la Réserve fédérale américaine de la hausse de ses taux directeurs, a favorisé un net rebond des marchés apparaît aussi très fragile. Sources : * Watch out for the plenum. Exane BNP Paribas. 19 octobre 2015. * China : Real GDP beats expectations, but meagre nominal growth opens door to further easing. Data Snap. Natixis. 19 octobre 2015. * China : Into the plenum, out of stimulus. The Silver Bullet. RBS. 16 octobre 2015. * La Chine rembourse un peu... et prête beaucoup. EcoWeek. BNP Parinas. 16 octobre 2015. (Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez)

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